Damas, (SANA) La graphie dîwânî jalî se distingue par un mouvement harmonieux où s’élancent les alif, s’inclinent les lettres et se répartissent points et ornements, pour donner à la ligne l’allure d’une barque équilibrée.
Le dîwânî jalî crée une œuvre liant force du trait et finesse ornementale, sur la base d’un héritage ottoman et une grande souplesse esthétique.

De la chancellerie aux expositions, il a préservé ses caractéristiques, offrant aux lettres une dynamique fluide sans perdre leur équilibre.
Des chancelleries de la sultanat aux tableaux
Le dîwânî jalî est une branche du style dîwânî née dans l’environnement ottoman, utilisée pour les firmans et les correspondances impériales avant de devenir un art autonome dans les tableaux calligraphiques.
Le dîwânî jalî partage certaines formes de lettres avec le dîwânî ordinaire, tout en se distinguant par l’abondance des ornements, la répartition des points arrondis et une composition compacte remplissant l’espace d’écriture.
Selon le Dictionnaire de l’écriture de Khudayr Sha‘bân, son apparition remonte à la fin du Xe siècle hégirien et est attribuée à Shahla Pacha.

Ce style requiert une maîtrise précise des espaces et du mouvement des lettres, son esthétique reposant sur l’harmonie entre lettres, points et ornements dans la composition complète.
Lettres qui se croisent dans un équilibre souple
La graphie dîwânî jalî se caractérise par une ligne souvent construite dans une composition fermée, remplie de lettres, d’ornements et de points arrondis, offrant une densité visuelle et un rythme équilibré.
Elle permet également au calligraphe d’étendre certaines lettres et de varier leurs tailles et leurs positions selon l’espace disponible et les exigences du composition, tout en respectant les règles et proportions du style.
Le calligraphe Abdel Nasser al-Masri explique à SANA que le dîwânî jalî est un style ottoman lié aux firmans et qu’il se distingue du dîwânî ordinaire par la forme de la ligne, la densité des ornements et des points.

« Le dîwânî offre une plus grande souplesse dans la taille et l’allongement des lettres, tandis que sa ligne reste fermée et adopte une forme proche de celle d’une barque, avec un caractère visuel plus marqué », a-t-il fait savoir.
Ces différences montrent que sa flexibilité ne rompt pas avec les règles du style, mais permet de redistribuer les éléments pour obtenir une composition équilibrée réunissant lettres, ornements et espaces.
Une école syrienne ravive la beauté de la lettre
Les calligraphes syriens ont contribué à renouveler le dîwânî jalî en développant le mouvement des lettres et en ajoutant des touches ornementales sans en faire des règles nouvelles.al‑Masri souligne que la beauté de ce style repose sur l’équilibre entre rigueur et souplesse.


Ib.I. / L.a.