Damas, (SANA) Plus d’une décennie après le déclenchement de la guerre, Damas affirme entrevoir les contours d’une stratégie destinée à relancer l’économie dans le pays.
Au cœur de cette ambition : un dispositif de financement à plusieurs étages, combinant ressources internes, soutien international, participation citoyenne et partenariats économiques.
Des ressources nationales érigées en socle de la relance
Le gouvernement entend d’abord capitaliser sur les richesses naturelles — pétrole, gaz et surtout phosphates, dont la Syrie possède d’importantes réserves. Ces ressources, exploitées à pleine capacité, pourraient constituer l’un des premiers piliers de financement de la reconstruction.
Autre levier majeur : le retour des flux de transit
Située au carrefour du Moyen-Orient, la Syrie mise sur sa géographie stratégique pour redevenir passage obligé entre l’Asie, l’Europe et le Golfe. À cela s’ajoute le dossier sensible des avoirs syriens bloqués à l’étranger, dont la récupération pourrait réinjecter des liquidités essentielles dans l’économie.
Enfin, Damas espère voir émerger un investissement privé local renforcé, en donnant davantage de marges de manœuvre aux entreprises syriennes.
Miser sur les bailleurs internationaux
La seconde piste est extérieure. Dans l’optique d’une normalisation progressive, la Syrie projette de renouer avec les institutions financières mondiales, dont le FMI et la Banque mondiale, susceptibles d’accorder des dons et des programmes d’assistance ciblés, notamment pour la santé et l’énergie.
Sur le terrain diplomatique, l’espoir d’obtenir aides et contributions de pays arabes – Qatar, Arabie saoudite, Koweït – est également mis en avant, tout comme un éventuel soutien européen lié aux conditions de retour des réfugiés.
L’épargne et la solidarité comme complément
Dans un pays où les ressources étatiques demeurent fragilisées, la reconstruction pourrait aussi passer par l’effort collectif.
Des plateformes numériques émergent également pour relier financeurs et porteurs de projets, outil nouveau pour alléger les lourdeurs administratives.
Le secteur privé invité à prendre sa part
Dernier pilier de l’architecture financière : la généralisation des partenariats public-privé (PPP). Dans un pays où les infrastructures sont à reconstruire, les autorités envisagent de confier à des entreprises nationales ou étrangères des pans entiers de services publics – électricité, santé, éducation – en échange de concessions temporaires ou d’une part des revenus.
La stratégie annoncée privilégie dans un premier temps les secteurs productifs, au premier rang desquels l’agriculture et les industries de transformation, considérés comme vitaux pour l’emploi et l’autosuffisance.
La feuille de route syrienne suggère que la reconstruction ne se limite pas à rebâtir murs et routes, mais vise une réinvention du modèle économique.
André Chatta