Damas, (SANA) – Les 8, 9 et 10 janvier, l’Opéra de Damas a accueilli le spectacle théâtral monodramatique « Sonate du printemps », écrit par Jamal Adam, interprété par Mazen Al‑Natour et mis en scène par Maher Salibi. Portée par une narration en solo, la pièce revisite des épisodes de l’histoire syrienne durant l’époque du régime déchu, à travers le regard intime du protagoniste.
Retour après douze ans d’absence
Mazen Al‑Natour, de retour sur scène après près de douze années d’interruption, a insufflé au spectacle une énergie nouvelle. Son interprétation oscille entre une tragédie poignante et des touches de comédie subtile.
Abou Hassan, héros de la pièce, se retrouve confronté à une situation qui le mène à l’arrestation et à la torture dans les services de renseignement du régime déchu, simplement pour avoir refusé de faire réussir la fille d’un enseignant dans le département d’histoire où il exerce comme professeur.
Un spectacle qui résume les douleurs des Syriens
L’acteur Al‑Natour a déclaré à SANA : « La pièce Sonate du printemps est un monodrame, c’est‑à‑dire un spectacle porté par un seul acteur. Nous l’avons présentée aux Émirats arabes unis, né d’un cri intérieur au cœur de chaque Syrien ». Il a ajouté que chacun, à sa manière, contribue à soutenir et à appuyer la révolution syrienne.
« Nous avons joué la pièce au Festival de Fujairah du monodrame, aux Journées théâtrales de Sharjah et à Abou Dhabi. Notre rêve, depuis l’aube de la révolution, était de la jouer en Syrie. Ce rêve s’est réalisé après la libération. En résumé, elle raconte les souffrances des Syriens sous la domination du régime déchu ».
Concernant le titre, l’acteur a précisé que la sonate, forme musicale choisie par l’auteur, symbolise « la chanson du printemps arabe ». Il a également indiqué que des démarches sont en cours pour présenter la pièce dans d’autres gouvernorats, afin qu’elle devienne un message partagé par tous les Syriens.
Une mise en scène créative
Le critique Mohammad Mansour, quant à lui, s’est exprimé auprès de l’agence SANA : « le metteur en scène Maher Salibi a su enrichir le spectacle par des éléments créatifs essentiels, comblant le vide que peut générer le monodrame en tant que défi artistique ».
La pièce s’est conclue par l’évocation du défunt écrivain Mohammad Al‑Maghout dans un texte poétique projeté à l’écran, parallèlement à l’annonce du déclenchement de la révolution syrienne avec la phrase : « Le peuple veut la chute du régime ».
R.S./ R.F.