Capitales, (SANA) La confrontation entre les États-Unis et l’Iran a franchi un nouveau seuil de gravité avec l’extension des frappes américaines à l’intérieur du territoire iranien, parallèlement à la poursuite du blocus maritime américain des ports iraniens. Dans le même temps, Téhéran a intensifié ses menaces de viser les infrastructures de la région et a poursuivi ses attaques contre plusieurs pays du Golfe ainsi que contre la Jordanie, alimentant les craintes d’un élargissement du conflit dont les répercussions pourraient affecter les marchés de l’énergie et le commerce mondial.
Les développements des dernières heures montrent que les opérations militaires sont passées du ciblage des sites côtiers iraniens à des frappes contre des objectifs situés plus en profondeur à l’intérieur du pays, tandis que les efforts diplomatiques, notamment menés par le Pakistan, se multiplient afin de ramener les deux parties à la table des négociations et d’éviter l’effondrement des accords encore en vigueur.
Des frappes américaines élargies
Le Commandement central américain (CENTCOM) a annoncé ce jeudi avoir mené de nouvelles vagues de frappes aériennes et navales visant des centres de commandement, des systèmes de défense aérienne, des installations de missiles, des sites de drones ainsi que des infrastructures de surveillance côtière, précisant que l’objectif est d’affaiblir la capacité de l’Iran à menacer la navigation internationale dans le détroit d’Ormuz.
Selon les communiqués du CENTCOM, les frappes ont visé des sites situés à Bandar Abbas, sur l’île de Grande Tomb (Greater Tunb), à Qeshm et à Bouchehr, ainsi que d’autres objectifs le long du littoral iranien, au moyen d’avions de combat, de drones et de bâtiments de guerre ayant tiré des munitions de précision.
Le commandement américain a également confirmé la poursuite du blocus maritime des ports iraniens ainsi que l’interception des navires à destination ou en provenance de ces ports, tout en autorisant le passage des bâtiments ne contrevenant pas aux nouvelles restrictions.
Par ailleurs, des médias ont fait état d’explosions entendues dans la capitale, Téhéran, pour la première fois depuis le début de la présente phase d’escalade. L’armée iranienne a, de son côté, annoncé la mort de sept de ses soldats dans une frappe ayant visé une caserne militaire dans la province du Sistan-et-Baloutchistan.
Téhéran brandit la menace d’un élargissement de la guerre
En réponse, l’Iran a accentué ses menaces. Des responsables militaires ont affirmé que le détroit d’Ormuz constitue une « ligne rouge », avertissant que toute nouvelle attaque contre les infrastructures iraniennes entraînerait des frappes contre les infrastructures de la région.
L’agence Reuters a cité des responsables iraniens selon lesquels les forces iraniennes riposteraient à toute offensive américaine d’envergure et que le conflit pourrait s’étendre à de nouveaux théâtres si les frappes américaines se poursuivaient.
Ces déclarations sont intervenues alors que le président américain Donald Trump a affirmé que Washington pourrait élargir ses opérations militaires si Téhéran ne revenait pas à la table des négociations dans les prochains jours, évoquant la possibilité de viser des installations énergétiques ainsi que des ponts à l’intérieur de l’Iran.
Attaques iraniennes contre des pays du Golfe et la Jordanie
Dans le contexte de cette escalade, l’Iran a poursuivi ses attaques contre des pays de la région. Bahreïn, le Koweït et la Jordanie ont annoncé avoir intercepté des attaques iraniennes grâce à leurs systèmes de défense aérienne.
Le Qatar, les Émirats arabes unis, le Koweït et Bahreïn ont, pour leur part, condamné ces attaques, estimant qu’elles constituent une violation de la souveraineté des États et une menace directe pour la sécurité de la région.
Le détroit d’Ormuz, au cœur du conflit
Le détroit d’Ormuz demeure l’épicentre de la confrontation actuelle. Washington affirme que les opérations militaires et le blocus maritime visent à protéger la navigation internationale après une série d’attaques ayant ciblé des navires commerciaux. De son côté, l’Iran soutient que la réouverture du détroit reste conditionnée à la cessation des opérations américaines et au respect des accords conclus précédemment.
L’escalade militaire a entraîné un ralentissement du trafic des navires marchands et des pétroliers transitant par le détroit, tandis que les pays du Golfe et les compagnies énergétiques étudient des itinéraires alternatifs pour l’acheminement du pétrole et du gaz, en prévision d’une prolongation de la crise.
Par ailleurs, les autorités irakiennes enquêtent sur la chute d’un objet à proximité d’un pétrolier dans les eaux territoriales du pays. Elles ont toutefois confirmé la poursuite des exportations de pétrole depuis les ports du sud, malgré cet incident. Selon les estimations des marchés, la persistance des tensions pourrait entraîner une nouvelle hausse des prix du pétrole et accentuer les pressions sur l’économie mondiale ainsi que sur les chaînes d’approvisionnement.
Parallèlement à l’escalade militaire, le Pakistan a intensifié ses contacts diplomatiques avec Washington et Téhéran, réaffirmant la poursuite de ses efforts pour ramener les deux parties à la table des négociations et relancer la mise en œuvre du mémorandum d’entente conclu le mois dernier. Islamabad a souligné que le dialogue demeure la seule voie permettant d’éviter une nouvelle escalade.
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