Damas, (SANA) L’avocate et membre de l’Assemblée du peuple, Samira Al-Wattar, a déclaré que la participation des femmes à l’Assemblée du Peuple en Syrie ne se limite pas à une simple représentation formelle ou quantitative, mais constitue un pilier constitutionnel et juridique essentiel à l’efficacité du travail législatif et à sa légitimité sociale.
Dans une déclaration à SANA, Mme Al-Wattar a souligné que cette participation revêt une importance stratégique dans la phase législative et politique actuelle en Syrie, car elle permet d’identifier les lacunes de la législation existante et de promouvoir des mesures législatives relatives à la protection de la famille, à l’inclusion des personnes handicapées et à la lutte contre la violence.
Une image renouvelée de l’institution législative
Al-Wattar, nommée à l’Assemblée du peuple sur la liste complémentaire du président Ahmad Al-Charaa, estime que la présence active des femmes à l’Assemblée reflète une image plus civilisée de l’institution législative dans la nouvelle Syrie. La députée a souligné que le pays a un parcours remarquable en matière d’émancipation des femmes dans la région, ayant intégré très tôt des femmes parlementaires, médecins et avocates au sein du monde arabe.
Représentation et défis
Concernant la représentation actuelle, Al-Wattar a indiqué que la présence féminine à l’Assemblée témoigne d’une volonté politique claire d’émanciper les femmes, tout en soulignant que cette participation nécessite encore un développement quantitatif et qualitatif, à la hauteur des exigences de cette nouvelle ère parlementaire.
Parmi les principaux défis, elle a mentionné la persistance de conceptions traditionnelles qui limitent le rôle des femmes à certains domaines, la faiblesse des compétences juridiques et politiques spécialisées, notamment en matière de rédaction législative et de contrôle parlementaire, ainsi que les difficultés économiques liées à un manque de ressources financières indépendantes.
Participation aux comités et à la prise de décision
Al-Wattar a souligné la nécessité d’adopter des règlements intérieurs garantissant une représentation équitable des femmes aux postes de direction et d’administration au sein des commissions parlementaires permanentes, notamment dans les domaines de la souveraineté, de la politique et de l’économie. À cet égard, elle a insisté sur l’importance de ne pas limiter la présence des femmes aux seules commissions des affaires sociales ou culturelles.
Législations pour la relance
La députée a affirmé que le rôle des femmes dans la prochaine phase doit se refléter dans l’élaboration des lois modernes nécessaires à la relance du pays. Elle a expliqué que ces lois devraient inclure une législation économique et de développement visant à soutenir l’autonomisation économique des femmes, à faciliter leur accès au microcrédit et aux ressources, et à protéger leurs droits dans le secteur informel du travail. Elle a également souligné la nécessité de réviser la législation relative au droit des femmes à transmettre leur nationalité à leurs enfants, de renforcer la protection contre les violences domestiques, numériques et sociales, et de développer des programmes de prise en charge sociale et de réadaptation psychologique pour les victimes de guerre, les personnes détenues et les victimes de violences.
Propositions pour une influence parlementaire effective
Al-Wattar a proposé d’étudier des mécanismes juridiques incitatifs, notamment la fixation d’un pourcentage précis de représentation féminine sur les listes électorales, afin de passer d’une présence quantitative à une influence qualitative et durable. Elle a également proposé la création d’une cellule d’autonomisation parlementaire au sein de l’Assemblée du peuple, chargée d’apporter un soutien juridique, technique et technologique aux femmes parlementaires pour la rédaction de projets de loi et la mise en place de mécanismes de contrôle. Cette approche pourrait être étendue à d’autres institutions et syndicats. Par ailleurs, elle a plaidé pour la création d’un atelier législatif permanent au sein du Parlement, chargé d’évaluer et d’harmoniser la législation nationale avec la Déclaration constitutionnelle et les accords internationaux, afin d’éliminer toute forme de discrimination indirecte à l’égard des femmes dans les domaines financier, commercial, du travail et autres législations applicables.
Al-Wattar a souligné l’importance de renforcer les canaux de communication entre les femmes parlementaires et les organisations de la société civile afin de transmettre au Parlement les besoins et les propositions émanant des mouvements citoyens.
Mercredi dernier, lors d’une conférence de presse au siège de l’Assemblée du Peuple à Damas, le président du haut comité de l’Assemblée, Mohammad Taha al-Ahmad, a annoncé les noms des membres de l’Assemblée du Peuple.
rb