Londres, (SANA) Les compagnies maritimes internationales se tournent vers des itinéraires inhabituels face aux perturbations croissantes provoquées par la guerre américano‑israélo‑iranienne et à la forte hausse des coûts de transport qui en découle.
En l’absence de signes indiquant une résolution proche de la crise liée à la fermeture du détroit d’Ormuz, les entreprises de transport cherchent désormais des alternatives permettant d’éviter difficultés dans les passages maritimes vitaux et de réduire les coûts en augmentation constante.
Selon des transitaires américains cités par l’agence de presse « Reuters », certains clients qui expédiaient habituellement des produits électroniques et des biens de consommation d’Asie vers l’Europe via des centres du Moyen‑Orient optent aujourd’hui pour des voies plus longues passant par Los Angeles, profitant d’un coût inférieur à celui du fret aérien direct ou du contournement du cap de Bonne‑Espérance.
Recul du fret aérien
Le directeur général de la société américaine Flexport, Ryan Petersen, a précisé que ce nouvel itinéraire est nettement plus rapide que le transport maritime autour de l’Afrique et moins coûteux que le fret aérien direct, surtout avec la hausse des prix du carburant et la baisse des capacités disponibles.
De son côté, la société internationale de données « World ACD » a indiqué que la capacité du fret aérien à destination du Moyen‑Orient a chuté de plus de 50 % au cours des deux dernières semaines en raison de la fermeture du détroit d’Ormuz et de la persistance des tensions régionales.
Les tarifs du fret aérien entre le Vietnam et l’Europe ont presque doublé, atteignant 6,27 dollars pour le kilogramme.
À l’inverse, les prix du fret aérien entre Los Angeles et Paris ont augmenté de 8 %, les compagnies aériennes ayant renforcé leurs vols passagers pour répondre à la demande, ce qui a libéré un espace supplémentaire pour le transport de marchandises.
Perturbations dans les chaînes logistiques mondiales
Avec la poursuite des tensions, la pression s’accentue sur les compagnies aériennes et les ports. Les estimations montrent que la capacité mondiale du fret aérien, qui devait croître de 5,5 % cette année, a en réalité reculé d’environ 1 % jusqu’à présent.
Quant aux grandes compagnies du Golfe, qui s’appuient sur des flottes d’avions gros‑porteurs et représentent près de la moitié de la capacité de fret aérien de la région, elles pourraient être contraintes de réduire leurs vols passagers même si la guerre s’arrêtait immédiatement, ce qui affecterait à son tour le transport de marchandises.
Les compagnies européennes commencent également à ressentir les effets de la crise : British Airways a indiqué qu’elle réduirait ses vols vers le Moyen‑Orient lors de la reprise de ses services, en raison de la baisse de la demande.
R.S./A.Ch.