New York – SANA/ Le président de la République arabe syrienne, Ahmad Al-Charaa, a prononcé un discours devant la 80ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York
Le président Al-Charaa a déclaré dans son discours :
L’histoire syrienne est une histoire qui éveille les émotions, où la douleur se mêle à l’espoir. C’est une lutte entre le bien et le mal, entre une vérité faible qui n’a pour soutien que Dieu, et un mal puissant doté de tous les outils de mort et de destruction. Notre histoire est une leçon de l’histoire et une représentation authentique des valeurs humaines nobles.
Dans cette bataille éternelle entre droit et le tort, l’histoire syrienne raconte un nouveau chapitre de ce conflit : un chapitre grandiose, lumineux de créativité, rempli de confrontation, de persévérance, de patience, de souffrance, de douleur, de sacrifice, d’attachement aux valeurs nobles, de préparation sérieuse, de travail acharné, et enfin de confiance en Dieu. Tous ces éléments sont les armes qui permettent à la vérité de triompher du mal.
Je viens à vous de Damas, capitale de l’histoire et berceau des civilisations, ce pays magnifique qui a enseigné au monde le sens de la civilisation, la valeur de l’être humain et la coexistence pacifique, devenant ainsi un phare pour l’humanité. Pourtant, depuis 60 ans, la Syrie est tombée sous poids d’un régime tyrannique et brutal, ignorant la valeur de la terre qu’il gouverne et opprimant un peuple aimable et pacifique.
Notre peuple a longtemps enduré l’injustice, l’oppression et la privation, avant de se soulever pour réclamer sa liberté et sa dignité. Il a alors été confronté à la mort, à la torture, aux incendies, aux viols et au déplacement.
Le régime précédent a utilisé dans sa guerre contre notre peuple les moyens les plus abominables de torture et de meurtre : barils explosifs, armes chimiques, tortures dans les prisons, déplacements forcés, attisement des conflits sectaires et ethniques, et même les drogues comme arme contre le peuple et le monde.
Le régime précédent a déchiré notre pays de part en part, détruit ses plus grandes cités historiques, fait venir des forces étrangères, des gangs et des milices des quatre coins du monde, hypothéquant notre belle patrie. Il a tué près d’un million de personnes, torturé des centaines de milliers, déplacé environ 14 millions de citoyens et détruit près de deux millions de maisons sur leurs habitants.
Le peuple vulnérable a été la cible d’armes chimiques en plus de 200 attaques documentées. Nos femmes, enfants et jeunes ont inhalé des gaz toxiques. Le régime a fait tout cela pour faire taire la voix de la vérité. Et avec toute cette criminalité, il a éradiqué tout discours politique cherchant une solution, malgré ce qui lui a été offert.
Le peuple n’a eu d’autre choix que de s’organiser et de se préparer à la grande confrontation historique par une opération militaire rapide. Cette confrontation a mis fin à un système criminel qui régnait tout au long de 60 ans, ainsi qu’à tous ses partisans. Cette opération militaire était empreinte de miséricorde, de bonté et de tolérance. Cette bataille n’a entraîné ni déplacement d’êtres humains ni massacre de civils. Elle a abouti à une victoire exempte de vengeance et d’animosité, où le peuple a recouvré ses droits.
Nous avons gagné la bataille pour les opprimés, les torturés et les déplacés de force, pour les mères des martyrs et des disparus. Nous avons gagné pour vous tous.
Grâce à cette victoire, la Syrie, autrefois exportatrice de crises, est devenue une occasion historique d’apporter la stabilité, la paix et la prospérité à la Syrie et à toute la région.
L’exploit syrien unique et la solidarité populaire ont incité certains parties à attiser les conflits interconfessionnels et les luttes intestines, en vue de mener des projets de partition et de fragmentation du pays. Cependant, le peuple syrien a su empêcher la poursuite des catastrophes et le retour à la case départ.
L’État syrien a formé des commissions d’enquête et autorisé les Nations Unies à mener également une enquête. Il est parvenu à des conclusions similaires avec une transparence sans précédent en Syrie. Je m’engage à traduire en justice tous ceux dont les mains sont souillées par le sang d’innocents.
