Damas,(SANA) Les travaux d’un atelier de concertation, organisé par le ministère des Affaires étrangères et des Expatriés ont débuté hier à Damas.
Cet atelier vise à élaborer une approche nationale de lutte contre les discours de haine, avec la participation des organismes nationaux concernés et l’appui technique d’experts du Bureau de l’Envoyé spécial du Secrétaire général des Nations unies pour la Syrie.
L’objectif est de définir une démarche institutionnelle coordonnée pour lutter contre ce phénomène, contribuer au renforcement de la cohésion sociale et préserver la liberté d’opinion et d’expression.
Baroud : la lutte contre le discour de haine nécessite une démarche coordonnée
Dans son allocution prononcée lors de l’atelier, Saad Baroud, directeur du département des organisations internationales et des conférences au ministère des Affaires étrangères et des Expatriés, a affirmé que le régime Assad, père et fils, avait consacré la division pendant plus de cinquante ans, en les utilisant comme un instrument de gouvernement.
Il a ajouté que ce régime avait exploité le confessionnalisme, le sectisme religieux et les divisions régionales, transformant la diversité qui enrichit notre société en sources de méfiance et de peur réciproques.

Baroud a souligné que la lutte contre le discours de haine faisait partie intégrante de la construction de l’État auquel aspirent les Syriens et constituait l’un des fondements de la phase de relèvement et de reconstruction.
Il a insisté sur l’importance de traduire l’orientation nationale dans ce domaine en mesures méthodiques, en responsabilités clairement définies et en procédures concrètes pouvant être mises en œuvre et suivies.
« La Syrie s’employait à dépasser l’héritage des divisions et à établir une relation entre l’État et la société fondée sur l’égalité, la préservation de la dignité et des droits, l’égalité des chances et la primauté du droit », a-t-il fait noter.
Il a affirmé que les institutions publiques devaient être au service de tous les citoyens sur un pied d’égalité.
Un plan institutionnel pour lutter contre le discours de haine et préserver la liberté d’opinion
Baroud a indiqué que la période ayant suivi la libération avait été marquée par des tentatives d’instrumentalisation des discours de haine pour attiser les tensions et les conflits.
Cette situation, a-t-il expliqué, impose aux institutions concernées la responsabilité de mettre en place un mécanisme institutionnel permettant de traiter ce phénomène, mettant l’accent à cet effet sur la nécessité du suivi professionnel et documenté des sources d’incitation à la haine et des modes de propagation de ces discours, notamment sur les plateformes numériques.

Baroud a mis l’accent sur la nécessité de combiner des politiques claires avec des campagnes de sensibilisation, des programmes éducatifs et culturels, un journalisme responsable et le dialogue au sein de la société.
Il a également appelé à développer les outils de suivi et d’alerte précoce et à prendre des mesures juridiques lorsque les circonstances le justifient, sur la base de critères clairs et de garanties permettant d’éviter tout abus.
Cordoni : élargir les consultations renforce les chances de réussite de la stratégie nationale
De son côté,Claudio Cordone, envoyé spécial adjoint du Secrétaire général des Nations unies pour la Syrie, a salué l’initiative de cet atelier.
Il a estimé qu’elle témoignait d’une volonté de coordonner les efforts des ministères et des organismes gouvernementaux et d’harmoniser leurs visions concernant les objectifs communs et les moyens de travail.

Cordone a expliqué que les Nations unies apporteraient leur expertise technique dans les domaines des cadres juridiques et des politiques internationales relatives aux discours de haine. Il a notamment évoqué la Stratégie et le Plan d’action des Nations unies contre les discours de haine, le Plan d’action de Rabat, ainsi que des résolutions de l’ONU appelant les États à prendre des mesures pour lutter contre ce phénomène dans le respect du droit international.
Foustier : les Nations unies sont prêtes à soutenir les efforts syriens
Pour sa part, la coordinatrice résidente humanitaire des Nations Unies en Syrie, Mme Nathalie Fustier, a affirmé que l’ONU était prête à soutenir les efforts syriens visant à renforcer la cohésion sociale et à instaurer une paix durable. Ce soutien passerait par une coopération avec le gouvernement syrien et la coordination des compétences des différentes agences des Nations unies, selon leurs mandats respectifs.

Fustier a évoqué la multiplication des signes de propagation des discours de haine à travers le monde, ce qui rend nécessaire l’élaboration de plans d’action et d’approches nationales fondés sur le droit international.
Elle a réaffirmé l’engagement des Nations unies à soutenir le gouvernement syrien dans l’élaboration d’une approche nationale participative pour lutter contre ce phénomène.
Les principaux axes de l’atelier
L’atelier examine plusieurs thèmes essentiels, notamment : la situation des discours de haine dans le contexte syrien, les principes et normes internationales ainsi que les approches comparatives, le cadre national existant et les défis qui lui sont associés, les domaines d’intervention prioritaires, les rôles des parties concernées et les mécanismes de coordination nationale, les prochaines étapes de l’élaboration d’une politique nationale, ainsi que les besoins en matière d’assistance technique.













Rs/L.A.