Beyrouth, (SANA) Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) a mis en garde contre l’aggravation des souffrances des enfants au Liban, soulignant que quatre familles sur cinq ont du mal à couvrir leurs besoins essentiels, tandis qu’au moins un enfant sur cinq dort affamé, à la lumière de la poursuite des hostilités et des répercussions de la crise économique et sociale se poursuivant depuis des années.
Un rapport de l’(UNICEF) publié mardi, décrit des familles contraintes d’arbitrer entre des besoins pourtant élémentaires. Près d’un tiers des ménages (31 %) affirment ainsi qu’un enfant n’a pas reçu les soins médicaux dont il avait besoin, principalement faute d’argent.
Autre signe de l’appauvrissement : le travail des mineurs gagne du terrainm où dans 14 % des foyers interrogés, au moins un enfant travaille, une proportion qui a plus que doublé depuis janvier 2025.
Confrontées à la baisse de leurs revenus, près de la moitié des familles interrogées disent avoir réduit leurs dépenses d’éducation et 17 % déclarent que leurs enfants ont dû cesser d’aller à l’école.
Au niveau des ménages, 46 % ont déclaré avoir réduit leurs dépenses consacrées à l’éducation et 17 % ont indiqué que leurs enfants avaient dû cesser leur scolarité. Parmi les enfants scolarisés, 29 % n’étaient pas en mesure d’apprendre comme ils l’auraient dû, souvent en raison de difficultés de concentration et de détresse émotionnelle.
Quant au système éducatif, déjà fragilisé par des années de crise, il a aussi subi les conséquences des combats. Au total, 436 écoles ont été endommagées ou détruites, menaçant de priver près de 100 000 enfants de salle de classe. Au moins 86 enseignants ont été tués ou blessés.
À la précarité économique s’ajoute le coût humain du conflit. Depuis le 2 mars 2026, au moins 261 enfants ont été tués et 1 056 blessés, selon l’ONU, soit en moyenne sept enfants tués ou blessés chaque jour. Parmi les survivants, 12 % des enfants blessés vivent désormais avec un handicap.
C’est peut-être là que la crise laisse son empreinte la moins visible. L’UNICEF estime que 770 000 enfants ont souffert de détresse psychologique au cours des six derniers mois. Plus de la moitié des ménages interrogés ont constaté une détérioration du bien-être émotionnel de leurs enfants et près des deux tiers disent les voir anxieux ou nerveux.
Sans soutien durable, prévient l’UNICEF, les conséquences risquent de se prolonger bien après la fin des hostilités. « Le redressement du Liban passe par la protection immédiate des enfants et le respect de leur droit aux soins de santé, à l’éducation, à la protection et aux opportunités dont ils ont besoin pour construire leur avenir », a insisté Marcoluigi Corsi.
L’organisation a enfin souligné que plus d’un million de personnes ont été déplacées à l’intérieur du Liban quelques semaines après l’escalade des hostilités, et qu’environ 330 000 d’entre elles ne peuvent toujours pas rentrer chez elles en raison des attaques continues et des destructions généralisées dans le sud du Liban, tandis que 83 % des familles déplacées ont déclaré ne pas savoir quand elles pourront rentrer.
ls