Damas (SANA) Le ministre des Transports, Yaarub Badr, a affirmé que la Syrie s’efforce de reprendre son rôle historique de pont terrestre et de corridor régional pour le transit des marchandises entre l’Europe et le Golfe arabe, grâce à un ensemble complet de mesures et d’accords régionaux visant à revitaliser le trafic de transit et à développer les liaisons ferroviaires avec les pays voisins.
Point de connexion clé
Dans une déclaration faite dimanche au correspondant de SANA, le ministre des Transports a expliqué que la situation géographique de la Syrie avait longtemps constitué un maillon essentiel entre l’Asie, l’Europe et le Golfe arabe, lui conférant un rôle central dans le transport et le commerce régionaux, par voie terrestre comme ferroviaire.
Cette activité a toutefois décliné ces dernières années en raison des difficultés rencontrées par le secteur.
« Le gouvernement poursuit ses efforts pour réactiver les corridors de transit et simplifier les procédures de passage et de douane afin de garantir la fluidité du trafic routier, ce qui aura un impact positif et dynamisera l’activité économique régionale », a ajouté le ministre.
Il a souligné que ce rôle était particulièrement important avant 2011, le corridor terrestre reliant la frontière turque à la frontière jordanienne connaissant un trafic intense, avec entre 100 000 et 115 000 camions par an dans les deux sens à travers la Syrie. Ce corridor faisait partie d’un réseau commercial reliant la Turquie au Golfe arabe, en complément des routes commerciales reliant l’Europe aux États du Golfe.
Selon le ministre Badr, le secteur du transport ferroviaire a joué un rôle essentiel dans le soutien du commerce régional, avant que le transit par la Syrie ne soit perturbé après 2011, en raison de la rupture des relations avec les pays voisins et des dommages causés aux infrastructures.
Rétablissement du trafic de transport en commun
Le ministre Badr a fait noter que la reprise du transit routier avec les pays voisins est immédiatement possible, à condition que des accords globaux, prenant en compte les intérêts de ces pays, soient conclus, précisant que des efforts sont déployés pour renforcer ces accords avec la Turquie, la Jordanie et l’Arabie saoudite et pour lever les obstacles.
Le ministre des Transports a souligné que certains de ces accords sont mis en œuvre grâce au mémorandum d’entente récemment signé entre la Syrie, la Turquie et la Jordanie, ainsi que grâce aux résultats des discussions avec l’Arabie saoudite. Il a anticipé des résultats concrets concernant le transport routier de marchandises avant la fin de 2026.
Concernant le transport ferroviaire, le ministre a expliqué que la réactivation de ce secteur nécessitera plus de temps en raison des importants dégâts subis par l’infrastructure ferroviaire ces dernières années. Il a mentionné deux liaisons ferroviaires avec la Turquie, via les points de Maidan Ekbes et d’Al-Ra’i, qui nécessitent des investissements pour être remises en service.
Lien avec la Jordanie
Le ministre Badr a également souligné que la liaison ferroviaire avec la Jordanie se fait via l’ancienne ligne du Hedjaz, qui jouait un rôle essentiel dans le transport de marchandises avant 2011. Cependant, son exploitation a cessé en raison de dommages sur certaines parties de la ligne et de la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays.
Le ministre Badr a mentionné que la remise en état de la ligne du Hedjaz est possible avant fin 2026 « si le soutien turc promis est mis en œuvre ».
Il a souligné que le projet de réhabilitation du corridor terrestre entre la Turquie, la Syrie, la Jordanie et l’Arabie saoudite d’une part, et entre la Turquie, la Syrie et l’Irak d’autre part, revêt un grand intérêt pour le gouvernement syrien.
Soutien de la Banque mondiale
Le ministre Badr a révélé que des travaux sont en cours, en coopération avec la Banque mondiale, pour apporter un soutien technique et financier au renforcement du réseau ferroviaire syrien. Ce soutien, estimé entre 65 et 200 millions de dollars, sera octroyé sous forme de dons et non de prêts.
Il a expliqué que la priorité est de réactiver la ligne ferroviaire comme corridor de transit reliant la Turquie à la Syrie, la Jordanie et l’Irak.
En avril dernier, la Syrie, la Turquie et la Jordanie ont signé un mémorandum d’entente visant à développer les secteurs du transport et de la logistique, qui prévoit notamment la mise en place d’un cadre institutionnel et technique pour coordonner les efforts, unifier les procédures et transformer cette coopération en projets opérationnels soutenus par la numérisation et l’investissement.
L.a