Damas, (SANA) – Les États-Unis ont annoncé leur retrait de dizaines d’organisations internationales, dont celles œuvrant à la lutte contre le changement climatique, marquant un tournant radical dans leur politique étrangère.
Annonce officielle : les priorités redéfinies
Le président américain, Donald Trump, a signé, un décret ordonnant le retrait des Etats-Unis de 66 organisations internationales qui « ne servent plus les intérêts américains », a annoncé la Maison Blanche dans un message sur le réseau social X.
« Les États-Unis ne financeront plus les institutions qui agissent contre leur souveraineté ou qui ne respectent pas les priorités de leur peuple », a déclaré M. Trump. Il a ajouté que cette décision vise à privilégier les intérêts nationaux et ne représente pas un rejet de la coopération internationale, mais plutôt d’engagements déséquilibrés qui ne produisent pas de résultats concrets.
Le Département d’État justifie le retrait
Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a déclaré sur les réseaux sociaux que cette mesure concrétise « une promesse clé » du président Trump : cesser de soutenir les « bureaucrates internationaux » qui vont à l’encontre des intérêts du pays. Il a souligné que cette décision est souveraine et irréversible et a réaffirmé que l’administration privilégiera toujours les États-Unis et leurs citoyens. Réactions initiales de l’ONU
Richard Gaon, directeur du Groupe de crise international des Nations Unies, a déclaré que les États-Unis abandonnaient des organisations liées au droit international, au développement économique, à la coopération environnementale et aux droits des femmes.
Simon Steel, secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, a averti que le retrait des États-Unis de cet accord aurait des conséquences pour le pays : « moins sûr et moins prospère », en plus d’affecter l’économie, l’emploi et le niveau de vie.
Trump, qui a eu des différends récurrents avec l’ONU, a remis en question son rôle lors de l’Assemblée générale, affirmant que, malgré son potentiel, « en fin de compte, elle ne fait que parler ».
Ces retraits ont des répercussions sur la santé, la culture et les droits humains
Les États-Unis se sont déjà retirés de l’UNESCO, et Trump a annoncé son intention de se retirer de l’OMS et de l’Accord de Paris sur le climat. Les experts soulignent que ces mesures témoignent d’un changement de cap qui dépasse le simple cadre de désaccords financiers ou administratifs.
Actuellement, les États-Unis contribuent à hauteur d’environ 8 % au budget de l’UNESCO, contre 20 % lors du premier mandat de Trump, période durant laquelle il avait temporairement suspendu son financement. Répercussions pour les pays en développement
Des analystes avertissent que la réduction ou le retrait des fonds américains affectera de manière disproportionnée les pays en développement, ralentissant les progrès en matière de santé et de nutrition, affaiblissant la coordination internationale et accroissant leur vulnérabilité aux crises sanitaires et autres.
Débat interne et redéfinition du rôle des États-Unis
Cette décision a suscité un vif débat national. Ses détracteurs estiment qu’elle affaiblit l’influence américaine à long terme, tandis que ses partisans la jugent nécessaire pour freiner le gaspillage des fonds publics.
Amanda Klassen, de Human Rights Watch, a qualifié cette décision de consolidation de l’approche sélective de l’administration américaine en matière de droits humains.
La presse américaine a également remis en question cette décision. Le Washington Post a souligné que ce retrait reflète un déclin de la coopération internationale dans des domaines allant du changement climatique au commerce du coton, y compris au sein d’organismes moins connus comme le Comité consultatif international du coton, actif depuis près de 90 ans.
Le système international face à une nouvelle épreuve
Les experts considèrent le retrait américain comme un tournant décisif dans les relations internationales. Entre la priorité accordée par les États-Unis à la souveraineté et l’inquiétude mondiale face à l’affaiblissement du multilatéralisme, le système international est confronté à un défi susceptible de redéfinir l’équilibre des pouvoirs et les mécanismes de coopération dans les années à venir.
W.H./ L.S.