Capitales, (SANA) Face aux répercussions croissantes de la guerre américano-israélo-iranienne, les inquiétudes ne se limitent plus aux champs de bataille, mais se sont rapidement étendues au cœur de l’économie mondiale.
Les avertissements se multiplient quant à une crise énergétique susceptible de paralyser les marchés, dans un contexte de forte hausse des prix du pétrole, de turbulences sur les marchés obligataires et de craintes inflationnistes grandissantes.
La fermeture du détroit d’Ormuz, par lequel transite une grande partie du commerce mondial de l’énergie, est devenue le facteur le plus pressant pour les marchés, alors que les avertissements se multiplient sur les stocks mondiaux de pétrole qui pourraient chuter à des niveaux critiques si les perturbations du transport maritime sur cette voie vitale persistent.
Les stocks de pétrole diminuent et les prix sont prêts à connaître de nouvelles hausses
L’Agence internationale de l’énergie (AIE), dans son rapport mensuel, a averti qu’une baisse rapide des réserves stratégiques pourrait entraîner une forte hausse des prix du pétrole et des carburants, notamment à l’approche de la période estivale de forte demande.
Parallèlement, le président-directeur général (PDG) de la société américaine ExxonMobil Darren Woods a dit les stocks commerciaux et les réserves stratégiques ont jusqu’à présent permis d’atténuer l’impact des pénuries d’approvisionnement, mais que cette situation ne pourra pas perdurer si le détroit d’Ormuz reste fermé. a rapporté CNBC .
Selon les estimations d’UBS, les stocks mondiaux sont passés de plus de 8 milliards de barils fin février à environ 7,8 milliards de barils fin avril, et l’on s’attend à une baisse prochaine à 7,6 milliards de barils, tandis que les analystes de JPMorgan estiment que l’atteinte de ces niveaux exercera une pression sans précédent sur les chaînes d’approvisionnement mondiales.
Group «Rapidan Energy » estime cependant que l’économie mondiale pourrait être confrontée à un quasi-arrêt total en raison des perturbations des approvisionnements en carburant et des infrastructures de transport, même si elle anticipe une forte hausse des prix avant d’en arriver là, ce qui entraînerait une contraction économique généralisée.
Les marchés obligataires s’effondrent face au retour en force de l’inflation
Avec la hausse des prix de l’énergie, les marchés obligataires mondiaux ont connu une vague de ventes massives qui a fait chuter les rendements à leurs plus hauts niveaux depuis des années, sur fond de craintes d’une forte résurgence de l’inflation et de la nécessité pour les banques centrales de maintenir des taux d’intérêt élevés plus longtemps.
Le rendement de l’obligation de référence du Trésor américain à 10 ans a bondi à 4,63 %, son niveau le plus élevé depuis février 2025, tandis que le rendement de l’obligation de référence du Trésor américain à 30 ans a atteint son plus haut niveau en un an.
Les multinationales en paient le prix
Dans un contexte de turbulences sur les marchés financiers, les entreprises multinationales commencent à révéler des pertes croissantes dues à la guerre.
Une analyse de Reuters montre que les entreprises du monde entier ont subi jusqu’à présent des pertes directes et indirectes d’au moins 25 milliards de dollars.
Les entreprises industrielles et chimiques ont également fait état d’une forte hausse des prix des matières premières, notamment en raison des perturbations des approvisionnements en engrais, en aluminium et en produits pétrochimiques en provenance du Moyen-Orient.
W.H./L.Arfi