Bruxelles, (SANA) Les incendies continuent de gagner du terrain en Europe alors qu’une vague de chaleur frappe de vastes régions du continent. Le phénomène dépasse désormais les zones méditerranéennes traditionnellement touchées pour s’étendre à l’Europe centrale et occidentale.
En Allemagne, les autorités ont dû évacuer près de 2 000 personnes après qu’un feu de forêt s’est approché d’un village de Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Au Royaume-Uni, les incendies de végétation ont atteint des niveaux sans précédent, alors que les autorités mettent en garde contre une saison des feux susceptible de se prolonger jusqu’à l’automne.
Dans l’ouest de l’Allemagne, les habitants du village de Gey, dans la commune de Hürtgenwald, près de la frontière belge, ont été évacués après que les flammes se sont rapprochées des habitations. Le feu s’est étendu sur une superficie d’environ 300 hectares.
Selon Reuters, les habitants ont reçu l’ordre d’évacuer tôt dans la matinée et un centre d’accueil a été aménagé dans une école primaire d’un village voisin.
Des munitions de guerre compliquent la lutte contre l’incendie
La configuration de la zone complique les opérations des pompiers, les forêts environnantes abritant des munitions non explosées datant de la Seconde Guerre mondiale. Plusieurs explosions ont ainsi été entendues pendant l’incendie.
Deux chars de l’armée allemande ont été mobilisés pour ouvrir des voies d’accès aux zones difficiles, aux côtés des pompiers, des hélicoptères et des équipes de secours. Selon les autorités locales, le feu restait hors de contrôle.
D’après l’AFP, environ 300 personnes participaient aux opérations d’extinction, tandis que les flammes se sont approchées à près de 200 mètres des habitations. Des pare-feu continuaient d’être aménagés pour freiner leur progression.
La chaleur alourdit le bilan humain
Ces incendies surviennent alors que l’Allemagne subit les conséquences d’une forte vague de chaleur et d’une sécheresse sévère. Selon des données de l’Institut Robert-Koch rapportées par Deutsche Welle, près de 9 600 décès liés à la chaleur ont été estimés pour la dernière semaine de juin, portant à environ 11 900 le nombre total de décès attribués à la chaleur depuis le début de l’année.
Le ministère allemand de l’Agriculture a également mis en garde contre les conséquences de la sécheresse sur les cultures et les fourrages, ainsi que contre l’aggravation du risque d’incendies de forêt.
Royaume-Uni : un nombre record d’incendies
Au Royaume-Uni, le nombre d’incendies de végétation enregistrés depuis le début de l’année a déjà dépassé le total de 2025, qui s’élève à 1 017, selon le président du Conseil national des chefs des services d’incendie, cité par Reuters.
Des incendies dans le centre de l’Angleterre ont détruit des habitations et entraîné l’évacuation de centaines de personnes. Parallèlement, Londres a enregistré jeudi une température de 38,1 °C, la cinquième plus élevée jamais relevée dans le pays.
L’Europe paie un lourd tribut
Les données européennes témoignent de l’ampleur croissante du phénomène. Selon une analyse d’Euronews fondée sur les données du Système mondial d’information sur les feux de forêt, quelque 489 826 hectares avaient brûlé dans l’Union européenne à la fin de la 31e semaine de l’année.
L’année 2026 se classe ainsi au quatrième rang depuis 2012 pour la même période, avec une superficie brûlée supérieure d’environ 13 % à la moyenne enregistrée entre 2012 et 2025.
L’Espagne est le pays le plus touché, avec environ 185 948 hectares ravagés par les flammes, suivie de la France avec 99 092 hectares. L’Italie en compte 79 084, le Portugal 47 776 et la Grèce 23 839.
150 millions de personnes exposées à des températures supérieures à 35 °C
Parallèlement, les températures devraient dépasser vendredi les 35 °C dans des régions européennes où vivent plus de 150 millions de personnes, dont environ 46 millions en France et 34 millions dans l’ouest de l’Allemagne, ainsi que plus de 10 millions en Belgique et près de 12 millions aux Pays-Bas, selon une analyse de l’AFP fondée sur les prévisions météorologiques allemandes et les données démographiques.
Ces chiffres placent l’Europe face à une saison des incendies qui ne se limite plus au sud du continent. Le risque gagne désormais des régions historiquement moins exposées, tandis que les experts avertissent que la persistance de la chaleur et de la sécheresse accroît les superficies susceptibles de brûler et accentue la pression sur les services de lutte contre les incendies et les ressources en eau.
Des incendies qui dépassent la région de la mer Méditerranée
Au Royaume-Uni, le professeur Simone Varotto, de l’Université de Reading, cité par Euronews, a averti que le risque d’incendies de forêt « ne se limite plus à la région méditerranéenne ».
Entre les villages évacués en Allemagne, les maisons ravagées par les flammes au Royaume-Uni et les vastes superficies incendiées dans le sud du continent, la vague de chaleur qui frappe l’Europe cet été prend une ampleur croissante. Le bilan de la saison des incendies pourrait encore s’alourdir si la chaleur et la sécheresse persistent au cours des prochaines semaines.
a.h/mch