Damas-SANA / La citadelle de Damas est l’un des monuments archéologiques les plus importants de Syrie et l’une des plus grandes forteresses historiques de la vieille ville de Damas. Elle se situe à l’angle nord‑ouest des remparts de la vieille ville, entre Bab al‑Faradis (au nord) et Bab al‑Jabiya, entourée d’un fossé d’environ 20 mètres de large.
Elle fait partie de la vieille ville de Damas, inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1979.
Histoire de la construction de la citadelle
Aux débuts seldjoukides (XIᵉ siècle), le premier fort sur l’emplacement actuel fut édifié en 1076 par le prince turkmène Atsiz ben Aûq al-Khwarizmî.
Après l’assassinat d’Atsiz, le prince seldjoukide Tutuş ibn Alp Arslan poursuivit les travaux, achevés probablement à la fin du XIᵉ siècle.
À cette époque furent construits des ouvrages défensifs importants : tours, murailles et portes.

Certaines sources indiquent que des pierres utilisées provenaient de vestiges de murailles romaines, bien qu’aucune preuve définitive n’atteste l’existence d’une forteresse romaine sur le site.
Durant la période ayyoubide (XIIᵉ – XIIIᵉ siècles), vers 1202, le roi ayyoubide Al-Adil Abu Bakr ibn Ayyub entreprit de démolir la citadelle seldjoukide pour en bâtir une nouvelle, plus moderne.
Les travaux se poursuivirent jusqu’en 1216 environ ; la nouvelle forteresse fut conçue comme un bastion très solide, adapté aux évolutions militaires de l’époque.
Sous les Ayyoubides, la citadelle devint siège du pouvoir et bénéficia d’améliorations dans ses défenses, ses tours et ses portes.
Pendant la période mamelouke, ottomane et au‑delà, notamment en 1260, les Mongols s’emparèrent de Damas sans détruire totalement la citadelle ; après leur chute, les Mamelouks reprirent le contrôle.
Sous les Mamelouks, d’importantes restaurations furent réalisées sur les murs, les tours et les portes.
En 1401, la citadelle subit une attaque de Tamerlan (Timour Lang), causant de graves destructions, suivies de reconstructions.
À l’époque ottomane, après la prise de Damas en 1516, la citadelle passa sous leur domination et servit à des fins militaires, notamment comme caserne.
Au XXᵉ siècle, durant le mandat français puis après, elle conserva des usages militaires avant d’être transformée en site archéologique.
Importance historique et culturelle
Quant au symbole de pouvoir et d’histoire et à travers les siècles, la citadelle de Damas fut un centre de pouvoir, notamment sous les Ayyoubides et les Mamelouks, où elle servait de résidence aux sultans et émirs.
Architecture militaire islamique
La citadelle de Damas constitue un exemple majeur d’architecture militaire islamique, avec des défenses (murailles, tours, fossés) conçues pour résister aux assauts du Moyen Âge.

Concernant le rôle stratégique, son emplacement à l’angle nord‑ouest de la vieille ville, près du Barada, lui permettait d’organiser la défense de Damas et de surveiller les accès aux remparts.
Cette citadelle constitue un patrimoine mondial et elle est intégrée à la vieille ville de Damas, tout en reflétant l’histoire millénaire de la cité.
A propos de son rôle moderne, aujourd’hui, la citadelle relève de la Direction générale des antiquités et des musées de Syrie, où se poursuivent des travaux de restauration et des recherches archéologiques.
Des efforts continus sont menés pour préserver et restaurer la citadelle, qui constitue un site essentiel pour le tourisme culturel et la recherche scientifique.
La citadelle de Damas n’est pas seulement une ancienne forteresse militaire : elle témoigne des grandes transformations politiques, du règne des Seldjoukides à celui des Ayyoubides, puis des Mamelouks et des Ottomans, et incarne la puissance et la profondeur historique de Damas.
Son patrimoine architectural reflète le savoir‑faire de l’ingénierie islamique ancienne, et son rôle militaire en fit un lieu convoité par les rois et les sultans.
Aujourd’hui, face aux défis de la modernité, elle demeure un symbole patrimonial et civilisationnel qui mérite protection et soutien.

A.Ch.