Damas, (SANA) Abdel Razzaq Qantar, directeur des investissements au sein de l’Établissement public syrien des zones franches, a affirmé que la participation de l’Autorité générale des postes-frontières et des douanes, représentée par l’Établissement public des zones franches, à la 63ᵉ édition de la Foire internationale de Damas constituait une occasion particulièrement importante d’annoncer que les zones franches en Syrie ont repris vie, après des années de marginalisation et de destruction systématique sous le régime déchu.
Une relance des investissements et le dépassement de l’héritage du passé
Dans un entretien exclusif accordé aujourd’hui, samedi, à SANA, Qantar a expliqué que les pratiques du régime déchu à l’égard des zones franches appartiennent désormais au passé, grâce aux efforts déployés par l’Autorité générale des postes-frontières, en coopération avec les autres directions, institutions et parties gouvernementales.
« Les zones franches dans les différents gouvernorats syriens ont ainsi recommencé à reprendre vie, jusqu’à enregistrer, en un temps record, une activité d’investissement sans précédent dans leur histoire », a-t-il assuré.
Concernant les réalisations en matière de réhabilitation et de modernisation des infrastructures des zones franches, Qantar a indiqué que de nombreuses mesures stratégiques avaient été mises en œuvre au cours de la période écoulée afin de préparer les infrastructures à accueillir les investisseurs locaux, régionaux et internationaux.
Qantar a également évoqué les importants partenariats conclus pour développer les ports secs et le transport ferroviaire vers les zones franches. La première expérience a consisté à relier le port de Tartous à la zone franche d’Adra, une expérience réussie et très prometteuse.
Il a précisé qu’un travail était actuellement mené en coordination avec les parties concernées, notamment l’Établissement public des chemins de fer, afin d’identifier les besoins et de réhabiliter d’autres lignes ferroviaires. Une coordination est également en cours avec le ministère des Transports et d’autres parties afin de remettre en état les routes menant aux zones franches et d’en faciliter l’accès aux investisseurs.
Le maillon manquant des chaînes d’approvisionnement internationales
Concernant l’importance des accords conclus par l’Établissement public des zones franches, Qantar a estimé qu’ils constituaient un signe montrant que le monde commence à prendre conscience de l’importance de la position géoéconomique de la Syrie, en tant que maillon essentiel, voire maillon manquant, des chaînes d’approvisionnement internationales.
Selon lui, la Syrie commence aujourd’hui à proposer des solutions complémentaires aux corridors d’approvisionnement traditionnels et, dans certains cas, des itinéraires alternatifs lorsque ces corridors sont interrompus en raison de la situation dans la région.
Qantar a indiqué que l’un des accords les plus importants actuellement en voie de finalisation et de signature concerne la création d’une zone franche dans le gouvernorat d’Idleb.
Il a précisé que des contacts avaient déjà été établis avec de nombreuses parties, notamment en Turquie, dans le cadre de visites réciproques, et que des rencontres avaient eu lieu avec des investisseurs très intéressés par le marché syrien. « Des entreprises de dimension internationale ont également manifesté leur intérêt pour des activités dans la future zone franche d’Idleb, ainsi que dans d’autres zones franches du pays », a-t-il précisé.
Le directeur des investissements dans les zones franches a par ailleurs révélé que d’autres projets étaient actuellement en préparation, le niveau de la demande pour les zones franches ayant fortement augmenté et dépassé les prévisions, notamment en 2026.
Il a souligné que l’importance de la position géographique de la Syrie exigeait de mettre en place des infrastructures, des zones franches ainsi que des systèmes juridiques et réglementaires conformes aux meilleures pratiques internationales.
« Des projets portant sur plusieurs nouvelles zones franches sont ainsi en cours de préparation pour les prochaines périodes », a-t-il ajouté.
Six étapes et quinze jours pour permettre à l’investisseur de prendre possession de son projet
Qantar a déclaré : « Après avoir réexaminé les mécanismes de travail auparavant appliqués dans les zones franches en Syrie, nous avons apporté certaines modifications et développé le système de fonctionnement en nous appuyant sur les meilleures pratiques de la région et sur des expériences comparables adaptées au contexte syrien. Ainsi, un investisseur peut désormais, en six étapes et dans un délai de quinze jours à compter de la manifestation de son intérêt pour une zone franche donnée, prendre possession de son projet et commencer ses activités ».
Selon Qantar, les six étapes que doit accomplir l’investisseur sont les suivantes : choisir le site, remplir la demande d’attribution, déposer officiellement la demande auprès du guichet unique, préparer et recevoir le contrat, obtenir le registre du commerce et, enfin, prendre possession du site où l’activité sera effectivement exercée. « L’ensemble du processus ne dépasse pas quinze jours ouvrables et peut parfois être encore plus rapide », a-t-il noté.
