Toronto,( SANA)- Au cœur de la tempête syrienne, où la voix de la liberté s’est mêlée au vacarme des obus, des femmes syriennes ont porté sur leurs épaules le fardeau de la patrie, transformant la douleur en énergie créative et la souffrance en pont vers l’espoir.
La révolution syrienne n’a pas été seulement une histoire d’hommes dans les cours, mais aussi celle de femmes qui ont défié la peur et se sont tenues en première ligne, écrivant avec leurs larmes et leurs voix de nouveaux chapitres de l’histoire de la Syrie.
La femme syrienne a prouvé que la créativité ne naît pas seulement dans un environnement stable, mais qu’elle peut éclater dans les circonstances les plus sombres, illuminant le monde par des histoires de courage et de résistance et affirmant que la liberté n’a pas de genre : elle est un droit humain partagé par les femmes et les hommes.
Parmi les femmes qui se sont distinguées durant la révolution syrienne, figure Yara Bader qui s’est imposée comme journaliste et militante des droits humains, connue pour son travail au Centre syrien pour les médias et la liberté d’expression aux côtés de son mari, l’avocat et militant Mazen Darwish.
Ses créations durant la révolution syrienne
Il est mentionné dans une publication antérieure du Réseau international d’échange d’informations sur la liberté d’expression (IFEX), que la journaliste et militante des droits humains, Yara Bader a consacré sa vie à défendre la liberté d’expression et les droits de l’homme, en révélant les arrestations, les violations et les tortures pratiquées par le régime déchu contre les voix indépendantes, dont son mari, l’avocat Mazen Darwish.
Le réseau a précisé que Bader s’est concentrée sur le soutien nécessaire aux journalistes et aux professionnels des médias en Syrie et dans les pays voisins, déployant de grands efforts pour créer un environnement où ils peuvent travailler librement et sans peur, tout en lançant de vastes campagnes internationales pour les soutenir et renforcer leur présence face aux défis.
Bader a déclaré dans une allocution qu’elle a prononcée lors de l’ouverture du Tribunal populaire pour enquêter sur les meurtres de journalistes à La Haye que la responsabilité des crimes commis contre les journalistes est la seule manière de garantir la souveraineté du quatrième pouvoir et sa capacité à agir librement.

Dans une interview vidéo avec le groupe de défense des droits des femmes « Liberated T », dans le cadre de leur campagne « Je suis une femme », Badr a déclaré : « Je suis une femme. Cela fait partie de moi lorsque je rêve, je travaille et je voyage. Je suis une femme. »
L’arrestation
Au mois de février 2012, Yara a été arrêtée avec 14 employés du Centre syrien indépendant pour les médias et la liberté d’expression, parmi eux son mari, l’avocat Mazen Darwish, et la militante Razan Ghazzawi, lors d’une descente menée par les services de renseignement de l’armée de l’air syrienne au siège du centre à Damas.
Yara a été libérée quelques jours après sa détention avec huit autres personnes, accusée de « possession de publications interdites ».
Son mari Mazen Darwish et trois de ses collègues ont été accusés de « promotion des attaques terroristes » et ont subi une disparition forcée pendant neuf mois avant d’être transférés dans une prison à Damas, au milieu de rapports sur les tortures qu’ils avaient endurées.
En août 2015, lorsque son mari a été libéré, Yara et lui ont été contraints de quitter le pays pour s’installer à Berlin, en Allemagne, où ils ont poursuivi leur activité en faveur des droits de l’homme et voyagé dans plusieurs pays pour réclamer justice pour le peuple syrien.
Bader a continué ses activités en Europe malgré l’exil, pour devenir la voix des Syriens qui ne peuvent s’exprimer à l’intérieur du pays.
Récompenses et Prix
De nombreuses organisations internationales de défense des droits humains, telles que Human Rights Watch, IFEX et Amnesty International, ont honoré Yara en reconnaissance de ses efforts pour mettre en lumière les détenus syriens et la politique de bâillonnement pratiquée par le régime syrien, malgré les risques qui menaçaient sa sécurité.
Yara a reçu en 2012 le Prix Ilaria Alpi des journalistes courageuses.
En 2015, Human Rights Watch l’a honorée du Prix Alison Des Forges pour son engagement exceptionnel, en reconnaissance de son grand courage et de sa détermination à défendre les détenus syriens malgré les graves dangers qui menacent sa sécurité.
Elle a également reçu en 2015, en Lettonie, un Prix de l’UNESCO pour la liberté de la presse mondiale au nom de son mari Mazen Darwish lors des célébrations de la Journée mondiale de la liberté de la presse.
Ainsi, Badr est un exemple pour la femme syrienne qui a transformé la souffrance en force et fait de la révolution une occasion de créativité dans la défense de la liberté et de la dignité humaine.
Sa voix est restée le témoin que la Syrie n’est pas seulement des barils explosifs ou de la répression, mais aussi une volonté libre réclamant la dignité et la justice.
Ibtissam ibrahim/R.Bittar