Tartous, (SANA) La Syrie est l’un des pays les plus riches au monde en antiquités. Elle abrite des sites historiques qui remontent aux plus anciennes civilisations humaines depuis des millénaires.
Notre étape aujourd’hui est à Tell Kazel.
La localisation géographique actuelle de Tell Kazel
Au sud de la ville de Tartous, dans la plaine d’Akkar sur la rive droite du fleuve Abrach, s’élève Tell Kazel, anciennement connu sous le nom de Simyra, comme l’un des monuments historiques les plus remarquables de la côte syrienne.
Il est considéré comme l’une des collines archéologiques les plus grandes de la région, avec ses aspects civilisationnels qui affirment l’authenticité de l’histoire et l’importance stratégique du site.
Les caractéristiques architecturales
Ce site se distingue par son étendue, sa hauteur et sa superficie au sommet dépassant 40 dounams. Il est entouré de flancs abrupts indiquant l’existence d’une muraille défensive ovale s’élèvant environ 25 mètres au-dessus de la plaine voisine, ce qui renforce son caractère de forteresse.
L’importance historique
D’après l’encyclopédie numérique arabe consacrée à la culture, l’histoire, les sciences et la politique dans le monde arabe « Marefa », la cité de Simyra est mentionnée dans les campagnes assyriennes, les écrits grecs, les lettres d’Amarna en Égypte et la Bible, ce qui reflète son importance historique et religieuse.
Certains princes et même les pharaons égyptiens l’utilisaient comme lieu de villégiature dans leur royaume en raison de sa nature et son climat.
À l’époque Phénicienne, elle constituait une région autonome, gouvernée indépendamment comme les autres provinces voisines.

Dans l’Antiquité, elle fut soumise aux campagnes de Thoutmôsis III, puis dominée par les Amorrites et les Assyriens, devenant une partie du royaume d’Amurru.
À l’époque romain , elle fut assiégée et incendiée mais ne tomba pas grâce à ses fortifications.
Le témoignage des historiens
L’historien grec Strabon a indiqué que la cité de Simyra était la dernière possession du royaume syrien d’Arwad au sud de la côte, ce qui souligne son importance stratégique dans les anciennes ères.
La présence humaine
L’homme a habité Tell Kazel depuis le IXe millénaire avant J.-C., laissant des poteries et des outils en pierre cuite.
La région formait un vaste réseau archéologique comprenant des sites principaux tels que Tell Arqa et Tell Jamous, ainsi que des sites périphériques plus petits.
Parmi les principales périodes d’occupation figurent : L’Empire byzantin, l’Époque hellénistique, ainsi que la fin du IIIe millénaire et le début du IIe millénaire av. J.-C.
Les fouilles et découvertes
Les fouilles archéologiques ont commencé en 1956 et confirmé l’existence de couches datant des époques romaine, hellénistique, de l’âge du fer et de l’âge du bronze.
Les découvertes récentes ont révélé des murs de temples, des pièces d’habitation, des sols pavés et des entrepôts, ainsi que des poteries, de petites statues, des outils en basalte, des colliers phéniciens en perle, des pièces de bronze, et des objets remarquables, tels qu’une perle égyptienne en forme de scarabée, reflétant la richesse du site et la diversité des civilisations successives.
Tell Kazel continue à être un témoin vivant de la succession des civilisations sur la côte syrienne, reliant un passé prestigieux au présent et affirmant la place de la Syrie comme terre d’histoire et d’humanité.



Ibtissam Ibrahim / L.Arfi