Qantar a souligné que les équipes, aussi bien au sein de la direction générale de l’Établissement public des zones franches que dans les différentes succursales des zones franches, avaient assimilé ce processus et commencé à travailler de manière coordonnée.
« Toutes ces démarches sont par ailleurs réalisées auprès de l’Établissement public des zones franches dans le cadre d’un système de guichet unique, ce qui simplifie considérablement les procédures pour les investisseurs », a-t-il affirmé.
Qantar a ajouté : « Nous confirmons que l’image négative autrefois associée aux zones franches appartient au passé. Elles ne sont plus réservées à certaines personnes, mais sont ouvertes à tous les investisseurs intéressés. Les facilités sont accessibles à tous, quel que soit leur lieu d’activité ou la nature de leur projet. L’Établissement public des zones franches est prêt à soutenir tout le monde ».
Concernant l’importance de l’intégration institutionnelle et sociétale, Qantar a dit : « Nous ne pouvons pas travailler seuls. Notre devoir, en tant qu’administration, consiste à préparer le terrain grâce à des infrastructures modernes et à une législation incitative. Mais une responsabilité nationale incombe également à l’investisseur syrien : il doit travailler main dans la main avec nous afin que nous construisions et développions ensemble ces zones franches ».
Des taux d’occupation proches de 100 %
Qantar a révélé que les taux d’occupation des zones franches étaient en hausse. Certaines zones sont désormais entièrement occupées, avec un taux de 100 %, tandis que d’autres ont atteint 80 %, laissant encore environ 20 % des possibilités d’investissement disponibles. Dans certaines zones, le taux d’occupation devrait atteindre près de 90 % d’ici la fin de l’année en cours.
Il a également souligné que la Syrie suscitait un fort intérêt auprès des investisseurs arabes, régionaux et internationaux.
Il a toutefois estimé que les investisseurs syriens devaient être prioritaires et a exprimé l’espoir qu’ils soient toujours les premiers à saisir les opportunités, notamment parce qu’ils ont acquis, au cours des dernières années, une expérience considérable dans diverses zones franches des pays voisins ainsi qu’à l’échelle internationale. « La Syrie a aujourd’hui besoin qu’ils mettent cette expérience à son service », a-t-il précisé.
Qantar a également indiqué qu’une part importante des modifications apportées par l’Établissement aux systèmes de fonctionnement avait été élaborée à partir de propositions formulées par des investisseurs syriens, afin qu’ils contribuent, aux côtés de l’institution, à façonner l’avenir de la Syrie qui est une responsabilité collective.
Un environnement législatif moderne
Qantar a affirmé que l’une des principales priorités consistait à élaborer une nouvelle loi sur l’investissement.
Il a rappelé que le cadre juridique régissant les investissements dans les zones franches reposait sur la loi n° 40, modifiée en 2003. Depuis cette date, compte tenu des nombreuses évolutions et transformations survenues dans le monde, certaines dispositions de cette législation sont devenues obsolètes, tandis que d’autres ne permettent plus de répondre aux besoins actuels.
Et de poursuivre : « Après avoir consulté des investisseurs et des experts syriens et étrangers, et examiné les meilleures pratiques, nous avons enrichi, développé et modifié ce système, en y ajoutant de nouvelles dispositions et de nouveaux chapitres. L’investisseur syrien, arabe ou international constatera la différence : nous disposerons d’un système d’investissement moderne, conforme aux meilleurs modèles existant dans le monde, afin que les zones franches soient prêtes à soutenir tous les types d’investissements en Syrie ».
Qantar a révélé que la première version du projet de loi était prête et faisait actuellement l’objet de discussions au niveau de l’Autorité générale des postes-frontières et des douanes.
« Une fois cette étape achevée, le texte sera transmis aux parties concernées afin d’être examiné et adopté », a-t-il souligné. Il a émis l’espoir que son adoption intervienne prochainement, afin de pouvoir préparer les textes d’application et commencer à mettre la nouvelle législation en œuvre.
Les activités de la 63ᵉ édition de la Foire internationale de Damas se poursuivront jusqu’au 4 septembre prochain, avec la participation d’environ un millier d’entités représentant près de 60 pays.
Parmi les participants figurent des entreprises syriennes, arabes et internationales, ainsi que des ministères, des parties et établissements publics, des chambres de commerce, des conseils d’affaires et diverses institutions spécialisées dans l’investissement et les services.
A.Ch.