Raqqa, (SANA) La grotte d’Al-Qater, située dans le village de Kessret Mohammad Ali, dans la région d’Al-Kessrat, au gouvernorat de Raqqa, constitue un site naturel unique, illustrant l’harmonie entre l’eau et les formations rocheuses. Depuis des décennies, elle est étroitement liée à la vie des habitants de la région. Ceux-ci y trouvaient refuge pendant les fortes chaleurs estivales, une source d’eau douce ainsi qu’un lieu naturel pour conserver les aliments et le fourrage du bétail.
La grotte se distingue par sa formation naturelle exceptionnelle. Des gouttes d’eau s’écoulent délicatement depuis ses plafonds rocheux, tandis que son climat intérieur se caractérise par un air pur, des températures modérées et l’absence de nuisibles. Ces particularités en font une destination prisée des visiteurs et des amateurs d’excursions, ainsi qu’un repère géographique remarquable dans la région.
Une des merveilles naturelles de la région
Dans une déclaration à un correspondant de SANA, le chercheur en patrimoine populaire, histoire et archéologie, Dr Mahmoud al-Najras, a expliqué que la grotte d’Al-Qater, également appelée localement « grotte d’Al-Naqout », compte parmi les merveilles naturelles uniques de la région.
Elle se caractérise par une large ouverture et une entrée spacieuse. Un bassin d’eau se forme dans sa partie avant, notamment durant l’hiver. Le chercheur a souligné que la grotte a joué un rôle essentiel dans la vie des populations environnantes au fil des siècles, constituant pour elles un refuge sûr.
Une grotte dont les profondeurs restent à découvrir
Al-Najras a indiqué que la date de formation de la grotte demeure inconnue, faute d’études géologiques spécialisées. Son entrée est connue et facilement accessible, mais sa profondeur, son extrémité et sa longueur totale restent encore inexplorées.
Il est donc nécessaire de mener des opérations d’exploration spécialisées afin de documenter la grotte, d’étudier ses différentes parties et d’établir des cartes et des plans précis de ses galeries principales et secondaires.
Le chercheur a également indiqué qu’une équipe allemande de spéléologues amateurs avait tenté d’explorer la grotte en 1985. Elle était parvenue à progresser sur environ 7,5 kilomètres et avait réalisé une étude succincte en allemand. Il a exprimé l’espoir que des équipes spécialisées puissent, à l’avenir, explorer la grotte dans son intégralité.
Un potentiel pour le développement touristique
Selon Al-Najras, la grotte dispose de nombreux atouts susceptibles de lui permettre de figurer sur la carte de l’investissement touristique. Des projets touristiques et d’exploration pourraient être développés autour de la grotte ou à l’intérieur de celle-ci, contribuant ainsi à en faire une destination pour les amateurs d’aventure et de découverte des sites naturels et géologiques.
De son côté, Abdel Razzaq al-Hoha, habitant du village de Kessret Mohammad Ali, a souligné l’importance historique et touristique de la grotte. Il a indiqué que des délégations étrangères s’y étaient déjà rendues à des fins d’exploration, appelant à sa réhabilitation et à sa mise en valeur afin d’en faire un site touristique majeur en Syrie.
Pour sa part, Zaid al-Hoha a évoqué les efforts déployés par les habitants pour rouvrir et aménager l’entrée de la grotte afin de la rendre plus adaptée à l’accueil et au repos des visiteurs. Il a souligné l’importance de la région d’Al-Qater en tant que site naturel et touristique remarquable, bénéficiant d’un climat tempéré : l’atmosphère y est fraîche en été et douce en hiver.
La grotte d’Al-Qater conserve ainsi de nombreux atouts susceptibles de lui permettre de figurer sur la carte du tourisme naturel et géologique en Syrie, malgré les années de négligence et les dégradations qui ont endommagé certains de ses éléments naturels.
am

