Damas, (SANA) Vingt-cinq ans plus tard, l’artisan Ziad Al-Chayeb exerce toujours le métier de fabrication de lustres en cuivre, un métier hérité de ses pères et grands-pères, portant entre ses mains le secret d’un ancien artisanat damascène, qui ne se mesure pas tant à sa valeur matérielle qu’à ce qu’il représente d’histoire, d’identité et de beauté.
Artisanat hérité
Au cœur de l’incubateur du patrimoine de Dummar à Damas des lustres en cuivre sont suspendus dans l’atelier de l’artisan Ziad Al-Chayeb, véritables chefs-d’œuvre artistiques qui reflètent l’esprit de l’art islamique authentique, où des feuilles de cuivre jaune sont transformées en pièces lumineuses après une longue période de travail manuel méticuleux, commençant par la gravure et le creusement, et ne se terminant que lorsqu’un panneau artistique complet est achevé.

Al-Chayeb affirme que cet artisanat, qui remonte au XVIIe siècle, est encore pratiqué de façon traditionnelle, sans intervention de machines, ce qui confère à chaque pièce un caractère unique et inimitable.
Chaque coup de marteau, selon sa description, porte l’empreinte d’années d’expérience, et chaque décor imite les détails de l’architecture damascène, riche en coupoles.
Philosophie du décor
L’originalité de cet artisanat dépasse la simple forme et s’étend à la philosophie même du design. Al-Chaib façonne chaque lustre avec une méticulosité extrême afin qu’il s’intègre parfaitement à son environnement, qu’il s’agisse d’une maison, d’un sanctuaire ou d’un palais, après une étude approfondie garantissant son harmonie avec les lieux. Ainsi, chaque pièce porte un nom distinctif, souvent lié à un site historique ou à un style architectural renommé, ce qui lui confère une dimension culturelle supplémentaire.
Malgré la simplicité des outils utilisés, fabriqués artisanalement dans l’atelier, la réalisation d’une seule pièce exige beaucoup de temps et d’efforts.
Il faut compter entre vingt et vingt-cinq jours pour confectionner un lustre si un seul artisan s’en charge, tandis que ce délai peut être réduit lorsque les tâches sont réparties entre plusieurs artisans, comme l’a expliqué Al-Chayeb.
L’exportation ouvre la voie à la continuité
Al-Chayeb estime que, compte tenu de la faible demande sur le marché local pour ce secteur en raison du prix élevé d’une seule pièce, qui peut atteindre des milliers de dollars, l’exportation représente une lueur d’espoir, car ces produits jouissent d’une forte demande dans les pays du Golfe, en Europe et aux États-Unis, en raison de leur valeur artistique et patrimoniale distinctive.
L’artisanat traditionnel de Damas constitue une composante essentielle de l’identité culturelle de la ville.
Lié depuis des siècles à son histoire urbaine et sociale, il a accompagné l’évolution des modes de vie.
Parmi ces artisanats, le travail du cuivre est particulièrement remarquable, de par sa valeur esthétique et fonctionnelle, ainsi que son lien avec les arts islamiques et les ornements orientaux.
Malgré les défis auxquels ce secteur est confronté, notamment l’évolution des modes de consommation et la hausse des coûts de production, ces métiers d’art continuent de persister grâce aux efforts d’artisans qui s’efforcent de transmettre leur savoir-faire de génération en génération et de préserver les techniques traditionnelles face à la modernité.


L.A.
