Le président al-Assad au journal espagnol “El País” : L’arrêt des opérations militaires implique l’interdiction aux terroristes de l’utiliser pour améliorer leur position et aux autres pays, notamment la Turquie, de les soutenir

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Damas / Le président Bachar al-Assad a affirmé que le gouvernement syrien n’avait assiégé aucune zone en Syrie, soulignant que ce sont les groupes armés qui s’étaient emparés de la nourriture et des besoins de première nécessité des personnes se trouvant dans les zones où ils se trouvent.

Dans un entretien qu’il a accordé au journal espagnol “El País”, le président al-Assad a fait savoir que le gouvernement syrien n’interdit aucune aide à toute zone, même si celles contrôlées par Daech, telles que Raqqa au nord du pays.

” En tant que gouvernement, nous nous considérons comme responsables de toute personne syrienne”, a-t-il dit, assurant qu’il est impossible que le gouvernement envoie d’aides à Raqqa, contrôlée par Daech, et ne le fait pas dans d’autres zones.

Quant à la disposition du gouvernement syrien à respecter l’arrêt des combats en Syrie pendant la trêve annoncée par la Russie et les Etats-Unis, le président al-Assad a dit : “Nous avons annoncé notre disposition, mais la question ne dépend pas uniquement de l’annonce, vu que l’autre partie l’a aussi fait . La question dépend de ce qu’on peut faire sur le terrain, notamment l’interdiction aux terroristes d’utiliser l’arrêt des opérations militaires pour améliorer leur position, et aux autres pays, en particulier la Turquie, d’envoyer encore plus de terroristes et d’armes et de soutenir les terroristes dans le domaine logistique”.

Et le président al-Assad de poursuivre : “Si on n’assure pas tous les impératifs précités pour le cessez-le-feu, la situation se soldera par encore plus de chaos et par la partition du pays”.

Le président al-Assad a indiqué que le combat se poursuivra contre Daech, le Front Nosra et les autres réseaux ou groupes terroristes affiliés à Al-Qaïda, soulignant que la Syrie et la Russie avaient annoncé les noms de quatre de ces réseaux, à savoir Ahrar al-Cham, l’Armée de l’Islam, Daech et le Front Nosra.

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A propos de la reprise du contrôle d’Alep, le président al-Assad a fait noter qu’une grande partie de la ville d’Alep est sous contrôle du gouvernement et que la majorité de la population des autres quartiers contrôlés par les hommes armés s’étaient déplacées aux zones dominées par le gouvernement, “c’est pourquoi la question ne dépend pas de la reprise du contrôle de la ville, mais du blocage des routes entre la Turquie et les groupes terroristes”, a-t-il précisé.

“Nous avons réussi à bloquer certaines routes principales. Il n’y a pas de fermeture complète de la zone située entre Alep et la Turquie, mais ce blocage rend le lien entre la Turquie et les terroristes beaucoup plus difficile. Pour cette raison, la Turquie a récemment commencé à bombarder les Kurdes”, a martelé le président al-Assad.

A la question de savoir si l’armée syrienne est disposée à se rendre à Raqqa, la soi-disant “capitale de l’Etat Islamique”, le président al-Assad a dit : “Oui, Nous nous rendrons à Raqqa et aux autres zones, mais l’horaire dépend des résultats de différents combats qui se déroulent actuellement”.

En outre, le président al-Assad a affirmé que le soutien russe et iranien à la Syrie était essentiel pour que l’armée arabe syrienne progresse, soulignant que personne ne peut répondre à la question sur le fait que “si peut-on réaliser cette progression sans l’appui apporté par la Russie et l’Iran ?”.

“Nous avons certainement besoin de l’aide précitée pour une simple raison, à savoir les différentes formes de soutien qu’apportent 80 pays aux terroristes”, a précisé le président al-Assad.

Questionné sur les raids russes et sur les déclarations américaines sur la responsabilité de la Russie dans le bombardement d’un hôpital, qui a fait 50 tués, le président al-Assad a fait allusion aux déclarations contradictoires des responsables américains, vu que certains responsables américains avaient dit qu’ils ne savent pas l’auteur de ce bombardement.

Le président al-Assad a exprimé son malheur de la mort de tout civil innocent dans le conflit, “mais c’est une guerre, et toute guerre est mauvaise, car il y a toujours des innocents qui paient le prix”, a-t-il précisé.

“Il n’y a aucune preuve sur le fait que ce sont les Russes qui ont attaqué des cibles civiles. Ils sont précis dans leurs opérations et attaquent chaque jour les bases ou les positions des terroristes”, a affirmé le président al-Assad.

Et le président al-Assad d’ajouter : “En fait, ce sont les Américains, non pas les Russes, qui ont abattu de nombreux civils au nord de la Syrie. Les Russes n’attaquent pas les villes, mais principalement les zones rurales”.

