Damas, (SANA) Le Réseau syrien des droits de l’homme (SNHR) a condamné la mort d’un civil originaire du village de Jamla, dans la campagne de Daraa, tué par les tirs des forces d’occupation israéliennes lors de leur incursion dans le village jeudi dernier.
Ouverture d’une enquête indépendante sur l’incident
Dans un communiqué dont SANA a reçu une copie dimanche, le Réseau a affirmé que les informations recueillies sur l’incident suscitent de sérieuses inquiétudes quant à une éventuelle violation du droit à la vie. Elles nécessitent une enquête indépendante et efficace afin de déterminer les circonstances du recours à la force létale et la légalité de son usage, ainsi que de garantir que les responsables de toute violation avérée rendent des comptes.
Le Réseau a déclaré : « Selon les premières informations recueillies auprès de plusieurs sources, notamment des sources locales fiables et des informations accessibles au public, les forces israéliennes ont pénétré par voie terrestre, accompagnées de 12 véhicules militaires, dans le village de Jamla, dans la campagne ouest de Deraa, à l’aube de jeudi dernier. Elles se sont déployées dans le village, en particulier dans le quartier est ».
Le Réseau a précisé que « durant l’incursion, le civil Mouaz Salama al-Baïr, en situation de handicap, a été la cible de tirs de membres des forces israéliennes, qui ont entraîné sa mort ». Il a indiqué que, selon les témoignages locaux, il se trouvait dans une rue du village lorsque les soldats israéliens lui ont ordonné de s’arrêter ou de faire demi-tour. Il n’a toutefois pas obtempéré en raison de sa trisomie 21.
Il a indiqué que, selon les informations qu’il a recueillies, le civil al-Baïr n’était pas armé. Sa mort soulève de sérieux indices d’une possible privation arbitraire du droit à la vie, au regard de la Charte des Nations unies. Il a également souligné que le déploiement de tireurs d’élite sur les toits de maisons d’habitation dans un village peuplé soulève des préoccupations juridiques concernant la sécurité des civils et des biens de caractère civil, ainsi que le respect de l’obligation de prendre toutes les précautions possibles pour les protéger des dangers des opérations militaires.
« Ce recours à des tireurs d’élite suscite des inquiétudes supplémentaires quant à la sécurité des civils, notamment en raison des risques liés à l’utilisation de bâtiments résidentiels à des fins militaires, qui pourrait mettre en danger leurs occupants ainsi que les habitants des maisons voisines » a-t-il précisé.
Le Réseau a également condamné la poursuite des incursions militaires israéliennes en territoire syrien et mis en garde contre les risques supplémentaires liés au déploiement de tireurs d’élite sur les toits de maisons d’habitation au cours de cette même opération. Il s’agit d’une nouvelle pratique observée pour la première fois parmi les opérations recensées par le Réseau depuis la chute de l’ancien régime, le 8 décembre 2024.
Des précautions pour protéger les civils
Le Réseau a affirmé que la conduite d’opérations militaires dans des zones habitées impose de prendre toutes les précautions possibles pour protéger les civils et les biens de caractère civil et éviter de les exposer à des risques évitables.
Les forces militaires doivent également, dans la mesure du possible, éviter d’installer des positions et des objectifs militaires à l’intérieur des zones densément peuplées ou à proximité.
Le Réseau a averti que la poursuite des incursions des forces israéliennes dans les quartiers résidentiels des villages et des localités, accompagnées de fouilles de maisons, de l’installation de postes militaires temporaires et du déploiement de membres armés sur les bâtiments, accroît les risques auxquels sont exposés les civils et compromet leur sentiment de sécurité ainsi que leur stabilité dans leurs régions.
Souveraineté des États et intégrité territoriale
Le Réseau a affirmé que mener des opérations militaires sur le territoire d’un autre État sans son consentement, en dehors des cas autorisés par le droit international, est contraire aux principes du respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États, ainsi qu’à l’interdiction du recours à la force inscrite dans la Charte des Nations unies.
Il a insisté sur la nécessité de respecter l’accord de désengagement de 1974 et les obligations prévues par les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, qui ont réaffirmé la nécessité de respecter les dispositions de cet accord et l’interdiction de toute activité militaire dans la zone de séparation.
Les forces d’occupation israéliennes continuent de violer l’accord de désengagement de 1974 par leurs incursions répétées dans le sud de la Syrie, les perquisitions dans les maisons de civils et leurs arrestations, le déblaiement des terres et les attaques à l’aide d’obus et d’autres moyens.
La Syrie réclame le retrait des forces d’occupation israéliennes de son territoire et affirme que toutes les mesures prises par celles-ci sont nulles et non avenues au regard du droit international. Elle appelle également la communauté internationale à assumer ses responsabilités, à mettre fin à ces violations et à contraindre l’occupation israélienne à respecter le droit international et les résolutions pertinentes des Nations unies, afin d’éviter de nouvelles tensions dans la région et de créer les conditions nécessaires à une sécurité et à une stabilité durables.
Rkh/mch