Damas, (SANA) Le contrat signé entre la Société syrienne du pétrole et les sociétés américaines ConocoPhillips et Novatera Energy pour le développement de plusieurs champs gaziers syriens constitue une étape déterminante dans le processus de réhabilitation du secteur énergétique en Syrie.
Cet accord devrait avoir des répercussions directes sur la production nationale, la sécurité énergétique et l’économie du pays au cours des prochaines années.
Un tournant stratégique pour le secteur gazier
Ce contrat marque le passage de la coopération syro-américaine dans le domaine de l’énergie d’un stade de discussions préliminaires à une phase de mise en œuvre concrète.
Il permettra la réhabilitation des gisements existants ainsi que la réalisation de nouvelles opérations de forage et d’exploration, alors que le secteur électrique syrien a un besoin croissant de gaz local afin de réduire sa dépendance aux importations.
Le directeur général de la Société syrienne du pétrole, Youssef Qablawi, a indiqué que le contrat accorde à la partie syrienne 56 % de la production, un taux supérieur à celui généralement appliqué dans des contrats similaires.
Il a précisé qu’une unité de traitement primaire arrivera en octobre prochain et commencera à ajouter de nouvelles quantités de gaz d’ici la fin de l’année, avec une augmentation progressive de la production attendue en 2027.
Une coopération croissante avec les entreprises américaines
Le contrat s’inscrit dans le cadre d’une dynamique de coopération syro-américaine de plus en plus soutenue dans le secteur énergétique au cours de l’année 2026.
Le Forum mondial de l’énergie, tenu à Washington, a notamment donné lieu à des rencontres entre le ministre syrien de l’Énergie, Mohammad Al-Bachir, des responsables américains et des représentants de grandes sociétés énergétiques intéressées par des investissements dans les secteurs du pétrole et du gaz en Syrie.
Selon Qablawi, les sociétés américaines se sont dites prêtes à fournir des financements ainsi que les technologies et l’expertise nécessaires à la réhabilitation des infrastructures opérationnelles du secteur, renforçant ainsi la capacité de la Syrie à récupérer une partie de sa production perdue durant les années de guerre.
Projets d’exploration offshore et attractivité des investissements internationaux
La coopération ne se limite pas à ce seul contrat. Depuis le début de l’année, la Syrie a lancé plusieurs projets visant à attirer les investissements internationaux dans l’exploration offshore et les gisements profonds.
En avril 2026, la Société syrienne du pétrole a annoncé la sélection du site d’un projet d’exploration en eaux profondes au large des côtes syriennes, en partenariat avec la société américaine Chevron et la société qatarienne UCC, dans le cadre du premier projet de ce type dans les eaux territoriales syriennes.
Par ailleurs, un mémorandum d’entente a été signé à Doha avec ConocoPhillips, TotalEnergies et QatarEnergy afin de réaliser les études techniques du bloc offshore n° 3, en vue du lancement futur d’opérations d’exploration commerciale.
Le gaz, pilier de la reprise économique
Les rapports de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international soulignent que le secteur énergétique constitue l’un des principaux leviers de la reprise économique en Syrie, après une chute de plus de 90 % de la production pétrolière par rapport à son niveau d’avant 2011.
Les deux institutions estiment qu’une augmentation de la production gazière, l’amélioration de l’approvisionnement en électricité et l’attraction d’investissements étrangers représentent des facteurs essentiels pour soutenir la croissance économique du pays et réduire les charges financières liées aux importations de carburants.
La portée du nouveau contrat
Le contrat conclu avec ConocoPhillips et Novatera Energy reflète une orientation claire de la Syrie vers la reconstruction de son secteur énergétique sur des bases modernes, grâce à des partenariats internationaux susceptibles d’apporter technologie, expertise et financement.
Il devrait contribuer à accroître la production nationale, améliorer la sécurité énergétique et soutenir le processus de reprise économique dans les années à venir.
André Chatta