Damas, (SANA) Le ministre Syrien des Finances, Mohammed Yisr Barnieh, a présidé la table ronde technique du Groupe des Amis de la Syrie pour discuter des priorités de relèvement et de reconstruction, en marge des réunions de printemps du Fonds monétaire international et du Groupe de la Banque mondiale à Washington.
Le ministère des Finances a indiqué, sur sa chaîne Telegram ce mercredi, que la délégation syrienne participante avait présenté le cadre gouvernemental pour le relèvement et la reconstruction. Un échange de vues a suivi, au terme duquel les participants ont convenu que le renforcement des capacités au sein des institutions syriennes — dans les domaines de la gestion des finances publiques, de la mobilisation des recettes, de la gouvernance du secteur bancaire, de la fourniture des services publics ainsi que des projets d’infrastructures et de reconstruction — constitue la base de tout relèvement durable.
Les participants ont affirmé que l’aide internationale destinée à la Syrie doit s’aligner sur la stratégie nationale syrienne afin de produire des résultats concrets et mesurables au bénéfice du peuple syrien.
Soutien international
L’Union européenne a présenté son cadre d’engagement et annoncé la tenue d’un dialogue de coordination de haut niveau à Bruxelles le 11 mai. Les pays nordiques, le Royaume‑Uni, l’Allemagne et l’Italie ont réaffirmé leur volonté de renforcer leurs engagements envers l’agenda syrien de réforme et de reconstruction, certains partenaires annonçant des contributions financières destinées à des projets d’infrastructures essentielles.
Le Fonds monétaire international a exposé le niveau croissant de son engagement avec la Syrie dans les domaines de la réforme des finances publiques, du secteur financier et de la banque centrale. Il a salué les progrès importants réalisés par l’État syrien pour renforcer la stabilité grâce à des politiques budgétaires et monétaires prudentes, tout en soulignant l’importance de préserver ces acquis en tant que fondement de la prochaine phase du relèvement économique.
Les représentants du Fonds saoudien pour le développement, de la Banque islamique de développement, du Programme des Nations unies pour le développement et de la Commission européenne ont confirmé leur soutien financier et technique aux programmes de renforcement des capacités, aux plans de relèvement, aux efforts de reconstruction, au projet « Syrie sans camps » et aux initiatives de lutte contre la pauvreté.
Les partenaires internationaux ont exprimé un soutien clair aux programmes de l’État syrien. Le Royaume d’Arabie saoudite a insisté sur l’importance des instruments de partage des risques et des garanties pour ouvrir la voie aux capitaux privés. La France a annoncé sa disposition à s’engager dans les projets de la Banque mondiale et du FMI en Syrie. Les États‑Unis ont évoqué la possibilité de fournir un appui en matière de renforcement des capacités et de formation dans les domaines de l’intégrité financière, de la mobilisation des recettes et de la réforme du secteur bancaire, tout en proposant que la Banque mondiale élabore un document conceptuel visant à coordonner l’assistance technique fournie par les bailleurs dans ces domaines.
Trois priorités pour la prochaine étape
Dans son allocution de clôture, le ministre Barnieh a défini trois priorités pour la période à venir : la centralité du renforcement des capacités, la gestion durable de la dette, la mobilisation accrue des dons et des financements concessionnels, ainsi que la promotion des investissements du secteur privé. Il a également proposé la création d’un fonds fiduciaire multi‑bailleurs qui constituerait l’outil principal pour orienter les ressources des donateurs vers les priorités du relèvement.
Le ministre a salué la proposition d’inviter l’ensemble des partenaires à une grande conférence internationale sur la reconstruction en Syrie, au cours de laquelle le gouvernement présenterait ses engagements en matière de réforme, sa préparation institutionnelle et sa capacité avérée à absorber et gérer efficacement les investissements. La communauté internationale y annoncerait les ressources et financements sur lesquels la Syrie pourrait compter pour planifier et mettre en œuvre son relèvement.
Ont participé à la réunion le vice‑président de la Banque mondiale pour la région Moyen‑Orient et Afrique du Nord, Ousmane Dione, ainsi que des représentants de haut niveau d’Arabie saoudite, de France, d’Allemagne, des États‑Unis, du Royaume‑Uni, d’Italie, de Suisse, des pays nordiques et de l’Union européenne, en plus du FMI, de la Banque islamique de développement, de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, de la Société financière internationale, du PNUD et du Fonds saoudien pour le développement.
Cette réunion constitue une étape déterminante dans la réintégration de la Syrie au sein des cercles financiers et de développement internationaux. Elle reflète l’image d’un État présentant une stratégie de relèvement intégrée, bâtissant des institutions responsables et appelant à un partenariat fondé sur la responsabilité mutuelle et des résultats mesurables.



AM.