Capitales, (SANA) Dix jours après la reprise des hostilités entre Washington et Téhéran, le conflit irano-américain entre dans une phase plus dangereuse. Les frappes américaines se poursuivent en Iran, tandis que l’Iran intensifie ses attaques contre des pays de la région, notamment le Koweït, Bahreïn et la Jordanie.
Cette situation survient alors que des efforts diplomatiques sont déployés pour discuter d’une trêve temporaire, dont la perspective semble conditionnée par la poursuite des opérations militaires.
Le détroit d’Ormuz demeure l’épicentre du conflit militaire, politique et économique, avec un trafic maritime en baisse et des craintes croissantes de perturbations plus importantes menaçant la sécurité énergétique mondiale.
Une trêve mise sur le tapis
Face à l’escalade militaire, des sources bien informées ont indiqué à CNN que les médiateurs entre les États-Unis et l’Iran ont proposé un cessez-le-feu de dix jours, visant à apaiser les tensions entre les deux pays et à les inciter à reprendre les négociations.
La proposition prévoit l’arrêt des opérations militaires et la réouverture du détroit d’Ormuz à la navigation, ainsi que des discussions sur un mécanisme à long terme pour réguler le transit pendant la trêve.
La liberté de navigation est une priorité, tandis que les responsables américains affirment que la priorité demeure le maintien de la pression sur l’Iran avant d’envisager toute négociation.
Les attaques iraniennes se poursuivent
En réponse, l’Iran a étendu ses attaques sur le Bahreïn, le Koweït et la Jordanie et visé des navires dans le détroit d’Ormuz.
Le Bahreïn a annoncé l’interception de frappes aériennes iraniennes, tandis que la Jordanie a signalé avoir abattu trois missiles et cinq drones. Le Koweït a confirmé que ses installations de production d’électricité et de dessalement d’eau avaient été attaquées pour le quatrième jour consécutif, provoquant des incendies et l’arrêt préventif de plusieurs centrales.
Ormuz au cœur de la crise
Le détroit d’Ormuz demeure le principal point de discorde entre les deux pays. Washington insiste sur la garantie d’une liberté de navigation totale, tandis que Téhéran propose des accords lui conférant un rôle dans la gestion de la sécurité maritime.
Selon Axios, des pistes sont également à l’étude, comme l’instauration de redevances pour les services de navigation ou la création d’un fonds international, supervisé par l’Organisation maritime internationale, pour gérer ces redevances.
Parallèlement, le trafic maritime a fortement diminué, des pétroliers ayant été attaqués au large des côtes d’Oman. Les données relatives au transport maritime montrent que le nombre de navires transitant le détroit a chuté à des niveaux jamais atteints depuis le début de la guerre.
Préoccupations énergétiques mondiales
L’escalade des tensions s’est rapidement répercutée sur les marchés de l’énergie. Le prix du Brent a dépassé à nouveau les 90 dollars le baril. Goldman Sachs a averti que la persistance des perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz pourrait faire grimper les prix au-dessus de 120 dollars le baril au cours du dernier trimestre si les approvisionnements du Golfe restent à leur faible niveau actuel.
L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a également confirmé que les risques simultanés dans les détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb accentuent la pression sur la sécurité des approvisionnements en pétrole et en gaz, malgré le recours continu par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis à des routes alternatives et l’augmentation des approvisionnements en provenance d’autres pays comme les États-Unis, le Brésil et le Kazakhstan.
Confrontation ouverte
Malgré les efforts diplomatiques, la situation sur le terrain indique que les chances de désescalade demeurent limitées, compte tenu de la poursuite des frappes américaines, de l’intensification des attaques iraniennes contre les pays de la région et du maintien par chaque partie de ses conditions concernant la sécurité maritime et l’avenir du détroit d’Ormuz.
Alors que les médiateurs s’efforcent de maintenir le dialogue ouvert, la région demeure à un stade extrêmement sensible, dont l’issue pourrait déterminer l’avenir de la guerre et la sécurité énergétique mondiale dans les semaines à venir.
R.Kh/rb