Paris, (SANA) – L’artiste syrien Najah Albukaï, Réfugié politique en France depuis 2015, a raconté l’enfer des prisons syriennes dans ses œuvres.
En décembre, il a présenté son travail de mémoire aux élèves de terminale du lycée Notre-Dame de Fontenay-le-Comte (Vendée), décrivant à travers ses dessins et gravures l’horreur qu’il avait vécue dans les prisons du régime de Bachar al-Assad, qu’il a connu de l’intérieur pendant près de trois ans.

Selon Ouest-France, un quotidien régional français, son œuvre, profondément marquée par l’expérience carcérale, se veut à la fois un acte de mémoire, une dénonciation politique et une nécessité vitale.
Albukaï a été incarcéré trois fois à Damas, pour s’être opposé ouvertement au régime de Bachar al-Assad. Ses dessins témoignent de ce qu’il avait vécu.
Najah Albukaï a fui son pays, la Syrie, en décembre 2016.
Ce professeur des Beaux-Arts, aujourd’hui réfugié en Vendée, raconte, à travers ses dessins, les pires heures de son histoire.

« J’étais considéré comme un agitateur participant au trouble public, qui affaiblit les sentiments nationaux et qui fait l’apologie du terrorisme », explique-t-il.
« J’ai été victime d’intimidations et d’arrestations arbitraires sur dénonciations anonymes. »
Manifester contre le régime a été « son crime ».Pour le sortir de prison, sa famille a dû payer une caution.
Il matérialise tout ce qu’il a vu et subi, avec un stylo et de l’encre noire. Parfois, il ajoute du sépia pour donner un peu de couleur.
Albukaï a connu l’enfer des geôles syriennes. La mort, l’agonie, la torture, l’humiliation au centre 227… Il ne peut évidemment oublier.Cela traverse naturellement son œuvre, ses dessins, son crayonné vif et acéré.
Que cela soit au lavis, au brou de noix ou l’encre de Chine, il raconte. Des témoignages bien plus forts que les mots ne peuvent exprimer.
Lors d’un workshop avec des élèves, une rencontre évoque le « dessin comme instrument de témoignage de l’Histoire ». D’autant plus important, estime Najah Albukai, que l’on a tendance à oublier « la cause principale de la guerre : un régime dictatorial. Mes dessins sont aussi un travail sur la mémoire. »

Selon Albukai, lors d’un workshop avec des élèves, une rencontre évoque le « dessin comme instrument de témoignage de l’Histoire ».
Il utilise une technique qu’il ne pouvait utiliser en Syrie donnant un autre relief à ses dessins : « En creusant dans le cuivre, j’ai gravé la mémoire. »
Cet après-midi-là, la grande épreuve de « L’ancienne cage », œuvre peignant une cellule terriblement connue au centre 227, sort de la presse. Et quel rendu ! « On voit comment la prison est ressortie », dit -il.

Celui qui a commencé son travail de mémoire en arrivant sur les terres libres du Liban et en séjournant en Vendée, évoque ce rapport charnel au travail : « En trempant les papiers dans des bacs d’eau, pour l’impression, je ne peux m’empêcher de penser aux victimes des naufrages pour fuir leur pays. »
L’exposition présentera dix gravures de formats différents. Une série s’appelle « Quatre nus avec un drap ».
Souvenir des moments horribles où il fallait décharger la camionnette des victimes. C’est glaçant. C’est aussi une réalité qu’il ne faut ignorer.

Najah Albukaï retrace son parcours. Formé à Damas, puis dans les années 1990, à Rouen, aux Beaux-Arts, il maîtrise parfaitement l’histoire de l’art de son pays et celle de l’Europe.
Pour lui, « l’art est sacré ou il ne l’est pas ».

Ib.I/R.B