Damas,(SANA) Les commentateurs sportifs arabes attirent désormais autant l’attention que les stars du football lors du Mondial 2026. Leur style expressif et leur langage riche ont séduit les médias internationaux, dont The Guardian, qui voit dans le commentaire sportif arabe une forme proche de la poésie et de l’art oratoire.
Le reportage, préparé par le journaliste britannique William Christou, correspondant de The Guardian à Beyrouth et publié il y a quelques jours, observe la présence de plusieurs grands commentateurs arabes, comme Amer Al‑Khudayri, Issam Chaouali, Hafid Derradji et Hassan Al‑Aidrous, qui ont transformé les buts en scènes linguistiques vibrantes, mêlant émotion, imagination et style poétique.
Cet aspect littéraire distingue le commentaire arabe du style de description directe souvent adoptée par les médias occidentaux.
La voix du commentateur rivalise avec la magie des buts.
Le rapport indique que l’élargissement de la participation des équipes arabes au Mondial 2026 a élargi l’audience, et pour beaucoup de spectateurs, les commentateurs sont devenus un élément central du plaisir de suivre la compétition. Leurs extraits circulent massivement sur les réseaux sociaux, parfois autant que les buts eux‑mêmes.
The Guardian rapporte que l’engouement pour les commentateurs arabes vient de l’héritage linguistique de l’Arabe, fondé sur la rhétorique, la poésie improvisée et l’éloquence.
L’héritage poétique forge une école arabe du commentaire sportif
Le rapport explique que la force des commentateurs arabes vient d’un héritage culturel qui fait de l’arabe une langue d’expression émotionnelle.
Ainsi, le commentaire sportif devient une performance littéraire mêlant description et images stylistiques, contrairement au style direct de nombreux médias occidentaux.
Il souligne que certains commentateurs, comme Issam Chaouali, disposent d’une formation linguistique universitaire, ce qui explique la richesse des figures de style et des métaphores qu’ils utilisent en direct.
Le journal rapporte que des supporters arabes estiment que suivre les matchs en arabe offre une expérience unique : le commentaire ravive les souvenirs des rassemblements familiaux des anciennes Coupes du monde et transforme chaque but en moment émotionnel à portée culturelle, dépassant le simple cadre sportif.
Au‑delà du reportage
Beaucoup de supporters se souviennent autant de la phrase du commentateur que du but lui‑même.
Dans le monde arabe, le commentateur transforme l’action en récit et donne au but une nouvelle vie et attraction par les mots, à une époque où la langue cherche à retrouver son pouvoir d’émerveillement.
Ib.i. / L.a.