Damas, (SANA) Chaque soir de Ramadan, le café Al‑Nofara à Damas ravive l’éclat du patrimoine de la ville. Le Hakawati puise dans les récits de l’histoire ancienne et fait voyager son auditoire à travers l’imaginaire des grandes épopées populaires, telles que des générations de visiteurs les ont écoutées dans les cafés il y a des centaines d’années.
La forte affluence autour du Hakawati d’Al‑Nofara continue de façonner l’ambiance du café durant le Ramadan. Petits et grands se rassemblent pour écouter celui qu’ils surnomment le “gardien de la mémoire populaire”, soulignant auprès de SANA l’importance de son rôle dans la revitalisation des valeurs patrimoniales et le renforcement de l’authenticité de l’identité syrienne.
Comme une ancienne télévision pour la société
Mohammad Yamen Al-Rabbat, fils du propriétaire du café Al-Nofara à Damas, a affirmé que le café a préservé la tradition du “ Hakawati ” comme un héritage historique vivant, particulièrement durant les nuits de Ramadan.
Ce lieu est devenu une destination pour ceux qui recherchent le parfum du patrimoine syrien et les souvenirs des ancêtres, ainsi que pour les touristes et les étrangers.
Il a souligné que le Hakawati représente un état authentique de divertissement patrimonial dans l’histoire des cafés populaires, et qu’il était autrefois “la télévision ancienne” pour la société

Al-Rabbat a souligné le souci du café de préserver ce patrimoine avec tous ses détails traditionnels, afin qu’il demeure un témoignage vivant de la mémoire collective et un pont reliant la nouvelle génération à ses racines civilisationnelles.
Un rituel damascène pour raviver la mémoire du lieu
Depuis son enfance, Adel Wattar fréquente les cafés de Damas, dont Al‑Nofara, pour écouter les récits du Hakawati hérités de ses ancêtres. Il considère ce café comme des espaces sociaux où l’on partage des histoires et des conversations du quotidien.
Il a souligné l’augmentation de l’affluence des touristes venus du monde entier pour retrouver la mémoire de ce lieu historique, notamment grâce à l’amélioration des services et de la sécurité dans les ruelles et cafés de la vieille ville de Damas après la libération.

L’histoire du Hakawati au café Al-Nofara
Le café Al-Nofara accueille des séances avec le Hakawati depuis plus de cent ans. Les anciens cafés de Damas comportaient dans leur désigne intérieur une estrade en bois recouverte de tapis ou de tissu, où s’asseyait le Hakawati tandis que le public se rassemblait autour de lui.
Il est à noter que la profession de “Hakawati” a prospéré dans les cafés damascènes depuis la fin du XIXᵉ siècle, servant de plateforme pour raconter les épopées populaires et les récits historiques dans un style captivant faisant partie intégrante de la mémoire sociale. Le Hakawati utilisait une voix puissante et des gestes expressifs pour attirer le public. Cependant, cette profession a connu un net déclin ces dernières années avec les avancées technologiques et l’apparition des réseaux sociaux.




Ib.I./ R.F.