Damas, (SANA) Les agressions israéliennes contre le territoire syrien se poursuivent parallèlement aux démarches diplomatiques menées par Damas, avec des médiations régionales et onusiennes, pour mettre fin aux incursions, aux bombardements et aux arrestations, tout en réaffirmant son attachement à la souveraineté de la Syrie et à l’Accord de désengagement de 1974.
Des frappes aériennes à une présence militaire
Les agressions israéliennes contre la Syrie ne se limitent plus aux frappes aériennes. Elles se sont accompagnées, ces derniers mois, d’incursions répétées, de prises d’assaut, de perquisitions, d’arrestations et d’installation de points de contrôle à l’intérieur du territoire syrien.
Le 8 septembre, la Commission d’enquête internationale indépendante sur la Syrie a indiqué que l’action militaire israélienne dans le sud du pays était devenue « permanente et bien établie », à la suite d’une visite sur le terrain à Quneitra et Daraa.
Elle a fait état d’incursions, de patrouilles, de prises d’assaut et de perquisitions, ainsi que d’un réseau de points de contrôle sur le territoire syrien.
La Commission a recensé, jusqu’en juillet 2026, 49 personnes, dont deux enfants, qui auraient été arrêtées sur le territoire syrien.
Elle a estimé que certains de ces actes pourraient constituer des crimes de guerre et affirmé que les violations de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la Syrie étaient « inacceptables » et devaient cesser.
Les arguments sécuritaires face aux faits de l’ONU
Israël affirme que sa présence et ses opérations dans le sud de la Syrie sont dues à des considérations sécuritaires et que le déploiement de ses forces dans cette zone est temporaire et ne vise aucune convoitise régionale.
Toutefois, les données corroborées par les Nations unies font état d’une action militaire croissante, permanente et enracinée, plutôt que d’opérations limitées.
Le 17 septembre, l’envoyé spécial adjoint des Nations unies pour la Syrie, Claudio Cordone, a affirmé devant le Conseil de sécurité la poursuite des actions militaires israéliennes dans le sud de la Syrie, notamment les pénétrations, les perquisitions de maisons et les détentions, ainsi que des dommages dans les terres agricoles. Il a indiqué que certaines incursions étaient devenues quasi quotidiennes.
Cordone a déclaré que la présence israélienne à l’est de la ligne de cessez-le-feu violait la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Syrie et était incompatible avec l’Accord de désengagement de 1974.
Il a appelé à mettre fin aux violations, à respecter l’accord et à relâcher les personnes détenues.
Il a mis en garde contre les conséquences de l’escalade militaire et de la présence israélienne dans le Golan occupé et au mont Hermon, susceptibles de compromettre les efforts de reprise de la Syrie et de menacer la stabilité régionale.
Mont Hermon : comment le dossier est-il arrivé au Conseil de sécurité ?
Le 9 septembre, le Premier ministre de l’occupant israélien Benjamin Netanyahu, accompagné de son ministre de la Défense et de plusieurs responsables militaires, est entré illégalement au mont Hermon, à l’intérieur du territoire syrien.
Damas a affirmé que cette démarche constitue une violation flagrante de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la Syrie ainsi que du droit international.
Cette démarche a également suscité une mobilisation diplomatique syrienne à New York. Le 11 septembre, des représentants de plusieurs pays, dont Bahreïn, la Chine, le Danemark, la France, le Pakistan, la Russie et la Somalie, ont participé à un sit-in devant le Conseil de sécurité pour dénoncer cette initiative et réaffirmer la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Syrie ainsi que le respect de l’Accord de désengagement de 1974.
La question des incursions ne s’est ainsi plus limitée aux déclarations syriennes, mais a pris une dimension plus large au sein des Nations unies, plusieurs États membres du Conseil de sécurité ayant exprimé leur opposition à l’escalade.
44 pays : le soutien à la Syrie s’est-il élargi ?
Le représentant permanent de la Syrie auprès des Nations unies, Ibrahim Olabi, a déclaré lors de la réunion du Conseil de sécurité du 17 septembre que 44 pays s’étaient tenus aux côtés de la Syrie après l’entrée de responsables israéliens sur le territoire syrien.
Il a affirmé que Damas avait choisi, malgré la poursuite des attaques, de privilégier la médiation et les solutions diplomatiques.
Ce chiffre, avancé par la partie syrienne, revêt une portée politique dans le cadre de son action diplomatique, tandis qu’un rapport spécialisé dans les travaux du Conseil de sécurité a authentifié la participation de représentants de plusieurs États, dont les sept pays précités, au sit-in observé le 11 septembre.
Damas a, de son côté, affirmé à plusieurs reprises ne pas vouloir être entraînée dans une confrontation régionale plus large et être disposée à recourir aux médiations et aux contacts politiques afin de parvenir à des arrangements susceptibles de réduire l’escalade et de protéger le territoire syrien.
Pourquoi Damas a-t-elle choisi la voie des négociations ?
L’action syrienne ne s’est pas limitée aux institutions internationales, mais s’est également étendue à des canaux de négociation directs et indirects, dans le but de réduire l’escalade et d’éviter que les tensions ne débouchent sur une confrontation plus large susceptible d’affecter le processus de stabilisation que Damas cherche à consolider sur le plan intérieur.
En août dernier, des pourparlers syro-israéliens sous médiation américaine se sont tenues en Jordanie, portant sur la réduction des tensions, l’arrêt des opérations militaires et la relance des négociations en vue d’un accord sécuritaire.
Lors de ces pourparlers, Damas a maintenu sa demande d’un retrait israélien des positions dans lesquelles ses forces avaient pénétré et d’un rétablissement de l’Accord de désengagement de 1974.
New York : la diplomatie peut-elle prendre une dimension plus large ?
Ces démarches interviennent à l’approche et durant la participation de la Syrie aux travaux de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies. La présence syrienne à New York offre un cadre plus large pour soulever la question des attaques israéliennes, parallèlement aux dossiers de la transition politique, de la reprise, de la reconstruction et du retour des déplacés.
Damas aborde ainsi la prochaine étape en portant devant les instances internationales deux axes parallèles : réaffirmer son droit à la souveraineté et à l’intégrité territoriale et son rejet des incursions, tout en œuvrant pour consolider un processus politique et économique visant à renforcer la coopération internationale de la Syrie.
a.h. / A.Ch.