Damas, (SANA) La saison du blé 2026 en Syrie offre des indices exceptionnellement positifs, une situation rarement observée depuis plusieurs années. Grâce à une saison marquée par des précipitations abondantes, les terres agricoles ont retrouvé leur vitalité et les conditions de croissance des cultures se sont nettement améliorées. Cette évolution a ravivé l’optimisme des agriculteurs et renforcé les espoirs d’une production importante susceptible de soutenir la sécurité alimentaire nationale.
Une saison pluvieuse exceptionnelle redonne vie aux champs
Au cours de l’hiver et du début du printemps, de fortes précipitations, ainsi que des chutes de neige sur les montagnes syriennes ont permis d’augmenter l’humidité des sols et d’améliorer les réserves d’eau de surface et souterraines. Cette situation a eu un impact direct sur les cultures pluviales, qui dépendent essentiellement des précipitations, notamment le blé et l’orge.
Dans son dernier bulletin consacré à la Syrie en 2026, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a souligné que l’amélioration des précipitations avait favorisé l’état des cultures céréalières, en particulier le blé et l’orge. Après plusieurs années marquées par la sécheresse et le déficit pluviométrique, les conditions climatiques favorables ont permis d’améliorer les perspectives de production, ainsi que la qualité des récoltes.
De son côté, la Banque mondiale estime, dans sa plus récente mise à jour sur l’économie syrienne en 2026, que la reprise du secteur agricole constitue l’un des principaux facteurs de renforcement de la sécurité alimentaire et de soutien à l’activité économique. L’institution souligne que l’amélioration des conditions climatiques et le retour à la production de vastes superficies agricoles pourraient contribuer à stabiliser les marchés alimentaires et à réduire les besoins d’importation.
Hassaké et la Jazira syrienne : le cœur de la production céréalière
Le blé demeure la culture stratégique la plus importante de Syrie. Il constitue la base de la production de pain et de nombreuses industries agroalimentaires, tout en représentant une source essentielle de revenus pour les populations rurales.
Le gouvernorat de Hassaké arrive en tête de la production nationale. Selon les estimations de la Direction de l’agriculture, la récolte de cette saison pourrait atteindre environ 1,025 million de tonnes, dont 725 000 tonnes issues des terres pluviales, pour une superficie totale cultivée d’environ 463 500 hectares.
Dans une déclaration à l’agence de presse SANA, l’ingénieur Ezzedine Al-Hasso, directeur adjoint de l’Agriculture à Hassaké, a indiqué que « l’abondance des précipitations et des chutes de neige a été le principal facteur ayant permis cette production record », ajoutant que les premiers résultats de la récolte témoignent de l’excellente qualité de la saison agricole.
L’orge a également enregistré des niveaux de production parmi les plus élevés depuis des décennies. Dans la partie sud du gouvernorat, le rendement moyen a atteint 400 kilogrammes par dunum, dépassant 450 kilogrammes dans certaines zones et atteignant même 500 kilogrammes par dunum dans d’autres exploitations. La production totale d’orge est estimée à près de 600 000 tonnes, issues de 268 000 hectares de cultures pluviales et 21 000 hectares irrigués.
Ces résultats confirment le rôle crucial de la région de la Jazira syrienne, qui englobe les gouvernorats de Hassaké, Raqqa, Deir Ezzor et une grande partie de la banlieue est d’Alep, en tant que principal grenier à céréales du pays et réserve stratégique pour la production agricole.
Début des récoltes et collecte des productions dans les gouvernorats
Dans les autres régions du pays, les opérations de récolte et de collecte du blé se poursuivent dans des conditions favorables, avec des perspectives encourageantes. Les centres de réception de Hama, Homs, Daraa, Lattaquié et Tartous ont commencé à accueillir les récoltes via un système de réservation électronique.
Le chef du district de Jabal Semaan à la Direction de l’agriculture d’Alep, l’ingénieur Abdel Razzaq Al-Taleb, a indiqué à l’agence SANA que « la saison actuelle a enregistré une bonne production de blé et d’orge grâce aux précipitations abondantes ».
Il a également précisé que les autorités compétentes suivent de près les opérations de récolte et délivrent aux agriculteurs les certificats d’origine nécessaires afin de faciliter la commercialisation de leurs produits vers les centres de collecte.
Dans le gouvernorat de Hama, les données officielles souligné que les quantités collectées devraient dépasser celles de la saison précédente, qui n’avaient pas dépassé 18 000 tonnes.
À Homs, la capacité de stockage du silo principal atteint 86 000 tonnes, tandis que les prévisions tablent sur la réception d’environ 25 000 tonnes au cours de cette saison.
À Daraa, les estimations de l’établissement syrien des céréales prévoient une production pouvant atteindre 106 000 tonnes, parallèlement à la remise en service du centre de Bosra al-Cham après plus de dix ans d’interruption.
Un espoir pour la sécurité alimentaire et les revenus agricoles
La saison actuelle du blé est considérée comme un levier important pour renforcer les stocks stratégiques de céréales du pays et améliorer les conditions économiques des agriculteurs. Elle intervient également dans un contexte marqué par le retour de nombreux exploitants à la mise en valeur de leurs terres après plusieurs années de difficultés et de défis.
Grâce à ces résultats prometteurs, le secteur agricole syrien retrouve progressivement son rôle essentiel dans le soutien à l’économie nationale et à la sécurité alimentaire.
André Chatta