Damas,(SANA) Trente combattants formaient le noyau des groupes armés, soixante-quinze victimes sont tombées lors d’un seul incident, et cinq procès ont suffi à révéler quinze années d’influence et d’armement.
Avec cette équation numérique, le quatrième tribunal pénal de Damas a rendu mardi un jugement ordonnant l’exécution de Wassim al-Assad et la confiscation de ses biens mobiliers et immobiliers, après l’avoir reconnu coupable de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, dans l’une des affaires les plus importantes examinées par le pouvoir judiciaire syrien dans le cadre de la justice transitionnelle.
Le verdict a été rendu lors de la sixième audience du procès, consacrée au prononcé du verdict.
De l’influence familiale à la tête de groupes armés
Wassim Badia al-Assad est né en 1980 à Qardaha, dans la campagne de Lattaquié. Cousin du chef du régime déchu, il a bénéficié, sous son règne, de sa position au sein du réseau d’influence lié à la famille, avant de voir son nom émerger avec le déclenchement de la révolution syrienne en 2011, dans le contexte d’activités armées en soutien aux forces du régime.
Selon l’acte d’accusation lu par le juge Fakhr al-Din al-Aryan, lors de la première session, au début de 2011, un accord a été conclu entre Wassim al-Assad et le général de brigade Ghiath Dalla, l’un des chefs de la quatrième division dirigée par Maher al-Assad, le frère du chef du régime défunt, pour former deux groupes armés de soutien.
L’acte indique que les personnes susmentionnées ont recruté une trentaine de combattants et se sont chargées de superviser les deux groupes et de leur fournir armes, munitions, financement et soutien logistique, tandis que leur activité était concentrée dans la région d’Al-Meliha, dans la Ghouta orientale, entre 2012 et 2014.
Jaramana et Al-Maliha… événements marquants du dossier
Parmi les événements les plus marquants examinés par le tribunal figure un incident survenu à Jaramana en 2012, lorsqu’un groupe armé affilié à Wassim al-Assad avait pris d’assaut un magasin et pillé son contenu, avant d’enlever son propriétaire et de l’emmener dans un centre de détention, où il a été torturé avec d’autres détenus.
Le tribunal a également examiné un attentat à la bombe survenu en 2013 sur la route reliant Al-Meliha à Zabdin, qui a coûté la vie à environ 75 civils, dont 44 ont pu être identifiés.
Le dossier établit un lien entre cet attentat et les opérations militaires menées dans la région par les forces de l’ancien régime et les groupes armés associés à Wassim al-Assad.
Son arrestation après la chute du régime
Le ministère syrien de l’Intérieur a annoncé l’arrestation de Wassim al-Assad lors d’une embuscade soigneusement planifiée, menée après qu’il ait été attiré dans un embuscade, en coopération entre le Service général du renseignement et les autorités compétentes du ministère.
Son arrestation est intervenue six mois après la libération de la Syrie, il devient l’un des principaux accusés devant la justice syrienne.
Le nom de Wassim al-Assad a été inscrit en 2023 sur les listes de sanctions américaines et européennes, dans le cadre de mesures visant des personnales et des réseaux liés à l’ancien régime.
La première audience du procès de Wassim al-Assad a débuté le 24 juin devant la quatrième cour pénale de Damas, présidée par le juge Fakhr al-Din al-Aryan, en présence de membres de la Commission nationale pour la justice transitionnelle, ainsi que de représentants d’organisations juridiques et humanitaires internationales.
Témoins et preuves présentés au tribunal
Lors de la deuxième audience, tenue le 15 juillet, le tribunal a entendu plusieurs témoins et poursuivi l’examen des faits contenus dans le dossier.
Quant à la troisième audience, tenue le 22 juillet, elle a vu l’achèvement des auditions des témoins et des plaidoiries, avant que le ârquet général ne réitère sa demande de peine capitale contre l’accusé, se fondant sur les preuves et les témoignages qu’il a présentés.
Rapport médical et blessure par balle
Lors de la cinquième audience, le 5 août, un rapport médical a été annexé au dossier, confirmant que l’un des plaignants avait été blessé par balle et souffrait d’une invalidité de 35 %, entraînant une incapacité de travail de dix mois.
Wh/L.a.