Damas, (SANA) La visite en Ouzbékistan de la délégation économique syrienne, présidée par le ministre de l’Économie et de l’Industrie, Nidal al-Chaar, permet à Damas d’accéder dans la région d’Asie centrale, dans le cadre de ses efforts visant à diversifier ses partenaires économiques.
Elle contribue également au renforcement de la coopération commerciale et des investissements, au transfert de l’expertise ouzbèke dans les domaines de l’industrie et de l’exportation, et ouvre la voie à nouer des partenariats directs en matière d’investissement et de commerce entre les entreprises des deux pays.
Développer le commerce et l’investissement
Dans une déclaration à SANA, le chercheur en économie Abdel Azim Al-Megharbel a précisé que cette visite constitue une étape charnière dans le développement des relations économiques entre les deux pays.
« La visite ouvre la voie à une expansion du commerce et des investissements dans un cadre institutionnel, via le comité mixte et le conseil d’affaires, offrant ainsi un mécanisme régulier de suivi des relations économiques et commerciales, d’échange d’informations, d’examen des opportunités d’affaires, de traitement des difficultés et de proposition de moyens permettant de développer les échanges et les partenariats entre les deux pays.
Al-Megharbel a indiqué que les avantages immédiats de cette démarche résident dans la valorisation des capacités nationales de production et leur orientation vers des marchés prometteurs.
Il a souligné que l’opportunité la plus importante consiste à accroître les exportations syriennes, notamment dans les secteurs de l’agroalimentaire, du textile et des produits pharmaceutiques, tout en bénéficiant de l’expérience ouzbèke dans les domaines de l’industrialisation, de l’exportation et de l’attraction des investissements.
Diversifier les partenaires économiques
Al-Megharbel a estimé que l’ouverture vers les marchés d’Asie centrale peut offrir une plus grande flexibilité à l’économie nationale.
Selon lui, cette visite pourrait permettre à la Syrie de diversifier ses partenaires économiques et de réduire sa dépendance à l’égard d’un nombre limité de marchés, notamment si elle parvient à tirer parti de la position de l’Ouzbékistan et de ses relations commerciales afin d’ouvrir de nouvelles voies aux exportations syriennes et d’attirer des capitaux vers les secteurs productifs.
Tirer parti de l’expérience ouzbèke
De son côté, l’expert économique Souleiman Chaabane a affirmé que cette visite constitue une étape importante dans le processus de réactivation et d’élargissement des relations économiques entre les deux pays, d’autant plus qu’elle associe la dimension gouvernementale à celle du secteur des affaires.
Il a souligné que l’importance de la visite ne se limite pas à l’examen des moyens d’accroître les échanges commerciaux, mais réside également dans la détermination à nouer des partenariats économiques et industriels plus durables et de tirer parti de l’expérience ouzbèke en matière de développement de la production, de promotion des exportations et d’attraction des investissements.
Chaabane a indiqué que la création du comité économique et commercial mixte et du conseil d’affaires entre les deux pays constitue le principal pilier du développement des relations économiques.
Des projets productifs communs
Chaabane a également indiqué que l’Ouzbékistan dispose d’expériences industrielles dont la Syrie pourrait tirer profit, notamment dans les industries légères, le textile, l’habillement, le cuir et la chaussure, ainsi que dans les mécanismes de soutien aux exportations, la transformation numérique et les dispositifs facilitant l’accès des producteurs aux marchés étrangers.
Il a estimé que la coopération ne devrait pas se limiter aux échanges de marchandises, mais pourrait également s’étendre au transfert de savoir-faire et de technologies ainsi qu’à la création de projets productifs communs, ce qui permettrait d’accroître la valeur ajoutée des produits syriens et de renforcer leur compétitivité.
Chaabane a ajouté que le développement des relations commerciales entre les deux pays passe par l’identification des produits syriens susceptibles d’être exportés, la mise en place de canaux directs entre producteurs et acheteurs, ainsi que le développement de services logistiques, financiers et commerciaux permettant aux entreprises d’accéder à ces marchés.
Passer au stade des projets concrets
Chaabane a insisté sur le fait que le succès de cette visite sera mesuré par la capacité à passer du stade des accords de principe et des rencontres à celui de projets concrets, qu’il s’agisse d’investissements conjoints, de lignes de production, de contrats d’exportation ou de transferts de savoir-faire.
Il a précisé que cela nécessitera la poursuite des échanges entre les institutions gouvernementales et le secteur privé des deux pays, ainsi que la mise en place de mécanismes clairs permettant d’assurer le suivi des accords conclus et de les incarner en résultats concrets pour l’économie syrienne.
Le ministre al-Chaar avait effectué, le 17 de ce mois, une visite en Ouzbékistan à la tête d’une délégation économique afin d’examiner les moyens d’élargir la coopération commerciale, industrielle et en matière d’investissement, et d’ouvrir de nouvelles perspectives pour la réalisation de projets communs entre les deux pays.
Le ministre al-Chaar et le ministre ouzbek de l’Investissement, de l’Industrie et du Commerce, Laziz Kudratov, ont signé un mémorandum d’entente portant sur la création d’un comité économique et commercial mixte, soulignant qu’il offrira un cadre régulier pour le suivi des relations économiques et commerciales, l’échange d’informations, l’examen des opportunités d’affaires, le traitement des difficultés et la proposition de moyens permettant de développer les échanges et les partenariats entre les deux pays.
A.Ch.