Damas, (SANA) Depuis le début de la révolution syrienne en 2011, la femme syrienne a joué un rôle central dans le mouvement, ne se limitant pas à la mobilisation populaire mais assumant de multiples rôles.
Parmi ces figures, Faten Rajab qui s’est imposée comme l’un des modèles les plus marquants de l’engagement féminin.
Elle possédait une présence calme mais profondément influente, réunissant la rigueur de la physique nucléaire et la sensibilité d’un cœur tourné vers les gens.
Elle a porté à la fois le savoir et la dignité, avançant dans la banlieue de Damas avec une détermination rayonnante d’espoir et de force, laissant une empreinte humaine indélébile dans la mémoire de sa communauté et dans l’histoire de la révolution syrienne.
Un parcours de recherche scientifique interrompu par l’arrestation
Faten Rajab est née dans la ville de Douma, dans la banlieue de Damas. Elle s’est distinguée très tôt par son excellence académique, qui l’a conduite à se spécialiser en physique nucléaire. Elle a obtenu un doctorat en physique et sciences atomiques et travaillait sur une nouvelle recherche dans une université française lorsque les services de sécurité syriens ont interrompu son parcours scientifique en l’arrêtant en 2011.
Sa participation à la révolution syrienne
Cette femme a joué un rôle actif dans le mouvement populaire à Douma, participant aux premières manifestations et contribuant de manière significative aux actions humanitaires. Elle a également travaillé dans les hôpitaux de campagne qui accueillaient les blessés lors des vagues de répression. Sa présence humaine et scientifique a constitué un modèle pour la femme syrienne qui a choisi de se tenir aux côtés de sa communauté dans des moments décisifs.
Un parcours de détention qui s’est achevé par une mort sous la torture
Faten Rajab a été arrêtée par les services de renseignement de l’armée de l’air en raison de son soutien au mouvement pacifique. Elle a été transférée entre plusieurs branches sécuritaires avant que sa trace ne disparaisse pendant des années. Plus tard, des informations ont fuité confirmant sa mort sous la torture dans les prisons, ajoutant son histoire à une longue liste de violations visant les compétences scientifiques et les militants pacifiques depuis 2011.
Faten Rajab incarne un modèle remarquable de la femme syrienne qui a uni le savoir scientifique et l’engagement civil, payant de sa vie le prix de ses convictions.
Son parcours demeure un témoignage des arrestations, disparitions et violations subies par les élites scientifiques durant les années de la révolution syrienne, ainsi que du lourd tribut payé par la société syrienne en perdant ses cadres et ses talents.
Ibtissam ibrahim /R.B.
