Washington,(SANA) Bien que le flux des pétroliers américains vers l’Asie s’accélère, le continent reste inquiet face à la chute des approvisionnements moyen‑orientaux, provoquée par la guerre et la fermeture du détroit d’Ormuz.
Dans ce contexte tendu, les gouvernements asiatiques s’efforcent de contenir les répercussions économiques et géopolitiques de ces évolutions rapides.
Selon des données officielles relayées par la chaîne CNN, les exportations américaines de pétrole devraient atteindre 5,48 millions de barils par jour en mai, en légère hausse par rapport à avril, et nettement au-dessus des niveaux d’avant le conflit, où elles tournaient autour de 4 millions de barils par jour enregistrés avant le déclenchement du conflit à la fin du mois de février.
Un immense déficit d’approvisionnement
L’Asie absorbe la plus grande part de ces cargaisons américaines, après avoir longtemps dépendu des approvisionnements transitant par le détroit d’Ormuz, par lequel passait près d’un cinquième du commerce pétrolier mondial.
Selon les estimations, les exportations américaines vers l’Asie devraient atteindre 3,29 millions de barils par jour en mai, soit près du triple d’avant-guerre.
Malgré cette hausse, ces volumes restent loin de compenser le déficit massif d’approvisionnement.
Les expéditions maritimes vers l’Asie ont chuté à 14,8 millions de barils par jour en avril, soit une baisse d’environ 10 millions par rapport à janvier.
Le consommateur américain face aux fluctuations
Les exportations américaines profitent aux producteurs mais risquent d’alourdir les prix américains.
Une partie de ces volumes provient de la réserve stratégique, dont 172 millions de barils prêtés devront être restitués avec intérêts. Cette contrainte pourrait réduire les exportations américaines d’ici juillet et accentuer la pression sur les marchés asiatiques si la fermeture d’Ormuz se prolonge.
Course pour contenir la crise
L’Asie, étant la plus touchée par la fermeture du détroit d’Ormuz, intensifie ses efforts pour contenir le choc.
La Chine a appelé à un cessez le feu et à la réouverture du détroit, tandis que les données douanières révèlent une forte baisse de son commerce avec l’Iran et les pays du Golfe.
En Inde, les pressions inflationnistes se poursuivent en raison des perturbations de l’approvisionnement, avec des prévisions d’une inflation plus large et plus durable si la fermeture du détroit se prolonge.
Ib.I./ L.Arfi