Banlieue de Damas, (SANA) À Otaybah, dans la banlieue de Damas, 30 enfants de détenus et de disparus ont présenté 90 dessins et 17 histioires sur la perte et la mémoire, clôturant la sixième édition de l’exposition « Témoignages de douleur », la première organisée en Syrie.
Documentation de la vérité et raviver la mémoire
L’exposition a connu, durant deux jours, une large affluence et une forte interaction de la part des familles et des visiteurs avec les œuvres artistiques et les récits des enfants.
Les contributions ont été réunies dans un ouvrage documentaire intitulé « Petits visages et grandes histoires », tiré à 60 exemplaires, avec l’organisation et le parrainage de la Fondation « Graine de bien ».
La directrice exécutive de la Fondation et directrice de l’exposition a expliqué à SANA que cette sixième édition documente les témoignages des enfants de détenus et de disparus et préserve leurs histoires.

Elle a souligné l’importance de l’organisation de l’exposition, pour la première fois en Syrie, après des étapes précédentes au Liban, ainsi que de la publication locale de l’ouvrage pour la première fois.
« L’exposition a offert aux participantes un espace sûr pour exprimer la tristesse et la séparation, et transformer leur souffrance en œuvres visuelles et littéraires renforçant leur confiance en elles-mêmes et leur permettant de faire entendre leurs voix », a–t-elle fait savoir.
Le dessin… quand les émotions deviennent des tableaux
L’exposition a présenté les résultats d’une formation pratique au dessin, qui a duré quatre mois.
Les participantes y ont appris à utiliser le pinceau et les couleurs, et travaillé sur huit axes thématiques, notamment « Les fils de la mémoire », « Les murs de Sednaya parlent », « La fenêtre de l’espoir » et « Une chaise vide à la table de l’Aïd ».
La superviseuse de l’activité de dessin a expliqué que la formation a aidé les enfants à extérioriser leurs émotions et à transformer la douleur en messages visuels, renforcant leur confiance en elles-mêmes, leur sens de l’observation et leur capacité d’expression, les tableaux devenant un moyen de dire ce que la parole ne peut exprimer.

Quatre mois d’écriture… des enfants documentent leur mémoire
Durant quatre mois, les participantes ont été formées à l’écriture de récits réels afin d’archiver l’histoire orale par les écrits d’enfants et de les aider à surmonter les effets d’expériences difficiles.
Selon Soussane al-Hams, l’écriture a permis aux enfants, notamment les plus timides, d’exprimer avec sincérité leurs histoires, parfois en dialecte.

La relation amicale instaurée a favorisé l’expression de la tristesse, de la douleur et de la colère liées à la détention et à l’absence, dans une documentation collective atténuant leurs souffrances malgré le manque de prise en charge psychologique et sociale.
Des voix d’enfants en attente de vérité
Une particpante, issue d’une famille de disparus, a exprimé sa douleur dans son dessin, espérant que les familles connaîtront la vérité.
Une autre participante s’est dite fière de voir son récit imprimé, afin qu’il devienne une voix documentant la mémoire des enfants et exprimant l’attente des familles quant au sort de leurs proches.
Ib.i. / L.a.