Damas, (SANA) Le ministre des Affaires étrangères et des Expatriés, Assaad Hassan al‑ Chaibani, a discuté aujourd’hui à Damas avec le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Rafael Grossi, de l’importance de poursuivre la coordination et la coopération entre les deux parties, de manière à garantir le droit souverain et légal de la Syrie à l’usage civil et pacifique de l’énergie nucléaire.
Lors d’une conférence de presse conjointe avec Grossi après la rencontre, le ministre al‑ Chaibani a affirmé que la Syrie avait rempli l’ensemble des exigences de coopération convenues avec l’AIEA et espère que le rapport du directeur général au Conseil des gouverneurs reflétera l’ampleur des progrès accomplis. Il a appelé les États membres à consacrer ces avancées lors de la session de septembre par une décision mettant fin au dossier de non‑conformité hérité depuis 2011.
Al‑Chaibani a réaffirmé le droit légal et souverain de la Syrie à l’usage civil et pacifique de l’énergie nucléaire, soulignant que la transparence et la coopération avec l’Agence constituent une approche constante de l’État syrien nouveau dans le traitement de l’héritage nucléaire du régime déchu.
Ouverture du site de Deir Ezzor et déclaration volontaire de matières nucléaires
Al‑ Chaibani a expliqué que recevoir Grossi pour la deuxième fois en cinq semaines reflète « le passage de la relation de la nouvelle Syrie avec l’Agence d’une phase de traitement des dossiers en suspens à un partenariat opérationnel réel permettant des avancées continues ».
Il a indiqué que Grossi avait visité hier le site de Deir Ezzor, devenant le premier directeur général de l’histoire de l’Agence à y entrer depuis sa fermeture il y a 18 ans, précisant que « l’État syrien nouveau a permis cet accès de manière volontaire et souveraine ».
Il a ajouté que la Syrie avait annoncé, le 17 juillet dernier, de manière libre et volontaire, l’existence de matières nucléaires dans un site non déclaré relevant de l’héritage du régime déchu, et avait invité l’Agence à inspecter le site et à vérifier ces éléments. Il a précisé que Grossi et l’équipe de l’AIEA avaient achevé ce matin la visite du site et la collecte des échantillons nécessaires.
Coopération continue et efforts pour clore le dossier de non‑conformité
Al‑Chaibani a déclaré que le processus de coopération avec l’Agence avait commencé début 2025 et comprenait des visites sur le terrain, des prélèvements environnementaux, des mémorandums d’entente dans les domaines de la santé et de l’agriculture, ainsi qu’un mécanisme de financement fourni par l’Agence, jusqu’au mémorandum d’entente et à la feuille de route signés fin juillet dernier, et à l’accord d’exploration à Deir Ezzor.
Le ministre des Affaires étrangères a souligné que Grossi avait qualifié le processus de coopération de « chance historique » et de « véritable percée », affirmant que cette opportunité avait été exploitée de manière optimale et que la Syrie avait rempli toutes les exigences de coopération.
Le droit de la Syrie à des usages nucléaires pacifiques
Al‑Chaibani a insisté sur le fait que le traitement des dossiers hérités vise à les clore définitivement, à rétablir le cadre normal et à dépasser toute tentative d’imposer à la Syrie une situation d’exception sécuritaire permanente. Il a réaffirmé l’attachement de la Syrie à son droit complet aux applications nucléaires pacifiques dans les domaines de la médecine, de l’alimentation, de l’agriculture, de la recherche scientifique et de la production d’électricité.
Il a ajouté que la Syrie travaillait, en coopération avec ses partenaires, à la formation d’un groupe de soutien international pour renforcer son parcours nucléaire pacifique et développer ses capacités nationales, appelant
Une nouvelle phase de coopération
Pour sa part, Grossi a déclaré que la journée représentait « un moment important pour la sécurité et la paix mondiales », dans le cadre des efforts indispensables pour stopper la prolifération des armes nucléaires.
Il a ajouté que la Syrie avait longtemps constitué une source de préoccupation pour la communauté internationale dans ce domaine, en raison du non‑respect par le régime déchu de ses obligations depuis 2011, soulignant que le travail conjoint avec le nouveau gouvernement syrien avait commencé dès son arrivée.
Il a précisé que le début sérieux de ce travail remontait à 18 mois, et que l’accès hier et aujourd’hui à un site à Deir Ezzor, ainsi que la réalisation d’opérations de forage et d’exploration importantes, constituaient une avancée majeure. Il a indiqué que ces opérations confirmaient les évaluations menées depuis longtemps par l’Agence concernant une installation nucléaire qui était construite secrètement sur ce site.
Une nouvelle page sans oublier le passé
Grossi a déclaré : « Nous tournons une page et en écrivons une nouvelle sans oublier le passé », ajoutant que les activités nucléaires en Syrie ne sont plus liées aux armes nucléaires, mais que la technologie nucléaire sera désormais associée à la santé, à l’énergie et à la gestion de l’eau, « comme elle devrait l’être ».
En réponse aux questions des journalistes, al‑ Chaibani a affirmé que la coopération avec l’Agence se poursuivait depuis la libération de la Syrie, à travers de multiples rencontres et des visites répétées à Vienne.
Il a précisé que les prochaines étapes consisteraient en un renforcement de la coopération, un soutien accru à la Syrie et une meilleure capacité à bénéficier des programmes de l’Agence dans le domaine de l’énergie pacifique, ainsi qu’à clore l’héritage négatif du régime déchu et à restaurer le rôle de la Syrie comme État actif et intégré au système international.
Grossi a indiqué qu’il restait des étapes techniques à achever, mais que la décision politique syrienne d’ouverture et de permettre à l’Agence de travailler avait été essentielle. Il a souligné que sa présence sur un site auparavant secret et fermé constituait « un signe immense de transparence ».
Les agressions israéliennes doivent cesser
Dans un autre contexte, al‑Chaibani a affirmé que l’agression israélienne contre l’aéroport d’Abu al‑Duhur constituait une violation flagrante de la souveraineté syrienne, une menace directe pour la stabilité régionale et la sécurité mondiale, et une entrave délibérée aux efforts de compréhension et d’établissement de la sécurité dans la région.
Il a réaffirmé la position de la Syrie appelant à l’arrêt immédiat des violations et agressions, au retour au respect total de l’Accord de désengagement de 1974, et au retrait complet à la ligne antérieure au 8 décembre 2024, appelant la communauté internationale à assumer ses responsabilités et à mettre fin aux violations flagrantes de la souveraineté syrienne.
Grossi avait affirmé précédemment que la coopération entre la Syrie et les équipes de l’AIEA constituait un véritable lancement d’un parcours de transparence et de renforcement de la confiance mutuelle, indiquant que l’Agence avait entamé un nouveau processus de vérification des activités nucléaires en Syrie après l’accord de son gouvernement pour une coopération pleinement transparente.
La Syrie a affirmé, lors de sa participation à la 69ᵉ session de la Conférence générale de l’AIEA tenue à Vienne en septembre dernier, son attachement au développement de ses relations de coopération avec l’Agence et sa pleine disposition à traiter de manière responsable tous les dossiers en suspens.
mch