Tartous,(SANA) Chastel Rouge, ou « qaṣr al-ʾaḥmar», se dresse fièrement sur les contreforts des montagnes côtières au sud-est de Tartous, racontant l’histoire de civilisations successives où la légende s’est mêlée à l’histoire, faisant d’elle l’un des monuments archéologiques les plus remarquables de la côte syrienne.
l’emplacement de la forteresse
Chastel Rouge est une petite forteresse croisée qui est située dans le village de Yahmour, au sud-est de Tartous, sur les pentes des montagnes côtières, à environ 12 km du centre-ville, dominant la plaine côtière qui s’étend jusqu’aux montagnes du Liban.
Origine du nom
Le nom de la forteresse provient des pierres de grès rouge utilisées dans sa construction.
Selon d’autres récits, elle était anciennement appelée « Yaghmour », en référence à son prince phénicien dont le nom s’est transformé plus tard en Yahmour, comme l’a indiqué Bassam Watfa, chef de la section des fouilles de la Direction des Antiquités de Tartous, lors d’un entretien précédent avec le blog watan « eSyria ».
Les caractéristiques architecturales de la forteresse de Yahmour
La forteresse reflète le caractère défensif de l’architecture croisée, reposant sur des voûtes croisées et semi-cylindriques formant la clé de voûte.
Elle comprend une enceinte extérieure avec deux entrées, des galeries voûtées équipées de meurtrières, et une tour carrée de deux étages dotée d’ouvertures de garde ainsi qu’une tour de surveillance au nord-ouest. Les murs sont construits en grès rouge, et il ne subsiste aujourd’hui qu’une tour de 15 mètres de haut et un mur de 34 mètres de long.
Les découvertes archéologiques de la forteresse de Yahmour
On pense qu’elle fut construite sur des structures plus anciennes, comme l’attestent les découvertes, tels que la nécropole romaine dans ses murs et des centaines de puits destinés à recueillir l’eau de pluie datant de l’époque phénicienne.
Les fouilles ont révélé des artefacts, des noyaux, des éclats et des haches bifaces en silex ce qui indique que le site était habité depuis l’Antiquité.
Parmi les découvertes, figure un cercueil en plomb orné de motifs végétaux et géométriques, datant de l’époque romaine. Toutes ces pièces sont conservées au musée national de Tartous.

Les légendes racontent que la forteresse de Yahmour serait reliée par un long tunnel aux vestiges d’Amrit. La similitude architecturale suggère son rôle de poste de surveillance et de liaison entre les forteresses côtières telles que Safita, Arwad et Tripoli, intégrée ainsi dans un réseau défensif.
L’histoire politique et militaire de la forteresse de Yahmour
Il n’existe pas de données précises sur la date de construction de la forteresse de Yahmour, mais les sources indiquent qu’elle passa sous le contrôle des Francs puis des Comtes de Tripoli en 1112. Raymond III la céda aux Hospitaliers en 1178, avant qu’elle ne soit libérée par Saladin puis définitivement par Qalaoun en 1279. À l’époque islamique, deux tours défensives furent ajoutées, et elle fut inscrite comme monument historique en 1958.






Ibtissam ibrahim/R.B