Damas,(SANA) La diffusion rapide des smartphones en fait un outil essentiel du quotidien, mais leur omniprésence soulève des inquiétudes quant à la transformation de l’usage normal en addiction, avec des effets négatifs possibles sur la santé mentale et la qualité de vie.
Selon le rapport Digital Global Overview 2026, on compte environ 6,8 milliards d’utilisateurs de smartphones, soit 85 % de la population mondiale, ce qui reflète une dépendance croissante à ces appareils.
L’histoire d’Amina… Quand les écrans pénètre au cœur de la famille
Les trois enfants d’Amina, âgés de 10 à 16 ans, passent désormais plus de sept heures par jour sur leurs téléphones, transformant la maison en « salle d’écrans », comme elle l’a expliqué à la correspondante de SANA.
Leurs intérêts pour les études et les repas ont chuté, ce qui inquiète Amina, qui cherche un équilibre pour leur rendre une partie de leur vie dans le passé.
Le comportement addictif… que se passe-t-il réellement ?
Dans une interview accordée à SANA, Dr Mamoun Moubayed, consultant en psychiatrie, explique que ce qu’on appelle l’addiction au smartphone ne ressemble pas à l’addiction aux substances chimiques, mais relève plutôt d’un comportement addictif : l’usage répété du téléphone malgré la connaissance de ses effets nocifs, mène progressivement à une perte de contrôle.
Moubayed indique que le comportement addictif évolue d’un usage excessif à une habituation, puis à une perte de contrôle, souvent accompagné d’anxiété et de tension lorsqu’on s’éloigne du téléphone, ainsi que d’une diminution de la concentration et de l’attention.

Les principaux signes d’un comportement addictif incluent passer plus de temps que prévu, l’incapacité d’arrêter malgré les risques connus, le sentiment de culpabilité, l’irritation face aux remarques des autres, ainsi que le fait de cacher la durée réelle d’utilisation, ce qui révèle une prise de conscience interne du problème.
Il explique que l’usage excessif du téléphone résulte surtout de l’ennui, du stress et de la recherche d’un divertissement rapide, renforcé par le sentiment de récompense lié aux réseaux sociaux. Cet usage affecte aussi les relations sociales et la qualité du sommeil, affaiblissant la communication directe et provoquant des troubles liés aux notifications et à la lumière du téléphone.
Entre excès et équilibre… comment reprendre le contrôle ?
Dr Moubayed estime que la solution n’est pas d’abandonner complètement le téléphone, mais de retrouver un équilibre grâce à des mesures pratiques comme surveiller le temps d’utilisation, instaurer des moments et des espaces sans écrans notamment pendant les repas et avant de dormir et désactiver les notifications inutiles.
Il souligne aussi l’importance de renforcer les relations directes avec la famille et les amis.
Il recommande d’adopter des alternatives saines telles que le sport, la lecture ou les activités sociales, ainsi que d’utiliser l’ordinateur plutôt que le téléphone pour réduire la tentation. En cas de perte de contrôle, il conseille de consulter un spécialiste.
Il conclut en affirmant que le changement, malgré sa difficulté, reste possible et nécessite une véritable volonté ainsi que des étapes progressives. Le téléphone doit demeurer un outil au service de l’être humain, et non pas une pratique qui l’enchaîne.
Ib.i. / L.Arfi