Damas, (SANA) – La reconstruction de la Syrie figure en tête des priorités nationales après plus d’une décennie de guerre qui a provoqué des destructions massives des infrastructures, ainsi que des secteurs économiques et de services, affectant directement la vie de millions de Syriens.
Ce processus constitue un pilier essentiel pour rétablir la stabilité économique et sociale, assurer une reprise durable et relancer le développement dans l’ensemble des régions du pays.
Dans ce contexte, la Banque mondiale a estimé dans un rapport le coût de la reconstruction en Syrie à environ 216 milliards de dollars, sur la base d’une évaluation globale des dommages subis par les infrastructures et les actifs immobiliers au cours de la période 2011–2024.
Le rapport précise que les infrastructures ont été les plus durement touchées, représentant 48 % du total des dommages, pour une valeur estimée à 52 milliards de dollars, suivies des bâtiments résidentiels avec 33 milliards de dollars, puis des bâtiments non résidentiels, dont les pertes sont évaluées à environ 23 milliards de dollars. Les gouvernorats d’Alep, de la banlieue de Damas et de Homs ont enregistré les niveaux de dégâts les plus élevés.
Priorité aux secteurs des services
Les écoles, les hôpitaux et les infrastructures publiques se trouvent au cœur du processus de reconstruction, en raison de leur rôle direct dans le rétablissement de la vie normale.

La réhabilitation des écoles contribue à garantir le droit à l’éducation et à protéger toute une génération contre la marginalisation, tandis que la reconstruction des hôpitaux et des dispensaires constitue la pierre angulaire de l’amélioration du système de santé et du renforcement de la sécurité sanitaire nationale.
De même, la réparation des réseaux d’eau, d’électricité et des routes a un impact positif sur la stabilité sociale et la relance de l’activité économique.
Tous ces travaux de reconstruction en Syrie contribuent bien à assurer le retour des millions de personnes déplacés au niveau interne et externe, depuis les camps de déplacement et des pays d’accueil.
Le développement des ports… portail de la reconstruction
Le développement des ports syriens apparaît comme un élément stratégique du processus de reconstruction, compte tenu de leur rôle vital dans la facilitation de l’importation des matériaux de construction, la dynamisation des échanges commerciaux, la réduction des coûts de transport et la connexion de la Syrie aux marchés régionaux et internationaux.
La modernisation des ports constitue également un facteur d’attraction des investissements et contribue à faire de la Syrie un pôle logistique régional à l’étape de la reprise.
Le rôle des expatriés et des hommes d’affaires
Un rôle majeur est attendu des Syriens expatriés et des hommes d’affaires à l’étranger dans la reconstruction, que ce soit par des investissements directs, le transfert de savoir-faire et de technologies, ou le soutien aux petites et moyennes entreprises. Ils représentent un pont économique et de développement essentiel entre l’intérieur du pays et les marchés mondiaux, et peuvent jouer un rôle déterminant dans la reprise de l’économie nationale.
La levée des sanctions César … une étape décisive dans le processus de reconstruction
La levée des sanctions « César » contre la Syrie constitue un tournant majeur dans le processus de reconstruction, ouvrant la voie à l’entrée de grandes entreprises internationales dans les projets de reconstruction et de développement des infrastructures dans divers secteurs.

Cette évolution devrait faciliter l’afflux des investissements étrangers, renforcer les possibilités de financement, permettre l’importation de technologies modernes et de matériaux de construction, et reconnecter l’économie syrienne aux marchés régionaux et internationaux.
Il est également attendu que la levée des sanctions accélère la mise en œuvre de projets vitaux dans les domaines de l’énergie, des transports, des ports et du logement, contribuant ainsi à une reprise économique plus rapide, à l’amélioration des services et au renforcement de l’emploi et de la croissance durable dans l’après-guerre.
À la lumière de l’ampleur des destructions causées par la guerre, telles que reflétées par les chiffres et les estimations de la Banque mondiale, la reconstruction en Syrie apparaît comme un défi national et stratégique de tout premier plan, mais aussi comme une véritable opportunité de rebâtir un État moderne doté d’infrastructures plus efficaces et d’une économie plus équilibrée et inclusive.
Avec la levée des sanctions, l’implication croissante des entreprises internationales et le rôle accru des expatriés et des hommes d’affaires syriens, la transition de la phase de rétablissement vers celle du développement durable devient possible.
André Chatta