Damas,(SANA) Les différentes régions syriennes se préparent chaque année à l’accueil des pèlerins avec des rituels traditionnels empreints de joie et d’affection. Leur retour devient une fête réunissant familles et voisins, tandis que rues et maisons se parent de décorations.
En dépit des changements et du passage du temps, ces coutumes restent présentes dans la mémoire populaire.
La continuité des traditions d’accueil, de l’époque ottomane jusqu’à nos jours
Dans son étude intitulée « La poésie des cortèges du pèlerinage à l’époque ottomane », publiée dans la revue de recherches de l’Université d’Idlib, la professeure Najwa Bahjat Qassas souligne que les traditions d’accueil des pèlerins en Syrie remontent à l’époque ottomane, lorsque Damas était une étape majeure des caravanes du pèlerinage.
Le retour des pèlerins était alors un événement très attendu. Aujourd’hui encore, malgré la modernité des moyens de voyage, les Syriens s’attachent à ces rituels à travers la décoration des maisons et des quartiers, les chants populaires et la distribution de douceurs, témoignant de leur attachement au patrimoine et aux liens sociaux.
Les transformations des décorations entre simplicité traditionnelle et touche moderne.
Les préparatifs commencent par la decoration des maisons et entrées, autrefois avec des ornements faits main, aujourd’hui avec des décorations modernes, tout en gardant leur symbole spirituel.
Le chercheur en patrimoine populaire, Mazen Sattout, indique dans une déclaration à SANA que certains anciens rituels consistaient à planter un Cyprès et à inscrire des messages de bienvenue, des pratiques profondément ancrées dans la mémoire visuelle du pèlerinage en Syrie
Le moment de l’arrivée… manifestation de joie et de chants populaires.
par les youyous, les chants et la ‘arada damascène, tandis que la famille et les voisins se rassemblent pour l’accueillir.
Le chercheur Mazen Darwish souligne que ces rituels, surtout avant les années soixante, exprimaient une forte solidarité sociale, car le pèlerinage était long et éprouvant, ce qui faisait du retour du pèlerin un événement exceptionnel méritant un accueil aussi large.

Des banquets sont organisés pour célébrer le retour du pèlerin, réunissant famille et voisins autour de plats traditionnels.
Dans certaines régions, un mouton est sacrifié et une partie de la viande est distribuée aux nécessiteux.
L’hospitalité se poursuit plusieurs jours avec des douceurs, des dattes et du café, transformant ces rencontres en moments de convivialité et de partage.
Les cadeaux et les bénédictions après le retour
Le pèlerin rapporte des cadeaux symboliques des lieux saints — comme l’eau Zamzam, les dattes, les chapelets et les parfums — qu’il offre à sa famille et à ses voisins en signe d’affection et de partage de la bénédiction.
Le chercheur Mazen Darwish souligne que ce “cadeau du pèlerinage” est une tradition profondément ancrée, dont la valeur dépasse le matériel pour aller au renforcement des liens et la convivialité entre les gens.

Les manifestations de solidarité dans l’accueil des pèlerins
Les rituels d’accueil des pèlerins en Syrie reflètent une profonde solidarité, où les habitants collaborent pour préparer la réception, offrir l’hospitalité et échanger des cadeaux ainsi qu’un soutien moral et matériel.
Dans les villages, de grandes manazil décorées sont installées pour accueillir les visiteurs, dans une scène qui incarne la cohésion et la solidarité sociale.
Rituels hérités reflétant l’esprit de la société syrienne
Ces traditions, héritées d’un passé profondément enraciné, renforcent l’identité syrienne et transmettent aux générations les valeurs d’affection et de solidarité.
En dépit des transformations économiques et sociales qu’a connues la société syrienne ces dernières décennies, ces rituels restent présents dans les détails de la vie quotidienne, comme une expression des valeurs spirituelles et humaines qui unissent les gens.
Ibi / L.a