New York, (SANA) L’UNICEF, le Fonds des Nations unies pour l’enfance, a mis en garde contre les répercussions croissantes des risques climatiques sur l’éducation, indiquant que plus de 171 millions d’élèves dans le monde ont vu leur scolarité perturbée au cours de l’année 2025.
Plus de 171 millions d’élèves dans le monde, soit 1 sur 10, de l’enseignement préprimaire à l’enseignement supérieur ont vu leur scolarité perturbée par les aléas climatiques en 2025, selon une nouvelle analyse publiée aujourd’hui par l’UNICEF.
Le rapport révèle que les aléas climatiques, notamment les tempêtes, les inondations, les vagues de chaleur, les sécheresses et les feux incontrôlés, ont entraîné de lourdes répercussions sur la scolarité de millions d’élèves dans le monde, notamment des suspensions de cours, des dommages aux écoles, une réduction du temps d’enseignement, une baisse de la fréquentation scolaire et un risque accru de décrochage.
Les tempêtes perturbent la scolarité
Les tempêtes ont été la principale cause des perturbations scolaires l’an dernier, touchant 109 millions d’élèves dans le monde.
Ces chiffres révèlent l’ampleur croissante de l’impact des phénomènes climatiques sur le secteur de l’éducation. Les dommages ne se limitent pas aux infrastructures scolaires, mais s’étendent également à la capacité des enfants à accéder à leurs écoles et à poursuivre leur scolarité de manière régulière.
Les pays les plus pauvres supportent le plus lourd fardeau
Si ces perturbations ont touché des élèves appartenant à toutes les catégories de revenus, l’étude souligne toutefois que les trois quarts des enfants concernés vivent dans des pays à faible revenu ou à revenu intermédiaire inférieur.
Au Pakistan, par exemple, l’un des pays les plus touchés selon l’analyse, les graves inondations provoquées par la mousson en août l’année dernière ont retardé la rentrée scolaire de plus de 28 millions d’élèves. Ces perturbations d’origine climatique figurent parmi les plus importantes enregistrées pour le secteur de l’éducation en 2025. En avril de cette même année, en Égypte, une puissante tempête de sable et de poussière de type khamsin a provoqué la suspension des cours dans tout le pays pendant toute une journée, touchant également plus de 28 millions d’élèves.
Les filles sont confrontées à des risques deux fois plus importants
L’UNICEF souligne que les perturbations de l’éducation peuvent avoir des conséquences plus graves pour les filles, qui sont davantage exposées au risque d’abandon scolaire lorsque les écoles ferment ou que leurs infrastructures essentielles sont endommagées.
Les déplacements de population ou encore les pertes de revenus, les aléas climatiques exposent également les filles à un risque accru de décrochage scolaire.
Pertes économiques futures
Les conséquences des perturbations scolaires ne s’arrêtent pas avec la fin du dérèglement climatique. L’UNICEF met en garde contre les répercussions à long terme sur les perspectives économiques et professionnelles des enfants.
Le rapport révèle en outre que l’inaction face à ces répercussions pourrait entraîner une perte potentielle de revenus d’au moins 200 milliards de dollars sur l’ensemble de la vie active des élèves ayant subi de telles perturbations en 2025.
Ces pertes d’apprentissage, tout comme la hausse des taux d’abandon scolaire, tendent à réduire la productivité de la main-d’œuvre, à ralentir la croissance économique et à entraver les efforts visant à réduire la pauvreté dans les pays concernés.
Les phénomènes météorologiques extrêmes redéfinissent les défis
Les mises en garde de l’UNICEF interviennent alors que les indicateurs internationaux font état d’une fréquence et d’une intensité croissantes des phénomènes météorologiques extrêmes.
L’Organisation météorologique mondiale (OMM) a déclaré dans son rapport du 23 mars 2026 que la période 2015-2025 a été la plus chaude jamais enregistrée, et que 2025 devrait être la deuxième ou la troisième année la plus chaude jamais enregistrée.
Investissements essentiels pour garantir l’apprentissage
Face à ces défis, l’UNICEF appelle l’ensemble des gouvernements et de ses partenaires à intensifier leurs efforts et à protéger l’éducation des conséquences les plus graves des aléas climatiques, en renforçant la résilience des systèmes éducatifs aux changements climatiques pour garantir la continuité de l’apprentissage dans les situations d’urgence améliorant les systèmes de données sur le climat et l’éducation afin de mieux anticiper les perturbations, y répondre et ainsi faciliter les efforts de reprise.
rs/A.Ch.