Washington – Téhéran, (SANA) Le président américain Donald Trump a prolongé le délai pour prendre une décision concernant l’Iran, le portant de dix à quinze jours « au maximum », indiquant qu’il existe deux options : soit parvenir à un accord, soit la situation sera « regrettable » pour Téhéran.
Le site de la chaîne américaine CNN a rapporté que Trump a déclaré, dans des propos tenus aux journalistes à bord de l’avion présidentiel jeudi : « La décision concernant l’Iran sera révélée dans dix jours », ajoutant : « Il est temps qu’il nous rejoigne ». Le président américain avait indiqué plus tôt qu’il « saurait si un accord avec l’Iran est possible dans les dix jours ».
Frappe limitée
Le Wall Street Journal a également révélé, citant des sources informées, que le président Trump envisage une frappe militaire initiale et limitée contre l’Iran afin de le pousser à accepter un accord nucléaire. Le journal a ajouté que si cette frappe est approuvée, elle pourrait être menée dans les prochains jours, visant un nombre limité de sites militaires ou gouvernementaux. Il a aussi été indiqué que si l’Iran continue de refuser de se conformer aux demandes américaines, l’administration Trump pourrait répondre par une campagne plus large contre des installations gouvernementales iraniennes.
Préparatifs iraniens pour recevoir la frappe
Pour sa part, l’Iran a passé les derniers mois à réparer des installations de missiles majeures et des bases aériennes gravement endommagées, tout en continuant à dissimuler son programme nucléaire. Il a aussi nommé d’anciens combattants au sein des structures de sécurité nationale, mené des manœuvres navales dans le Golfe et lancé une campagne de répression contre les manifestants dans tout le pays.
Des images satellites de bases iraniennes ont révélé que « parmi les douze installations détruites par Israël, trois ont été reconstruites, une a été restaurée, et trois autres sont encore en construction ». L’installation comprend des plateformes de lancement de missiles balistiques d’une grande importance, avec des travaux de creusement et de construction autour, selon CNN. Bien que l’Iran ait montré une certaine flexibilité pour réduire son programme nucléaire, il s’emploie à fortifier de nombreuses installations nucléaires avec du béton et de grandes quantités de terre pour enfouir les sites principaux, selon de nouvelles images satellites et les analyses de l’Institut pour la science et la sécurité internationale.
Des rapports ont également mentionné que l’Iran a adressé un message au secrétaire général de l’ONU, António Guterres, menaçant que si l’Iran est attaqué, les bases des forces américaines dans la région deviendront des cibles légitimes.
La frappe sera-t-elle exécutée ?
Bien que Trump ait prolongé le délai accordé à l’Iran de plusieurs jours, les États-Unis ont intensifié leur présence militaire dans la région, tandis que l’Iran entreprend des mesures reflétant sa préparation à une confrontation. Lors des négociations qui ont réuni les deux parties à Genève mardi dernier, des discussions indirectes ont eu lieu pendant plusieurs heures sans progrès tangible.
De son côté, le vice-président américain J. D. Vance a affirmé que Téhéran n’a pas respecté les « lignes rouges » fixées par Trump, tandis que le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a indiqué que les deux parties étaient parvenues à un ensemble de « principes directeurs ».
Bien que les discussions entre les deux parties semblent se poursuivre, l’armée américaine a annoncé jeudi sa préparation à lancer une frappe contre l’Iran, notamment après un renforcement important des forces aériennes et navales américaines ces derniers jours.
Le différend américano-iranien oscille toujours entre négociation et escalade, avec les menaces de Trump envers Téhéran en cas d’absence d’accord, et la préparation de cette dernière, qui tente de remettre en état ses bases en prévision d’une éventuelle frappe américaine.
M.Ch.