Les menaces israéliennes contre notre pays n’ont pas cessé depuis le 8 décembre jusqu’à aujourd’hui.
Les politiques israéliennes se contredisent avec la position internationale soutenant la Syrie et son peuple, dans une tentative d’exploiter la phase de transition, exposant ainsi la région au risque d’entrer dans une spirale de nouveaux conflits dont nul ne sait où ils pourraient mener.
A cet égard, la Syrie recourt au dialogue et à la diplomatie pour surmonter la crise. Elle réaffirme son engagement à l’accord de désengagement de 1974 et appelle la communauté internationale à se tenir à ses côtés pour faire face à ces dangers et respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Syrie.
Dès la chute du régime, nous avons adopté une politique aux objectifs clairs, fondée sur plusieurs piliers : la diplomatie équilibrée, la stabilité sécuritaire et le développement économique.
Grâce à une intense activité diplomatique, la Syrie a rétabli ses relations internationales et établi des partenariats régionaux et mondiaux, ce qui a conduit à une levée progressive de la plupart des sanctions contre le pays. Nous demandons leur levée totale afin qu’elles ne soient plus un outil pour entraver le peuple syrien et confisquer à nouveau sa liberté.
Nous avons modifié les lois sur l’investissement, et les grandes entreprises régionales et internationales ont commencé à entrer sur le marché syrien et à contribuer à la reconstruction par le biais de leurs investissements.
La Syrie est aujourd’hui en train de se reconstruire en posant les bases d’un nouvel État, à travers la création d’institutions et de lois régulatrices qui garantissent les droits de tous, sans exception.
La Syrie est un pays ayant une civilisation et une culture historiques. Il lui revient de devenir un État de droit qui protège tous, préserve les droits, garantit les libertés, et dans lequel la vie prospère. Il est temps de tourner la page d’un passé sombre pour restaurer la gloire et la dignité de la Syrie.
Grâce à une intense activité diplomatique, la Syrie a rétabli ses relations internationales et noué des partenariats régionaux et internationaux, aboutissant à la levée progressive de la plupart des sanctions contre la Syrie. Nous exigeons leur levée complète afin qu’elles ne servent plus à entraver le peuple syrien et à confisquer à nouveau sa liberté.
Poursuivant l’histoire syrienne, je déclare aujourd’hui devant vous la victoire de la vérité sur le mensonge. « Et dites : “La vérité est venue, et le mensonge a disparu. Le mensonge est voué à disparaître.” »
Aujourd’hui, la Syrie a retrouvé la place qu’elle mérite parmi les nations du monde. Cette annonce reflète la volonté d’un grand peuple qui a bâti sa gloire à travers les âges et qui s’est toujours relevé des décombres pour recouvrer ses droits, sa liberté et sa dignité.
Au nom du peuple syrien, je tiens à exprimer mes remerciements et ma gratitude à tous ceux qui ont soutenu sa cause, l’ont aidé dans sa tragédie et l’ont accueilli dans son pays. Je remercie également tous les pays et tous les peuples du monde qui se sont réjouis de la victoire de la volonté du peuple syrien et qui se tiennent aujourd’hui à ses côtés sur le chemin de la paix et de la prospérité.
Je remercie tout particulièrement la Turquie, le Qatar, le Royaume d’Arabie saoudite, tous les pays arabes et islamiques, les États-Unis et l’Union européenne.
Je ne souhaite à personne la souffrance endurée par la Syrie. Nous sommes parmi les peuples les plus touchés par les souffrances et les destructions causées par la guerre. C’est pourquoi nous soutenons la population de Gaza, ses enfants et ses femmes, ainsi que tous les autres peuples victimes de violations et d’agressions. Nous appelons à la fin immédiate de la guerre.
L’histoire syrienne n’est pas terminée. Un nouveau chapitre s’ouvre, celui de la paix, de la prospérité et du développement.
Bulletin français