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Agence Arabe Syrienne de Presse (SANA) > Dernières nouvelles > Syrie > Syrie : initiative nationale avec l’AIEA pour enfouir les résidus nucléaires

Syrie : initiative nationale avec l’AIEA pour enfouir les résidus nucléaires

Publié: 2026/08/19 2:56 PM
Mis à jour: 2026/08/19 2:56 PM
101010 Agence Arabe Syrienne de Presse (SANA)

Damas, (SANA) La Syrie a pris l’initiative de fermer le dossier de l’héritage du programme nucléaire laissé par le régime déchu, via une voie nationale volontaire basée sur la transparence et la coopération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), en vue de mettre fin au dossier de non-conformité et d’ouvrir la voie à des utilisations pacifiques.

La visite du directeur général de l’AIEA, Rafael Mariano Grossi, en Syrie les 17 et 18 août, s’inscrit dans le cadre d’une démarche nationale claire lancée par Damas pour enfouir les résidus du programme nucléaire syrien hérités du régime déchu.

Une initiative souveraine pour traiter l’héritage du passé

Depuis la chute du régime déchu, le 8 décembre 2024, le nouvel État syrien a choisi de traiter les dossiers hérités du régime déchu, sur la base de sa responsabilité nationale, loin de la politique de dissimulation et d’atermoiement qui avait caractérisé les relations précédentes avec l’AIEA, notamment concernant le programme nucléaire non déclaré.

Damas a ainsi procédé à une déclaration souveraine et volontaire concernant un site et des matières nucléaires qui n’avaient pas été déclarés auparavant, et a invité les équipes de l’AIEA à les inspecter et à les vérifier sur le terrain.

Cette orientation s’inscrit dans la volonté de la Syrie de garantir la sûreté, la sécurité et la stabilité, considérées comme les principales motivations de sa démarche, car ce dossier est traité comme un héritage nécessitant une approche professionnelle et transparente, dans le plein respect de la souveraineté de l’État sur son territoire.


Damas a donc engagé une coopération avec l’AIEA, l’organisme international compétent, afin de procéder aux évaluations techniques, de vérifier la nature des sites et des matières concernés et de déterminer les meilleures méthodes pour leur traitement conformément aux engagements internationaux.

Deux éléments fondamentaux ressortent de cette voie :

La révélation de l’emplacement du réacteur nucléaire détruit de Deir Ezzor et la découverte de matières nucléaires liées à l’héritage du régime déchu. Ces éléments avaient conduit, en 2011, à considérer la Syrie comme étant en situation de non-respect de l’accord de garanties conclu avec l’AIEA dans le cadre du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires.

Al-Kibar : d’un site détruit par le bombardement à un dossier en voie de clôture

Le dossier du site d’Al-Kibar, situé à l’est de Deir Ezzor, remonte à la construction par le régime déchu d’un réacteur nucléaire non déclaré à l’AIEA. Le site avait été découvert par Israël puis bombardé en 2007.L’installation comprenait un bâtiment s’élevant à 45 mètres au-dessus du sol et s’étendant sur cinq étages en sous-sol. Quatre ans plus tard, des rapports ont indiqué que l’installation était liée à un réacteur destiné à produire du plutonium et n’avait pas été déclarée à l’AIEA. Ce qui a poussé à classer la Syrie parmi les États en situation de « non-respect » de ses obligations au titre du Traité sur la non-prolifération nucléaire.

Le régime déchu avait également déplacé à plusieurs reprises des matières nucléaires entre différents sites à l’intérieur du pays, la dernière fois en 2013. Le dossier est ensuite resté gelé jusqu’à sa chute.

Aujourd’hui, la révélation du site du réacteur détruit et la découverte de matières nucléaires liées à l’ancien programme, en coopération avec les États-Unis et l’AIEA, constituent une étape majeure dans le traitement de ces deux éléments fondamentaux à l’origine du statut de non-respect. Cette démarche, menée à l’initiative de la Syrie et avec un effort national, dans le cadre d’une coopération technique avec des partenaires internationaux, ouvre la voie à la levée de ce statut et au passage aux applications pacifiques.

19 mois de coopération progressive avant la visite de Grossi

Depuis janvier 2025, l’État syrien a mis en place une coopération progressive avec l’AIEA, qui a commencé par un premier contact entre la Syrie et le directeur général de l’agence. Plusieurs étapes techniques et politiques ont ensuite marqué l’évolution de cette relation .

Septembre 2026 : l’objectif de clôturer le dossier de non-respect

Le traitement de l’héritage nucléaire ne se limite pas à régler un dossier juridique hérité du régime déchu. Il vise également à réintégrer pleinement la Syrie dans le système international de coopération nucléaire pacifique.

La session du Conseil des gouverneurs de l’AIEA prévue en septembre 2026 constitue l’échéance visée par la Syrie pour clore le dossier de non-respect hérité du régime déchu et confirmer son plein respect du Traité sur la non-prolifération nucléaire.

Selon les communications officielles, le fondement juridique du dossier de non-respect est désormais arrivé à son terme. Le gouvernement syrien travaille avec ses partenaires internationaux à sa clôture devant le Conseil des gouverneurs, ce qui ouvrirait la voie à une nouvelle phase de coopération syrienne dans le domaine des utilisations pacifiques de l’énergie nucléaire, notamment dans les secteurs de l’électricité, de la médecine et de l’alimentation, ainsi que dans les efforts de reconstruction et de relèvement.

La Syrie tourne la page du passé et ouvre la voie aux utilisations pacifiques

Damas affirme que la présence sur le territoire syrien de résidus de matières nucléaires liées à l’héritage du régime déchu ne remet aucunement en cause la souveraineté de l’État syrien. La Syrie affirme être seule habilitée à les traiter à des fins pacifiques, médicales et énergétiques, dans le cadre du système de garanties de l’AIEA et des cadres juridiques internationaux concernés.

En coopération avec les États-Unis, des matières nucléaires non dangereuses liées à l’héritage du régime déchu ont été découvertes en Syrie. Leur traitement doit être mené principalement par la partie syrienne, dans le respect de la souveraineté nationale et de l’intérêt supérieur du pays, conformément au cadre juridique de l’AIEA.

r.s / ls

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