New York, (SANA) L’ONU a averti que plus d’un million d’enfants dans la bande de Gaza ont besoin urgent de soutien psychologique et social, en raison de la guerre israélienne en cours depuis le 7 octobre 2023, qui a laissé des impacts dévastateurs sur la santé mentale, les infrastructures et les services essentiels.
Dans un entretien avec le Centre de presse de l’ONU, la responsable du programme Adolescents et Jeunes à l’UNFPA, Sima Al-Alami a expliqué que presque tous les enfants de Gaza vivent dans une peur constante de la mort.
Elle a souligné que les adolescents et les jeunes souffrent fortement sur le plan psychologique : une majorité présente des symptômes de stress post traumatique, de dépression ou d’anxiété.
Elle a également indiqué qu’un adulte sur cinq pense au suicide de manière quasi quotidienne.
Hausse des mariages précoces sous la pression du déplacement et de la pauvreté
Une étude récente menée par le Fonds des Nations unies pour la population a mis en garde que les filles figurent parmi les catégories les plus vulnérables, alors que la pression pour marier les mineures de -18 ans ne cesse d’augmenter.
Al-Alami a expliqué que certaines familles considèrent le mariage comme une stratégie de survie face au déplacement, à la pauvreté et à l’insécurité, tandis que d’autres pensent qu’il offre une forme de protection dans des abris surpeuplés ou qu’il permet d’alléger les difficultés économiques résultant de l’effondrement des moyens de subsistance.
L’effondrement des services de santé menace les jeunes mères
« En 2025, environ 10 % des grossesses nouvellement enregistrées à Gaza sont entre des adolescentes, une hausse notable par rapport à la période précédant de la guerre », a-t-il fait noter.
Elle a ajouté que l’accès aux soins s’est fortement détérioré, puisque seulement 15 % des centres de santé de Gaza sont actuellement en mesure de fournir des services d’obstétrique d’urgence et de soins aux nouveau nés, ce qui accroît les risques de complications pour les jeunes mères et leurs enfants.
Des filles mariées précocement ont été exposées à des violences physiques ou psychologiques.
Elle a ajouté que les taux de divorce augmentent, tout comme la détresse psychologique sévère parmi les mineures mariées, et que, dans les cas les plus extrêmes, les conséquences peuvent expose la vie en danger.
Elle a ajouté que plus de cent tentatives de suicide ont été documentées parmi les survivantes de violence, soulignant que le mariage des enfants constitue une forme de violence fondée sur le genre.
Cisjordanie : déplacements et pression psychologique croissante
En ce qui concerne la Cisjordanie, Al-Alami a expliqué que les opérations militaires continuelles et les attaques de colons ont entraîné le déplacement de certaines familles, perturbé la vie quotidienne et provoqué la fermeture d’écoles. Cette situation accroît la pression psychologique sur les enfants et les jeunes et crée un sentiment permanent d’insécurité.
Elle a appelé à mettre en place des réponses intégrées, telles que le soutien psychologique, l’aide alimentaire, les services de santé et l’éducation.
Elle a souligné que les conditions extrêmement difficiles à Gaza et en Cisjordanie continuent de freiner les efforts de l’ONU dans le domaine de la santé mentale et de la lutte contre la violence fondée sur le genre.
Ib.I./ L.A.