Damas, (SANA) – Avec le début du mois sacré du Ramadan, les villes côtières syriennes se transforment en un lieu de festivités vibrantes, marquées par des décorations folkloriques, des réunions de famille et des plats qui évoquent l’identité culinaire de la région.
Le premier jour du jeûne, les tables de l’iftar débordent de recettes traditionnelles qui témoignent du lien profond unissant la côte,la mer et la campagne
Il n’y a pas de menu unique pour ce jour-là. Les repas varient selon les coutumes familiales et les conditions économiques, notamment à l’ombre des prix élevés et des coupures d’électricité. Malgré tout, de nombreuses familles conservent des recettes transmises de génération en génération.
Le poisson en vedette des plats à Tartous
À Tartous, la préparation de poisson le premier jour du Ramadan reste une tradition bien ancrée. La proximité de la mer fait du poisson un aliment de base, apprécié pour ses bienfaits nutritionnels après de longues heures de jeûne. L’arôme du poisson frit ou grillé à l’ail et au citron embaume les rues avant le coucher du soleil, avec de salades, de soupes et d’en-cas légers.
Parmi les plats les plus représentatifs figure la sayadiyah, une recette emblématique de la cuisine locale des fruits de mer. Il en existe deux versions principales :
La sayadiyah jaune, préparée avec le riz assaisonné au curcuma ou au safran et servie sur le poisson frit
La sayadiyah rouge, où les oignons sont dorés à point, le poisson est bouilli et son bouillon sert à cuire du boulgour, qui est servi avec le poisson.
boulgour et blettes : saveurs de Lattaquié
À Lattaquié, de nombreuses tables regorgent de plats à base de boulgour, de farine et de légumes d’hiver, notamment de blettes. On y trouve notamment des kibbeh de blettes, des beignets et des pâtisseries traditionnelles. Le boulgour aux pois chiches est servi comme plat principal, accompagné de yaourt, de soupe et de boissons maison comme du jus de caroube ou de tamarin.
D’autres plats traditionnels sont également courants, comme le kibbeh aux blettes, composé de boulettes de boulgour fin mélangé à la farine et au sumac, frites à l’huile d’olive avec des oignons, ainsi que le boulgour aux pois chiches et au poulet, assaisonné de l’huile locale qui lui confère sa saveur traditionnelle.
Une tradition fait face aux défis
Le patrimoine culinaire côtier perdure grâce à la transmission des recettes de génération en génération. Outre les plats principaux, les tables du Ramadan proposent des boissons comme la réglisse et le tamarin, ainsi que des douceurs typiques telles que la harissa, le pudding de carottes et l’halva concassé.
Cependant, la hausse des prix alimentaires et les difficultés économiques ont contraint à simplifier certaines préparations, affectant la variété et la quantité des plats. Malgré cela, l’essence du Ramadan demeure : les familles se réunissent autour de la table et renouvellent leurs liens de solidarité et de convivialité.
Sur la côte syrienne, le mélange de poisson avec le boulgour et les recettes traditionnelles reste le symbole de l’identité culinaire, accompagnant chaque année l’arrivée du mois sacré.
W.H./R.B.
