Damas-(SANA) Le gouverneur de la Banque centrale de Syrie, Safwat Raslan, a prévu que le volume des capitaux étrangers entrant dans le pays pour créer de nouvelles banques en Syrie dépassera le milliard de dollars dans la période à venir, dans le cadre d’un ensemble d’objectifs de la Banque centrale visant à encourager l’investissement dans le pays, à protéger les droits des clients et à ouvrir des canaux de transfert sécurisés par le biais de voies officielles.
Dans des déclarations, faites dimanche à SANA, Raslan a expliqué que les critères d’agrément et d’autorisation sont régis par des directives et des critères spécifiques applicables aux banques islamiques et conventionnelles. Parmi les plus importants figurent l’expérience des candidats, leur réputation et la solvabilité financière des fondateurs, ainsi que l’obligation de disposer d’un partenaire bancaire stratégique détenant au moins 10 % du capital de la banque fondatrice.
Il a fait savoir que le délai d’octroi des licences dépend généralement de la fourniture par les demandeurs des documents requis à la Banque centrale et du respect des conditions établies, soulignant que la banque attache une grande importance à cette question et travaille avec diligence pour s’assurer que le délai initial de délivrance de la licence n’excède pas 3 à 4 mois à compter de la réception de tous les impératifs.
Garanties et risques financiers et réglementaires
Raslan a nié l’existence de risques financiers, vu que la loi autorisant les investisseurs étrangers à conserver 60 % de leur capital libéré en devises étrangères.
Il a également précisé que le transfert des bénéfices est protégé, toutes les restrictions sur l’achat, la vente et le transfert de devises ayant été levées, éliminant ainsi tout risque financier pour les investisseurs à cet égard.
Concernant les risques réglementaires, il a expliqué que la Banque centrale de Syrie émet ses décisions réglementaires et de supervision conformément aux normes internationales, que ce soit en matière de risques ou de comptabilité.
Services de transfert d’argent et mécanisme de livraison
Concernant la reprise des transferts MoneyGram entre les banques jordaniennes et syriennes, le gouverneur de la Banque centrale de Syrie a fait noter que le service avait été brièvement suspendu en raison de problèmes de règlement, résolus en collaboration avec une banque jordanienne.
Il a également indiqué que plusieurs banques jordaniennes avaient déposé des demandes d’investissement en Syrie.
« La Banque centrale s’efforce de permettre et d’encourager tous les prestataires de services de transfert d’argent internationaux à entrer sur le marché par le biais des institutions financières syriennes, afin d’ouvrir des canaux de transfert sûrs pour les Syriens et les étrangers et de protéger leurs droits et leurs intérêts », a-t-il dit.
limites de transfert quotidiennes et mensuelles
Raslan a souligné que le plafond des transferts journaliers et mensuels est soumis à un accord entre l’établissement financier en Syrie et la banque ou la société fournissant le service à l’étranger, expliquant que ce qui importe à la Banque centrale de Syrie est de mener à bien les procédures nécessaires et que les établissements fixent des plafonds en fonction de la nature du service fourni.
Il a mis l’accent sur l’importance pour l’institution financière de disposer d’outils électroniques qui renforcent d’une part le principe de surveillance et de conformité, et d’autre part d’éviter les procédures excessives afin que ces transferts de fonds continuent d’emprunter les canaux officiels de manière durable.
Exigences Swift et sortie de la liste grise
Concernant les exigences du système SWIFT et du Groupe d’action financière (GAFI), Raslan a expliqué que les institutions financières doivent acquérir des outils de surveillance électronique modernes et les relier à leurs systèmes financiers et bancaires, soulignant que la plupart des banques syriennes ont commencé à combler cette lacune et ont les capacités nécessaires pour en faire un canal sûr pour les opérations bancaires internationales.
« La priorité absolue est désormais de sortir de la liste grise, ce qui nécessite de s’assurer que toutes les banques et institutions financières non bancaires disposent des technologies, des politiques et des procédures qui les protègent et facilitent la surveillance, notant que les banques sont sur le point d’y parvenir », a–t-il assuré.
Règlement des transactions commerciales et impact des percées bancaires
Concernant l’adoption des monnaies locales dans les règlements commerciaux interrégionaux, le gouverneur de la Banque centrale a révélé que la tendance actuelle est d’utiliser le dinar jordanien et toutes les monnaies arabes indexées sur le dollar pour le règlement des exportations et des importations, ce qui facilite les échanges commerciaux entre la Syrie et ces pays, considérant l’utilisation de la livre syrienne à des fins de règlement comme « quelque peu prématurée ».
L.Arfi