Damas,(SANA) Les marchés autour des lieux saints conservent une forte présence d’artisanats traditionnels liés au pèlerinage, marqués notamment par l’influence du savoir faire syrien.
Depuis des siècles, le lien entre le Hedjaz et le Bilad al-Cham a créé un pont d’échanges où les artisanats syriens, imprégnés de la spiritualité des lieux sacrés, sont devenus partie intégrante de l’expérience du pèlerin à travers objets de dévotion et souvenirs symboliques
Des métiers qui préservent la mémoire du pèlerinage
Depuis les débuts de l’époque islamique, la position du Hedjaz comme halte des caravanes a favorisé l’émergence d’un riche environnement artisanal influencé par les métiers de Damas, d’Alep et des villes de l’Orient, ce qui s’est reflété dans les industries liées au pèlerinage.
Une étude de l’historien syrien, Dr Abdel Karim Rafiq, intitulée La caravane du pèlerinage chami et son importance à l’époque ottomane, indique que les caravanes du pèlerinage venant de Damas apportaient au Hedjaz des produits et artisanats syriens tels que les tapis, les parfums, les chapelets et les objets en cuivre, ce qui a consolidé au fil des siècles la présence des métiers syriens dans les marchés de La Mecque et de Médine ainsi que dans la culture du pèlerinage.
Dans une déclaration à SANA, le chercheur en patrimoine Adnane Tanbakji a expliqué que les métiers liés au pèlerinage constituent une extension historique de traditions profondément enracinées, ajoutant qu’ils ont évolué avec l’évolution même du mouvement du Hajj. Ils ont toujours été associés aux besoins des pèlerins, qu’il s’agisse d’aspects religieux ou de souvenirs.
Selon Tanbakji, la fabrication des tapis de prière se distingue comme l’un des métiers les plus liés au pèlerinage.
Elle s’est fait connaître au Levant par ses motifs islamiques et se tissait traditionnellement à la main en laine ou en coton, avant d’évoluer vers des modèles légers, pliables et parfois munis d’une boussole pour aider à fixer le Kibla.
Malgré la production mécanique répandue, le tapis artisanal conserve toujours sa valeur artistique et symbolique.
Chapelets et parfums… des symboles spirituels et une identité orientale
La fabrication des chapelets apparaît comme l’un des métiers les plus étroitement liés à la dimension spirituelle du pèlerinage, a indiqué Tanbakji.
Les chapelets traditionnels sont réalisés à partir de matières naturelles et passent par des étapes artisanales minutieuses, mais leur présence a été affectée par la production industrielle et la hausse des coûts
D’autres métiers liés au pèlerinage incluent les ouvrages en cuivre, les lanternes, les objets religieux miniatures ainsi que les parfums et l’encens.
Ces produits allient esthétique et spiritualité et servent de souvenirs reflétant l’expérience du Hajj.
Entre défis et préservation du patrimoine
Ces métiers ont largement contribué à soutenir l’économie locale, puisque les artisans et les petits ateliers dépendaient des saisons du Hajj et de la Omra comme source principale de revenus, en plus de quelques usines produisant chaque année de grandes quantités de tapis, de chapelets et de souvenirs, a affirmé Tanbakji.
Il a souligné que la commercialisation de ces produits se poursuit aujourd’hui dans les marchés traditionnels proches des deux saintes mosquées, ainsi que dans les boutiques modernes, les hôtels et les plateformes de commerce en ligne qui ciblent désormais les pèlerins avant même leur arrivée.
Ibi / L.a