Concernant la riposte de la Syrie à l’envoi de forces turques et saoudiennes en Syrie sous prétexte de la lutte anti-Daech, le président al-Assad a affirmé que “nous traiterons avec eux, comme nous le faisons avec les terroristes. Nous défendrons notre pays face à cette agression. Ils n’ont le droit d’intervenir en Syrie ni au niveau politique ni à celui militaire. C’est une violation du droit international. Nous, en tant que citoyens syriens, nous n’a avons d’autre choix que de défendre notre pays”.

Le président al-Assad a assuré que la Turquie, qui envoie des terroristes en Syrie et qui la bombarde actuellement, est impliquée dès le début dans les événements qui se déroulent en Syrie.

Par ailleurs, le président al-Assad a indiqué que des deux points de vue, juridique et constitutionnel, toute personne portant l’arme contre le peuple et contre le gouvernement est un terroriste, faisant savoir que les terroristes ne seront légitimés qu’après le fait de déposer leurs armes et d’adhérer au processus politique.

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Le président al-Assad a fait savoir qu’il est impossible de négocier avec les terroristes, c’est pourquoi la conférence de Genève 3 avait échoué.

Quant au sort des terroristes étrangers en cas de leur arrestation par l’armée syrienne, le président al-Assad a fait noter : “Nous traitons avec eux comme on le fait avec les autres terroristes, alors que la question de leur livraison à leurs pays où à leurs gouvernements sera via les relations entre les institutions des deux pays”.

Questionné sur la disposition à engager un processus politique en cas de la reprise du contrôle par le gouvernement syrien de tous les territoires syriens, le président al-Assad a affirmé que c’est normal et qu’il faut d’abord former un gouvernement d’unité nationale auquel tous les Partis peuvent adhérer s’ils veulent.

” Ensuite, il faut que le peuple mène un référendum sur la nouvelle constitution avant de faire des élections anticipées”, a ajouté le président al-Assad.

“Rester au pouvoir n’est pas mon objectif. Si le peuple syrien le veut, donc je reste. Sinon je ne le sera pas”, a affirmé le président al-Assad.

Concernant le rapport publié le 3 février par le Conseil des Droits de l’Homme sur la perpétration des crimes de guerre en Syrie, le président al-Assad a indiqué que ceci fait partie de la propagande médiatique lancée contre la Syrie et que l’Occident utilise des informations non corroborées pour accuser et imputer la responsabilité à la Syrie.

Le président al-Assad a assuré que la partie la plus douloureuse dans le conflit syrien, est le départ des gens de leur pays.

“Pour permettre aux réfugiés de regagner leur pays, il faut d’abord traiter avec les terroristes qui menacent les gens et qui les privent de leurs besoins de première nécessité, ainsi qu’avec l’embargo imposé par l’Occident, en particulier les Etats-Unis, et qui a provoqué des difficultés dans les vie des gens, surtout dans le secteur sanitaire”, a-t-il dit.

A la question de savoir si le gouvernement syrien est la raison de la fuite des réfugiés, le président al-Assad a fait allusion aux personnes qui s’étaient déplacées des zones contrôlées par les terroristes à celles dominées par le gouvernement, disant : “Si elles veulent prendre la fuite du gouvernement, alors pourquoi y viennent-elles ?”.

Et le président al-Assad de poursuivre : “Tous les réfugiés, sauf les terroristes et les meurtriers, ont le droit de regagner la Syrie. Je crois que de nombreux parmi eux sont des loyalistes au gouvernement et ne l’ont pas fui”.

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A propos du fait de qualifier de “terroristes” les manifestants contre le gouvernement, le président al-Assad a indiqué que le nombre des manifestants ne dépassait pas les 140,000 partout en Syrie, soulignant que ce nombre n’est pas important par rapport au nombre de la population. “Je ne peux pas dire que tous les manifestants étaient pacifiques ni dire qu’ils sont tous des terroristes”, a-t-il fait allusion.

Questionné sur la relation actuelle avec l’Espagne, le président al-Assad a indiqué que l’Espagne n’avait soutenu aucun acte armé contre la Syrie, n’avait pas parlé du renversement du président et n’avait pas intervenu dans “nos affaires nationales”. “Nous attendons de l’Espagne, qui a assuré que le règlement réside dans le processus politique, de jouer un rôle en tant que partie de l’Union Européenne et d’y transmettre son point de vue politique à l’égard du conflit en Syrie”, a ajouté le président al-Assad.

Et le président al-Assad de conclure : “Les pays de l’Amérique latine, qui sont très loin de la Syrie, disposent d’une vision beaucoup plus réaliste sur ce qui se passe en Syrie que les Européens. Ils soutiennent la Syrie au niveau politique dans toutes les instances internationales et n’ont pas changé leur position depuis le début de la crise”.
A. Chatta

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