New York, (SANA) Le directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), Fatih Birol, a mis en garde contre l’aggravation des risques pesant sur la sécurité énergétique mondiale si les États‑Unis et l’Iran n’augmentent pas prochainement le flux pétrolier transitant par le détroit d’Ormuz.
Lors d’un événement organisé hier par le Council on Foreign Relations, Birol a souligé : « La sécurité des approvisionnements pétroliers demeure une question d’une importance cruciale, et nous devons être inquiets si la situation ne s’améliore pas dans les prochaines semaines ».
Facteurs ayant atténué la hausse des prix
Malgré la flambée des prix de l’énergie, Birol a expliqué que plusieurs facteurs ont contribué à en limiter l’ampleur, notamment les stocks chinois, dont le volume total dépassait un milliard de barils avant la guerre, ainsi que la réduction de la consommation de pétrole grâce à l’essor des véhicules électriques et des transports publics. Il a également rappelé le retrait coordonné de quelque 400 millions de barils des réserves stratégiques sous l’égide de l’AIE.
Birol a ajouté que l’augmentation de la production américaine — premier producteur mondial de pétrole et de gaz — d’un à deux millions de barils par jour de brut, a également joué un rôle, tout en soulignant que Washington ne peut pas accroître sa production d’environ dix millions de barils par jour.
Impact inégal de la crise dans le monde
Il a insisté sur le fait que ces solutions ne peuvent pas durer éternellement , précisant que la crise des approvisionnements en pétrole et en gaz a touché les économies mondiales de manière inégale. Les pays asiatiques, dépendants du détroit d’Ormuz à hauteur de 80 à 90 %, ont été les plus affectés, tout comme le Japon et la Corée du Sud. Les pays en développement tels que le Pakistan, le Bangladesh et l’Inde ont été parmi les plus durement touchés.
Birol a également évoqué les risques sanitaires potentiels dans certains pays en développement, où les populations se tournent vers des combustibles alternatifs comme le bois ou la bouse, entraînant une hausse des émissions nocives.
Réserves de l’AIE et pressions sur les marchés
Les prix du pétrole ont chuté d’environ 20 dollars le baril après le retrait coordonné des réserves en mars par l’AIE, une mesure qui a envoyé un signal aux marchés indiquant que l’agence, représentant plus de 30 pays, pourrait recourir à nouveau à ses stocks si la situation se détériorait.
À propos du retrait de 400 millions de barils, Birol a déclaré : « Malgré l’ampleur du chiffre, cela ne représente que 20 % des réserves dont nous disposons, et 80 % restent accessibles ».
L’AIE avait averti, le 10 juillet, que l’escalade récente des tensions entre les États‑Unis et l’Iran pourrait compromettre ses prévisions d’un passage du marché pétrolier mondial à un excédent l’année prochaine, dans un contexte de persistance des inquiétudes liées à la sécurité des approvisionnements.
am