Damas, (SANA) Des recherches historiques approfondies ont été mêlé avec l’authenticité de spectacles folkloriques en direct, offrant un spectacle remarquable qui a attiré les visiteurs aux activités du pavillon du ministère de la Culture lors du salon « NASTEX » à Damas.
Dans ce cadre, la conférence « Les textiles syriens à travers les découvertes archéologiques » a emmené le public dans un voyage à travers les étapes historiques allant de l’âge du bronze à l’époque ottomane, révélant le rôle civilisationnel de ce patrimoine durant des milliers d’années. Les performances de la « Troupe du patrimoine arménien de Karni » incarnaient la vie quotidienne à travers des tableaux de danse et des hymnes traditionnels.
Les textiles syriens : un voyage à travers la civilisation et la prospérité.
Dans sa conférence, le directeur des Antiquités et des Musées, Dr Massoud Badawi, a retracé le rôle civilisationnel et économique de l’industrie textile en Syrie dans la construction de l’identité, en examinant les vestiges de tissage découverts sur les sites d’Ebla, de Mari et de Qatna, où les métiers à tisser primitifs ont fait leurs débuts à l’âge du bronze (3100-1200 av. J.-C.) avant de perfectionner leurs techniques et d’étendre le commerce des tissus de laine et de lin à l’âge du fer (1200-333 av. J.-C.).

Badawi a expliqué que les époques classiques (333 av. J.-C. – 622 apr. J.-C.) ont connu un essor généralisé des ateliers de tissage, bénéficiant de la diversité des matières premières telles que la soie de Damas, le coton du nord et de l’Euphrate, la laine du désert et le lin domestique.
Le style omeyyade et le brocart mamelouk ancien.
Badawi a expliqué que l’époque omeyyade (661-750 ap. J.-C.) a constitué une étape charnière avec la création d’ateliers pour la production de robes officielles ornées de calligraphie arabe, de motifs végétaux et de fils d’or. Parallèlement, les villes syriennes ont maintenu leur statut industriel sous les Abbassides (750-1258 ap. J.-C.) grâce à l’expansion de la production de coton et de soie et au développement de la teinture naturelle.
Alep s’est imposée comme un centre commercial majeur et a vu émerger des spécialisations professionnelles indépendantes telles que la broderie et l’écriture coufique.
Il a ajouté que l’époque ayyoubide (1171-1250) a été marquée par l’essor de l’industrie de la soie et de la broderie aux fils d’or et d’argent, Damas devenant un important centre de commerce international.
L’époque mamelouke (1250-1516) a représenté l’apogée du développement de l’industrie du brocart et du velours de brocart de luxe.
Le brocart… le top de l’industrie syrienne.
Badawi a conclu en soulignant que l’industrie textile avait atteint son apogée sous l’Empire ottoman (1516-1918), notamment à Damas et Alep, réputées pour leur production de brocart orné de fils d’or et d’argent, de damas, de satin de soie et de velours luxueux destinés aux vêtements du sultanat.
Les arts folkloriques enrichissent le tissu culturel syrien, et la « Troupe du patrimoine arménien de Karni » a présenté cinq tableaux de danse qui incarnent des détails de la vie quotidienne et des professions telles que la moisson et l’élevage, accompagnés par la chanteuse Marie Hosbian avec deux segments de chansons traditionnelles arméniennes.
Cet événement a également marqué la première prestation du célèbre chanteur turkmène Mahmud Jushkin sur les scènes syriennes.
Il a fait des présentations intégrantes du patrimoine culturel syrien.
Les organisateurs ont souligné l’importance de poursuivre la diffusion de ces arts traditionnels (musique, chant et danse) sur les scènes syriennes et autres plateformes culturelles, afin d’éviter leur oubli.


L.Arfi