Damas, (SANA) Le ministère de la Culture du Qatar a lancé hier soir l’ouvrage « Brises de jasmin … des fleurs de Damas qui ne se sont pas fanées », offert au peuple syrien. Cet ouvrage documentaire retrace les événements de la révolution syrienne à travers témoignages et documents, lors des activités du salon international du livre de Damas.
Documentation de la révolution syrienne
Jassim Salman du ministère qatari de la Culture a expliqué que l’idée du livre venait du ministre de la Culture, Sheikh Abdulrahman bin Hamad bin Jassim Al Thani, comme un cadeau à la Syrie. L’objectif est de consigner le sang des martyrs, les sacrifices et les souffrances du peuple syrien pour la liberté et la dignité. La mémoire y est présentée comme une « piège des tyrans » qui dévoile les crimes et empêche l’oubli.
Salman a souligné que le projet est le plus vaste de son genre, rassemblant toutes les composantes de la société syrienne et mettant en lumière l’éclat civilisationnel de la Syrie depuis l’aube de l’histoire. Il documente les événements dans les rues, les camps, les fosses communes, mais aussi les châteaux et palais, reflétant la beauté et la grandeur du pays.
Témoignages des survivants
Le livre inclut des centaines de sites photographiés, parfois détruits, tels que Baba Amr à Homs, le camp de Yarmouk, Zamalka, Tadamon et La prison de Saydnaya, ainsi que des lieux de culte. Il rassemble des témoignages bouleversants d’anciens détenus, de survivants des attaques chimiques et d’histoires d’exécutions, de tortures et de drames humains. Salman a insisté sur l’importance de la mémoire pour résister à l’oubli systématique et au récit falsifié du régime déchu.
Documentation, mémoire et justice transitionnelle
L’écrivain et romancier Nabil Suleiman, qui a contribué à l’ouvrage, a évoqué sa propre expérience de lutte contre l’oppression culturelle et politique, ses œuvres interdites et son emprisonnement. Il a exprimé sa vision d’une Syrie future fondée sur la liberté, la démocratie et la justice transitionnelle.
L’écrivain Sabi’ al‑Sibaï, également contributeur, a relaté ses années de détention dans les prisons du régime déchu, exprimant sa douleur à travers des poèmes empreints d’émotion.
Hommage aux auteurs du livre
À l’issue de la rencontre, en présence du ministre syrien de la Culture Mohamad Yassin al‑Saleh, le ministère qatari de la Culture a honoré plusieurs personnalités ayant participé à l’élaboration du livre, dont les intervenants précédents, ainsi que Raghid al‑Tatari, Amr al‑Khalaf, Randa al‑Masri et Moumen al‑Khouli.
Al‑Sibaï a souligné l’importance de ce geste de reconnaissance, le considérant comme une étape juste envers ceux qui ont résisté aux massacres. Raghid al‑Tatari, doyen des prisonniers syriens, a affirmé que tout le peuple syrien mérite cet hommage.
Ce livre est considéré comme l’une des publications majeures réalisées par le ministère qatari de la Culture, car il rassemble des témoignages vivants qui documentent les souffrances des Syriens durant les années de la révolution.







AM.

