Damas, (SANA) L’Iran attend mardi une réponse officielle des États-Unis aux conditions posées par Téhéran pour permettre la réouverture du détroit d’Ormuz, stratégique pour les échanges énergétiques mondiaux.
Selon Le Parisien, citant l’AFP, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a indiqué lundi soir que les médiateurs qataris devaient transmettre à Washington les propositions iraniennes avant de rapporter à Téhéran la réponse américaine.
Des discussions indirectes entre les deux pays se déroulent depuis une semaine sous la médiation du Qatar, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York. Elles réunissent, d’un côté, des émissaires américains et, de l’autre, des représentants de la diplomatie iranienne.
« Les médiateurs qataris ont abordé des idées et nous en avons discuté », a déclaré Abbas Araghchi. Selon lui, les représentants du Qatar doivent désormais reprendre contact avec la partie américaine afin que la réponse de Washington soit transmise à Téhéran. Les médiateurs qataris espèrent obtenir cette réponse « d’ici demain, mardi », a ajouté le chef de la diplomatie iranienne.
La réouverture du détroit soumise à plusieurs conditions
Le détroit d’Ormuz constitue actuellement le principal point de discussion entre les deux parties. Abbas Araghchi a précisé que « l’attention se porte actuellement uniquement sur le détroit d’Ormuz » et que sa réouverture dépendait du respect de plusieurs exigences communiquées par Téhéran.
Selon Le Parisien, l’Iran conditionne notamment la levée de son blocus à l’instauration d’un cessez-le-feu de sept jours dans l’ensemble du Moyen-Orient, y compris au Liban.
Téhéran réclame également le dégel de ses avoirs détenus à l’étranger, la levée des sanctions visant son secteur pétrolier et la fin du blocus naval américain.
Un axe maritime essentiel pour les marchés de l’énergie
Le détroit d’Ormuz occupe une place centrale dans le conflit en raison de son importance pour les échanges mondiaux d’énergie. Avant le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, environ un cinquième des flux mondiaux de pétrole et de gaz naturel liquéfié transitait par cette voie maritime.
Le conflit a commencé à la fin du mois de février avec des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran. Après le déclenchement des hostilités, Téhéran a imposé un blocus du détroit d’Ormuz. Washington a ensuite répliqué en instaurant son propre blocus des ports iraniens.
La situation autour de cette voie maritime stratégique continue donc d’avoir des conséquences directes sur les transports maritimes et les marchés de l’énergie, alors que plusieurs navires ont été régulièrement pris pour cible dans la zone.
Une accalmie militaire observée en septembre
Sur le plan militaire, une accalmie relative a été observée au cours des dernières semaines. Les États-Unis n’ont pas mené de frappes contre l’Iran depuis le 1er septembre, selon les éléments rapportés par Le Parisien.
Cette accalmie ne signifie toutefois pas la fin des tensions. Des navires continuent d’être pris pour cible dans le détroit d’Ormuz, tandis que Washington poursuit parallèlement ses mesures économiques contre Téhéran.
Les États-Unis ont ainsi renforcé les sanctions visant l’Iran, notamment en plaçant sous sanctions l’ensemble des compagnies aériennes iraniennes et en avertissant les entreprises étrangères qui leur apporteraient leur assistance.
Washington durcit également la pression économique
Ces nouvelles sanctions ont eu des répercussions immédiates sur le transport aérien iranien. Lors de leur entrée en vigueur mercredi, les principales compagnies aériennes iraniennes ont été contraintes d’annuler plusieurs vols internationaux.
Parallèlement, plusieurs pays de la région ont pris des mesures d’interdiction concernant les principales liaisons régionales, notamment celles reliant l’Iran aux pays du Golfe.
Ainsi, alors que les discussions indirectes se poursuivent sous médiation qatarie, les divergences entre Washington et Téhéran restent importantes. La réponse américaine attendue mardi doit notamment permettre de déterminer si les conditions posées par l’Iran peuvent ouvrir la voie à une réouverture du détroit d’Ormuz.
Le détroit au cœur des négociations
La réouverture du détroit d’Ormuz apparaît désormais comme l’un des principaux enjeux des discussions indirectes entre l’Iran et les États-Unis. Téhéran lie cette réouverture à plusieurs conditions portant à la fois sur la situation militaire au Moyen-Orient, les sanctions économiques et le blocus naval américain.
Pour Le Parisien, citant l’AFP, l’issue des échanges dépend désormais de la réponse de Washington aux propositions iraniennes, alors que le Qatar tente de maintenir son rôle de médiateur entre les deux parties. Le détroit, par lequel transitaient avant la guerre une part majeure des flux mondiaux de pétrole et de gaz naturel liquéfié, demeure ainsi au centre des enjeux diplomatiques, militaires et énergétiques du conflit.
A.Ch.